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Théâtre : Diptyque de Andrew Payne à l’Artistic Théâtre

Diptyque Artistic Theatre

Deux partitions scéniques bien différentes mettant en scène des individualités soumises aux impératifs de la réussite obtenue coûte que coûte et par tous les moyens.

Dans Une jolie robe, qui constitue la première partie de ce diptyque, nous tombons nez à nez avec un individu prêt à tout pour assurer son ascension sociale, obtenue à coups d’expédients frisant l’illégalité. Une fois ce but atteint, notre héros de ce « conte » contemporain voit peu à peu l’univers s’assombrir et assiste à un certain effritement de cette ascension réalisée de plus en plus frauduleusement. En effet, la désillusion guette Mike (le héros de cette fulgurante ascension) car Freddy, ce promoteur immobilier avec lequel il s’est associé se révèle n’être qu’un escroc déloyal, prêt à larguer sans trop de précautions celui avec qui il s’est embarqué dans une frénétique escalade financière où il est facile de s’enliser et de sombrer…

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La femme de ma vie, qui est le deuxième volet de ce diptyque, met en scène Franck, un individu rétif à toute domination et qui est donc totalement opposé à toute forme d’oppression réelle ou imaginaire. Le temps semble s’être provisoirement arrêté pour Franck durant cette trop longue nuit d’attente où sa femme (celle de sa vie) doit le rejoindre. De noirs souvenirs associés à de terrifiants pressentiments semblent annoncer le pire, mais confiant en sa bonne étoile, Franck préfère s’enfoncer avec une certaine délectation vers un destin qui se profile de manière funeste vers l’horizon crépusculaire. Une scène-clé de La femme de ma vie s’insère brutalement dans ce diptyque : Franck absorbe des substances provoquant chez l’individu de terrifiantes hallucinations qui peuvent mettre en péril sa santé mentale.

Patrice Kerbrat, grand metteur en scène de Jean Racine, August Strindberg et Yasmina Reza, met en scène avec une rigueur certaine ces deux contes contemporains. Il retrace avec méticulosité le parcours tumultueux, chaotique, de deux individus lancés sans espoir de retour dans une hypothétique et chancelante course vers la fortune qui forcément doit être arrachée et obtenue par n’importe quels subterfuges, fussent-t-ils les plus abjects. Robert Plagnol, qui est l’interprète inspiré et plutôt virtuose de ces deux textes débridés, est aussi le traducteur des deux récits de Andrew Payne.

Un spectacle à ne pas rater, renouant d’une certaine façon avec une esthétique propre au théâtre inquiétant d’Harold Pinter.

Texte de Michel Jakubowicz

Plus d’infos

  • Diptyque de Andrew Payne
  • 1 Une jolie robe
  • 2 La femme de ma vie
  • Mise en scène : Patrice Kerbrat
  • Traduit et interprété par : Robert Plagnol
  • À partir du 28 mars 2022
  • L’Artistic Théâtre
    45 bis, rue Richard Lenoir
    75011 Paris
    artistictheatre.com


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Artistic Théâtre, Andrew Payne, Robert Plagnol, Patrice Kerbrat

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