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L'Extravagant Mr. Deeds : une comédie sociale et allégorique de Frank Capra (en Blu-ray et DVD)

Blu ray L Extravagant Mr Deeds 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5).

Synopsis :

Martin W. Semple lègue son immense fortune à un neveu qu’il n’a jamais vu. La haute société new-yorkaise est en émoi ! Qui est donc Longfellow Deeds, ce jeune homme naïf, un tantinet loufoque, qui joue du tuba et écrit des vers, pour la plus grande joie des habitants de sa bourgade, Mandrake Falls ? Comment ce célibataire ultra-convoité, sollicité par toutes sortes d’aigrefins, va-t-il s’acclimater à la ville ? Les reporters traquent le scoop mais la malicieuse Babe Bennett a choisi la meilleure tactique pour approcher Deeds…

• Titre original : Mr Deeds Goes to Town
• Support testé : Blu-ray
• Genre : comédie
• Année : 1936
• Réalisation : Frank Capra
• Casting : Gary Cooper, Jean Arthur, George Bancroft, Lionel Stander, Douglass Dumbrille, Raymond Walburn, H.B. Warner, Ruth Donnelly, Walter Catlett, John Wray
• Durée : 1 h 55 mn 39
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais, français
• Bonus : boîtier Digibook avec le Blu-ray et le DVD du film - livret « Sous le signe du Capracorn » écrit par Frédéric Albert Lévy (48 pages)
• Bonus sur le Blu-ray : commentaire audio de Frank Capra Jr. (VOST) - interview de Frank Capra dans l'émission Cinéma cinémas (février 1983, 15 mn 01) - Capra, une Amérique aux deux visages, entretien avec Christian Viviani par Giordano Guillem (2022, exclusivité Blu-ray, 23 mn 59) - Deeds ou le faux candide, analyse du film par Christian Viviani (2022, exclusivité Blu-ray, 29 mn 57) - bande annonce (VOST, 1 mn 29)
• Éditeur : Wild Side Video

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Commentaire artistique

Lorsque Frank Capra s’attelle à la réalisation de L’Extravagant Mr. Deeds, il est porté par le succès exceptionnel (5 Oscars dont celui du meilleur réalisateur) de son film précédent New York Miami (1934), considéré comme l’archétype de la comédie loufoque (Screwball Comedy). Mais le tournage de cette comédie, jouée sans grands enthousiasme par ses deux vedettes (Claudette Colbert et Clark Gable), fut pénible et Frank Capra pense alors adapter «Lost Horizon» de James Hiltion (1931) mais il doit se résoudre à décaler son film car l’acteur Ronald Colman est indisponible. Il se lance aussitôt dans un nouveau projet en faisant adapter par David Riskin «Opera Hat» de Clarence Budington Kelland qui est publié en feuilleton dans The American Magazine. Laissant de côté, l’aspect mystérieux qu’ils jugent fastidieux de l’intrigue, les auteurs retiennent le personnage central, avec son opéra et son héritage, qui incarnent les valeurs de « concurrence loyale » promue par le New Deal (NRA). D’emblée Frank Capra décide que l’acteur qui incarnera le «fada» Longflellow Deeds sera Gary Cooper car « son visage respirait l’honnêteté ». Pour le rôle féminin, après le départ de Carole Lombard pressentie, il retient une jeune actrice prometteuse et séduisante Jean Arthur (qui sera l’héroïne de deux de ses chefs-d’œuvre suivants en 1938 et 1939) : le duo va très bien fonctionner au point que la même année les deux interprètes seront recrutés par Cecil B. DeMille (Une Aventure de Buffalo Bill). Encensé à sa sortie par Graham Greene, longuement analysé et commenté, reconnu comme un grand classique du cinéma mondial, L’Extravagant Mr. Deeds est certes une comédie, mais dans laquelle son auteur affirmait, pour la première fois, sa volonté de ne pas diriger une comédie spirituelle simplement divertissante mais bien une œuvre délivrant un message à l’intention des spectateurs. Cultivant l’ambiguïté de proposer un éloge de la raison avec l’allure assumée de la loufoquerie, Frank Capra afffinait son art du tout et de son contraire : un style narratif et formel consistant à montrer que derrière un comportement absurde, voir contraire à la morale, peut se cacher la plus grande humanité ; c’est par exemple l’attitude de Deeds voulant distribuer ses millions qui apparaît incohérente aux nantis incapables de compassion. Ce qui a parfois fait penser à certains que Frank Capra pouvait être un sympathisant socialiste, sinon communiste mais, dans le cas de L’Extravagant Mr. Deeds, on pourrait aussi y décrypter la démonstration de l’esprit capitaliste et de l’individualisme. Il est vrai que le héros, « symbole de l’incorruptible », n’hésite pas à imposer ses volontés (domestiques, conseil d’administration) avec si besoin la force (divers coups de poing, menace de la foule à l’audience). Parmi les nombreux thèmes abordés, le film semble confronter, sans prendre parti, le pouvoir de la presse avec celui de l’opinion publique et brouiller son analyse, partagée entre l’explication politique (défense de la politique de Roosevelt pour les victimes de la Dépression), le point de vue moral et la dimension sociale. D’une étonnante richesse thématique, L’Extravagant Mr. Deeds fait la preuve de l’immense talent de ses auteurs, le réalisateur Frank Capra et le scénariste David Riskin (qui inventa pour ce film le mot doodle : dessin griffonné), à dépasser le pur divertissement pour inviter le public à une réflexion «démocratique». Pour cette comédie, Frank Capra recevra à nouveau l’Oscar de la réalisation, une récompense totalement justifiée pour ce chef-d’œuvre incontestable, à revoir sans hésitation.

 

Blu ray L Extravagant Mr Deeds

Commentaire technique

Restauration 4K chez Sony Picture. Le négatif original 35 mm était en mauvais état à cause d’une utilisation excessive et des scènes endommagées avaient été remplacées par des éléments de mauvaise qualité. La numérisation a été réalisée en 4K par voie humide (suppression des rayures) chez Cineric à New York et la restauration numérique par Prasad. Les éléments endommagés ou manquants ont nécessité un recourt au duplicata des négatifs nitrate : l’étalonnage des différences de contraste et de densité a été fait chez Colorworks. La piste originale sonore à densité variable a été restaurée par Chace Audio by Deluxe avec comme objectif de conserver toute la dynamique de l'enregistrement original tout en minimisant la distorsion et le bruit dans les scènes-clés.

Image : copie HD, Master restauré, bonne définition, piqué variable selon les plans en raison du respect par la restauration de l’image douce obtenue avec des filtres par le directeur de la photographie Joseph Walker, texture argentique fine et homogène (tournage en 35 mm, Master Format 4K de 2014), image stable et propre, gestion régulière du contraste avec des noirs francs, des blancs nuancés et une échelle des gris harmonieuse, compression irréprochable

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Son : mixage anglais 2.0, dialogues très clairs et équilibrés, pas de distorsion notoire ou de souffle, bonne dynamique sur les ambiances ainsi que sur la musique d’Howard Jackson (non crédité), léger tassement dans le haut du spectre ; VF 2.0 monophonique, dialogues clairs, bonne dynamique, doublage soigné mais voix plaquées pas intégrées, manque de relief

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0027996/

 

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