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Théâtre : seul en scène, Vincent Dissez interprète « Un jour, je reviendrai » de Jean-Luc Lagarce

Un jour je reviendrai

Une odyssée se déroulant en deux parties dans une ambiance proche de la dislocation, où le temps semble subir de terrifiantes contractions.

Que parvient à balbutier ce comédien ? Il semble émerger d’un univers lointain, enténébré et tente par tous les moyens de reprendre pied dans une réalité fuyante qui paraît constamment se dérober à lui. En fait il vient de sortir du coma, frôlant la mort, et sa reconnaissance du cadre familier de l’hôpital lui permet vaguement de matérialiser son retour dans le monde des vivants.

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Auteur et metteur en scène, ce rescapé revenu dans ce monde factice et ingrat qui est le nôtre va prendre comme base d’inspiration pour ses récits le cadre de cet hôpital afin d’y composer des textes ironiques et fulgurants, parfaitement représentatifs de l’état de miraculé dans lequel il se trouve. Sauvé de justesse d’une mort certaine, le héros de ce récit à un seul personnage entreprend un voyage aux Pays-Bas à l’occasion d’une tournée théâtrale. Ce voyage s’effectue dans une sinistre perspective, notre héros étant parfaitement conscient qu’il risque fort d’être le dernier qu’il accomplira sur cette terre. Les deux récits de Jean-Luc Lagarce sont bien entendu autobiographiques et ce qui est remarquable, c’est la lucidité de cet auteur qui, menacé de toutes parts par une maladie mortelle qui ne lui laisse guère de répit, parvient néanmoins à garder la tête froide sans laisser les phantasmes morbides le submerger et l’anéantir. Le titre du spectacle « Un jour, je reviendrai » est à lui seul un défi que l’auteur lance à la mort, qui patiemment, parfaitement cachée dans l’obscurité, attend son heure pour se saisir de celui qui très provisoirement lui a échappé. Il faudrait bien sûr parler de la mise en scène proposée par Sylvain Maurice. Elle exprime avec une réelle intensité les affres d’un condamné à mort qui par un hasard totalement imprévu parvient à échapper aux griffes d’un ennemi sans pitié. Côté comédien, on reste stupéfait de la performance d’acteur impressionnante de Vincent Dissez qui, avec un sang-froid admirable, contribue à incarner avec une profonde justesse ce héros lancé dans une course sans fin afin d’échapper à un bourreau sans visage peu enclin à accorder un quelconque sursis à sa victime.

Un texte d’une puissance rare servi par un comédien possédant une mémoire infaillible. À voir de toute urgence.

Texte de Michel Jakubowicz

Plus d’infos

  • Un jour, je reviendrai
  • Composé de l’Apprentissage suivi du Voyage à La Haye
  • De Jean-Luc Lagarce
  • Mise en scène : Sylvain Maurice ; assistant à la mise en scène : Béatrice Vincent
  • Avec : Vincent Dissez
  • Scénographie : Sylvain Maurice en collaboration avec André Neri
  • Lumière : Rodolphe Martin
  • Son : Cyrille Lebourgeois
  • Costumes : Marie La Rocca
  • Régie générale : André Neri
  • Régisseur principal : Laurent Miché
  • Régie son : Cédric Colin, Cyrille Lebourgeois
  • Régie lumière : Sylvain Brunat, Fabien Vandroy
  • Du 14 au 29 janvier 2022
  • Théâtre 14
    20, avenue Marc Sangnier
    75014 Paris
    www.theatre14.fr 


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Theâtre 14, Jean-Luc Lagarce, Sylvain Maurice, Vincent Dissez

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