Test Sennheiser IE900 : des écouteurs ultra audiophiles avec de très grands mono-transducteurs, dernier sursaut de l'indépendance

Test Sennheiser IE900 ONmag 1

Annoncés juste après le rachat de la division grand public de Sennheiser par le suisse Sonova, les IE900 constituent le sommet de l'art audiophile appliqué à des écouteurs. Sennheiser prend encore une fois le pari, toujours risqué, de ne pas céder aux sirènes pourtant ultra majoritaires (dans le haut de gamme) du multivoies, mais de miser sur un unique transducteur propriétaire. Un vrai produit haut de gamme, cher (1300 euros), que les amoureux du concept de large bande pourraient bien adorer.

LA SUITE APRÈS LA PUB

Sennheiser IE900T

Type : écouteurs intra-auriculaires
L'avis d'ON-Mag : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(5/5)
Prix : 1 300 euros 

>>> RETROUVEZ TOUS NOS TESTS DANS NOS GUIDES ET MAGAZINES EN LIGNE 

Croiser le fer, tout en discrétion

Si les IE900 constituent probablement le dernier modèle haut de gamme de Sennheiser en tant qu'entreprise totalement indépendante, ils sont surtout les écouteurs intra-auriculaires les plus ambitieux jamais imaginés par le mythique constructeur allemand. Ils héritent de sa grande expérience mono-transducteur accumulée depuis les IE8 et surtout les très haut de gamme IE800, tout en profitant de nouvelles technologies spécifiques développées pour l'occasion.

Test Sennheiser IE900 ONmag 2

Très étudié, le châssis de chaque écouteur est entièrement usiné à partir d'un alliage d'aluminium spécial, délaissant la coque en céramique des IE800. Les IE900 possèdent alors un côté très brut ; se passant d'anodisation ou de microbillage, ils sont totalement à nu. Sennheiser a même choisi de conserver le tracé de l'usinage, présent sous la forme de petits paliers aux reflets légèrement martelés.

Test Sennheiser IE900 ONmag 6

Cette spécificité de construction, ainsi que le très petit volume, font que les Sennheiser IE900 sont à la fois extrêmement bien construits, légers, mais surtout très confortables. Leurs courtes canules permettent à ces écouteurs Sennheiser IE900 de ne pas être trop intrusifs tandis que la présence de deux types d'embouts dans leur emballage, en silicone et en mousse à mémoire de forme, leur confère une certaine polyvalence. La disposition en tour d'oreille de leurs câbles, gainés d'aramide, participe à la bonne tenue dans les oreilles et corrige en grande partie les problèmes de bruits microphoniques rencontrés sur les IE800.

LA SUITE APRÈS LA PUB

Test Sennheiser IE900 ONmag 13

La forme est parfaitement travaillée mais Sennheiser soigne aussi le packaging. En plus du classique câble jack 3,5 mm (connectique détachable en MMCX au niveau des écouteurs), le constructeur fournit également un câble similaire avec terminaison jack 2,5 mm et un autre avec terminaison jack 4,4 mm, tous deux destinés à un raccordement sur prise symétrique. Enfin, une belle petite boîte de transport semi-rigide permet de ranger les IE900.

 

Un son doux-dynamique et sans filtre, ataraxie du mono-transducteur

L'architecture sonore des écouteurs Sennheiser IE900 n'a rien de révolutionnaire, car elle ne multiplie pas les voies et transducteurs, mais le spécialiste allemand table sur ce qui se fait de mieux en matière de haut-parleurs dynamiques large bande. Il continue ainsi de naviguer, de manière presque atypique, avec quelques autres marques très haut de gamme du genre, comme Campfire ou Final Audio.

Les IE900 s'articulent ainsi autour d'un transducteur spécialement développé pour eux, le X3R, directement dérivé du XWB présent sur les IE 800/800 S et IE 300. Il s’agit d’un modèle dynamique de 7 mm, pour lequel Sennheiser cultive un certain secret (fournissant peu de détails sur la membrane). Sur cette belle base, le fabricant a conçu une triple chambre acoustique T3CA afin d'amortir au mieux l'onde arrière sur toutes les fréquences audibles (et plus encore), tout en montant un système dit de "vortex" sur les embouts, lequel permet de contrer l'effet de masque.

Test Sennheiser IE900 ONmag 5

À l'écoute, le caractère des Sennheiser IE900 est à la fois simple et complexe. Leur simplicité tient au fait que, contrairement à la majorité des écouteurs mono-transducteurs haut de gamme, ils ne proposent pas une signature en V (physiologique). Il n'y a donc pas de pic marqué dans les bas-médiums/basses ni dans les haut-médiums/aigus. Une signature en V possède des avantages, car elle gonfle artificiellement le niveau de détails et le tranchant, mais peut également devenir agressive et rendre la scène sonore un peu étrange.

LA SUITE APRÈS LA PUB

Ici, Sennheiser tente une approche physiologique emprunte d'une certaine douceur. Les basses sont en avant, mais suivent une pente douce et régulière. Les IE900 affichent ainsi une bonne assise, sans trop d'emphase, sans débordement, qui repose surtout sur la grande qualité du transducteur et de la chambre acoustique pour délivrer une excellente sensation d'impact si nécessaire.

Test Sennheiser IE900 ONmag 15

À l'opposé du spectre, les aigus présentent cette même façon de procéder : "en douceur". Les fréquences les plus agressives, autour de 2-4 kHz, sont légèrement atténuées, alors que Sennheiser place une légère accentuation autour de 10 kHz et plus, ce qui procure un rendu assez doux, mais pourtant suffisamment brillant et aéré. Nous aurions pu craindre que ce pic dans les 10 kHz semble trop artificiel sur certains instruments comme les cymbales, mais Sennheiser a corrigé ce point par rapport aux IE800 et IE800S.

Sans chercher à faire d'effets spectaculaires, Sennheiser réussit, en se reposant uniquement sur la qualité de cette architecture sonore, à bâtir des écouteurs au son très doux et aéré si besoin, mais d'un grand sens de l'énergie si on vient les titiller. Aux mesures, cela se traduit par une distorsion et des résonances proches du néant, même à fort volume, et ce quelles que soient les fréquences.

Test Sennheiser IE900 ONmag 9

LA SUITE APRÈS LA PUB

Le travail sur l'acoustique interne permet ainsi aux IE900 de se frotter aux genres musicaux les plus rapides et les plus complexes sans aucune difficulté. Certes, certains utilisateurs préféreront un son plus tranchant, plus expressif, mais ce n'est pas sur la partie technique que nous pourrions reprocher quoi que ce soit aux écouteurs Sennheiser. À ce titre, ils présentent bien des similitudes avec les IE800/IE800S, mais travaillent avec davantage de nuances, des creux moins profonds et des pics plus maîtrisés. Le gain dans les basses se limite, par rapport aux médiums, à un écart de 8 dB max, alors que les IE800 se permettaient facilement le double. Le creux dans les haut-médiums est également moins sec et laisse place à une emphase plus douce dans les aigus. Nous pouvons à la fois y voir un meilleur réglage du nouveau transducteur, mais également une conception encore plus aboutie de la chambre acoustique.

Très large, assez profonde, la scène sonore brille particulièrement par sa séparation des instruments. La philosophie mono-transducteur permet de conserver une sonorité certes moins étendue et détaillée que sur les meilleurs écouteurs multivoies, mais d'une cohérence spatiale supérieure, absolument inaltérable.

Test Sennheiser IE900 ONmag 12

Si les Sennheiser IE900 sont assez simples à alimenter, la qualité de la source peut largement faire la différence. Ces écouteurs mettent très vite en évidence les problèmes comme le bruit de fond ou la faible séparation des canaux.  

Difficile de parler d'un style musical de prédilection : les IE900 sont, comme bien des modèles haut de gamme, très dépendants de la qualité des mixages. Un morceau plat, à la dynamique très faible, ne leur permet clairement pas de s'exprimer et les fera passer pour des écouteurs ternes. De plus, tout le monde n'accrochera pas à cette sorte de "sagesse mono-transducteur" presque désuète, assez éloignée de la sonorité plus typée, quasi outrancière, des écouteurs multivoies modernes.

Avec les IE900, Sennheiser va jusqu'au bout du concept d'écouteurs mono-transducteur. Un produit très cher mais maîtrisé de bout en bout. Un bonheur pour les amoureux d'un son sans filtre.

Les Sennheiser IE900 sur le banc de mesure

Test Sennheiser IE900 ONmag 11
Réponse en fréquence (non compensée) des IE900. Ce modèle est un bel exemple de signature assez douce. Assez douce pour des écouteurs vers 2 kHz - 4 kHz, et un peu en avant vers 10 kHz.

Test Sennheiser IE900 ONmag 10
THD mesuré en % à 95 dB. Extrêmement basse, la distorsion décolle à peine dans le bas du spectre, probablement en partie à cause de l'environnement extérieur.

 >>> CELA PEUT AUSSI VOUS INTÉRESSER : TOUS NOS TESTS D'ECOUTEURS FILAIRES

Spécifications

  • Type : écouteurs intra-auriculaires
  • Architecture simple voie
  • Transducteurs dynamiques X3R de 7 mm
  • Réponse en fréquence : 5 Hz – 48 kHz
  • THD : 0,05% (94 dB à 1 kHz)
  • Inclus : câble avec jack 3,5 mm, câble avec jack 4,4 mm, câble avec jack 2,5 mm, embouts en silicone (3 tailles), embouts en mousse à mémoire de forme (3 tailles), clips vêtement, housse de transport
  • Prix : 1 300 euros

 

Notre avis

  • Construction :etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange(5/5)
  • Confort :etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
  • Qualité technique :etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange(5/5)
  • Musicalité :etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
  • Polyvalence :etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile demi orange(4,5/5)
  • Intérêt :etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(5/5)


Autres articles pouvant vous intéresser sur ON-mag et le reste du web



Mots-clés: OnTopAudioAward, Sennheiser

Suivez nous

icon facebook instagram logo rond twitter logo rond icon youtube

ON Magazine fait partie de Coopetic Medias SIC-SA à capital variable, immatriculée au RC Paris, n° 80457246900018
Informations légales, contacts, rédaction, publicité, cookies, signaler un abus
Powered by Warp Theme Framework