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L’âge d’or du film noir : quatre films noirs des années 40 restaurés (en Blu-ray et DVD)

Blu ray 4 Films noirs des années 40 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

La Clé de verre : Paul Madvig, un politicien, est soupçonné du meurtre du fils d'un sénateur. Il subit alors la campagne calomnieuse de son ennemi Nick Varna, qui utilise tous les moyens pour le déstabiliser et le calomnier. Tout le monde le pense coupable, même sa propre sœur, Opal. Ed Beaumont, le bras droit de Paul commence son enquête…

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Les Mains qui tuent : Scott Henderson, un ingénieur de 32 ans, quitte le domicile conjugal après une violente dispute avec sa femme. Dans un bar, il fait la connaissance d'une belle et mystérieuse jeune femme. Cette rencontre sonne le début des ennuis pour Scott, pris dans un dangereux engrenage…

La Grande horloge : George Stroud, le meilleur reporter d'un grand journal, se trouve dans une situation des plus compliquées : il est chargé par son rédacteur en chef de se mettre en chasse du coupable du meurtre d'une jeune femme. Seul problème, Stroud semble le suspect tout désigné. La course contre la montre est lancée…

Les Yeux de la nuit : John Triton est un voyant de spectacle de cabaret. Il exerce en compagnie de Jenny et Whitney, ses deux partenaires. Tout bascule quand John est traversé de visions étranges. Plusieurs de ses prédictions se révèlent exactes. Quand il voit que Jenny, dont il est fou amoureux, va mourir lors de son premier accouchement, il se retire du monde. 20 ans plus tard, il tombe nez à nez avec la fille de Jenny, devenue orpheline…

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• Titre français : La Clé de verre - Les Mains qui tuent - La Grande horloge - Les Yeux de la nuit
• Titre original : The Glass Key - Phantom Lady - The Big Clock - Night Has a Thousand Eyes
• Support testé : Blu-ray (1-3) - DVD (4)
• Genre : noir, policier
• Année : 1942, 1944, 1948, 1948
• Réalisation : Stuart Heisler, Robert Siodmak, John Farrow (3, 4)
• Casting : (1) Brian Donlevy, Veronica Lake, Alan Ladd, Bonita Granville, Richard Denning, Joseph Calleia, William Bendix, Frances Gifford (2) Franchot Tone, Ella Raines, Alan Curtis, Aurora Miranda, Thomas Gomez, Fay Helm, Elisha Cook Jr., Andrew Tombes (3) Ray Milland, Charles Laughton, Maureen O'Sullivan, George Macready, Rita Johnson, Elsa Lanchester, Harold Vermilyea, Dan Tobin (4) Edward G. Robinson, Gail Russell, John Lund, Virginia Bruce, William Demarest, Richard Webb, Jerome Cowan, Onslow Stevens
• Durée : 1 h 25 mn 26 - 1 h 26 mn 56 - 1 h 35 mn 29 - 1 h 17 mn 46
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais (1-3), français (1) - Dolby Digital 2.0 monophonique anglais (4)
• Bonus sur le Blu-ray La Clé de verre : le film par Stéphane Du Mesnildot (9 mn 27) - bande annonce d'époque (1 mn 54)
• Bonus sur le Blu-ray Les Mains qui tuent : le film par Eddy Moine (12 mn 24) - analyse de séquences par Stéphane Du Mesnildot (10 mn 01) - bande annonce d'époque (1 mn 41)
• Bonus sur le Blu-ray La Grande horloge : le film par Eddy Moine (12 mn 31) - entretien avec Stéphane Du Mesnildot (9 mn 47) - bande annonce d'époque (2 mn 17)
• Bonus sur le DVD Les Yeux de la nuit : le film par Eddy Moine (10 mn 09) - bande annonce d'époque (1 mn 40)
• Bonus sur tous les titres : Dans la même collection - Jaquette réversible
• Éditeur : Elephant Films

Commentaire artistique

Le cinéma américain a très tôt associé les histoires criminelles tirées des grands romans policiers et un style cinématographique singulier aux codes bien établis (détective, éclairage tranché expressionniste, femme fatale, pluie, ambiance urbaine…) exprimant une conception existentielle pessimiste et tragique. Le genre est son apogée classique dans les années 40, période qui correspond aux quatre titres proposés, deux avant que l’influence néoréaliste italienne ne devienne prépondérante : La Clé de verre (1942) et Les Mains qui tuent (1944), deux réalisés après, en 1948, par le cinéaste John Farrow : La Grande horloge et Les Yeux de la nuit.

La Clé de verre de Stuart Heisler est l’un des tous premiers classiques du genre initié par Le Faucon maltais (1941) de John Huston. Le scénario de Jonathan Latimer adapte un autre roman de Dashiell Hammett « The Glass Key » (1931), déjà porté à l’écran en 1935 par Frank Tuttle avec George Raft. Cette nouvelle version de 1942, considérée comme plus fidèle, confie le rôle du pseudo-détective Ed Beaumont à Alan Ladd et celui de Janet Henry la femme fatale et singulière à Veronica Lake (la blonde fatale du film noir) : les deux stars forment alors le couple torride d’Hollywood depuis Tueurs à gages (1942) de Frank Tuttle et leurs rôles vont être adaptés à leur charisme pour monopoliser une grande partie de l’intrigue. Néanmoins, le film parvient avec habileté à restituer les sous-entendus sexuels (Eloise Matthews incarnée par Margaret Hayes) et homosexuels (William Bendix joue Jeff tout en rapport ambigus avec Ed) du roman sans subir les foudres de la censure. C’est Brian Donlevy qui interprétera avec l’élégance qu’on lui connait le politicien sans scrupule amoureux de Janet. Les interprètes sont remarquables de subtilité et le tournage en studio apporte cette touche de distanciation inimitable avec le naturalisme. Il est bien sûr question de tripatouillages politiques, de mafia locale et d’intérêts plus que douteux : le cadre idéal bien dans la lignée du roman peu politiquement correct et assez ténébreux quant à la cohérence narrative. Excellent. 

Le film noir Les Mains qui tuent (1944) adapte le roman policier « Phantom Lady » (1942) de Cornell Woolrich, alias William Irish. Le film est réalisé par le cinéaste allemand Robert Siodmak durant sa période américaine après avoir émigré à Paris en 1933, puis à Hollywood, et avant de revenir chez lui en 1951. Le réalisateur sera surtout bientôt réputé pour son chef-d’œuvre Les Tueurs (1946) d’après Ernest Hemingway. Néanmoins, le film Les Mains qui tuent mise avec brio sur un histoire simplissime et intense dans laquelle une jolie secrétaire Carol (Ella Raines) tente de disculper son patron (et son amour) Scott (Alan Curtis) avec l’aide d’un ami Jack Marlow (Franchot Tone). Une des singularités de ce film noir est d’avoir été produit par une femme - chose rare à Hollywood - Joan Harrison habituée à travailler avec et pour Alfred Hitchcock. Fasciné par l’expressionnisme et lui-même technicien hors pair, Robert Siodmak demande à son directeur photo Woody Bredell de jouer la carte des éclairages suggestifs contrastés : un régal visuel, d’autant que le film est presque dépourvu de musique et essentiellement dialogué, ce qui n’empêche pas un travail fascinant sur la bande sonore. Filmé en studio, Les Mains qui tuent est surtout le portait d’une femme passionnée capable de se transformer en vamp et de mettre sa vie en danger pour aider l’homme qu’elle aime : subtilement incarnée par la belle Ella Raines, cette héroïne fatale souffre d’une histoire top artificielle pour convaincre. D’ailleurs Robert Siodmak indiquera que le whodunit avec psychopathe manuel ne l’intéressait pas autant que  l’atmosphère « film noir » : en ce sens Les Mains qui tuent est une réussite.

En 1948, année de La Dame de Shanghai d’Orson Welles, John Farrow dirige deux petits bijoux du genre : La Grande horloge et Les Yeux de la nuit. Le premier film est adapté par Jonathan Latimer d’un polar de Kenneth Fearing « The Big Clock » (1946, traduit en France par Boris Vian) qui sera à nouveau porté à l’écran en 1987 dans Sens unique de Roger Donaldson et inspirera aussi Police Python 357 (1976) d’Alain Corneau. La version de 1948 est fidèle au roman et réunit une brochette d’acteurs mythiques : Ray Milland qui incarne le journaliste George Stroud, le héros enquêteur et peut-être coupable, Charles Laughton qui se délecte à interpréter Earl Janoth, le patron haut en couleur des publications à son nom et Maureen O’Sullivan (ex Jane de Tarzan, 1931 et épouse de John Farrow) qui joue, toute en séduction, Georgette Stroud, la femme du possible auteur du crime de Pauline York (Rita Johnson). A ce trio de prestige, difficile de ne pas adjoindre Elsa Lanchester (ex miss Shelley dans La Fiancée de Frankenstein, 1935 et épouse de Charles Laughton) qui compose une inénarrable Louise Patterson, artiste fantasque… Depuis 1945, l’influence néoréaliste italienne sur le film noir pousse les cinéastes à tourner en extérieur : La Grande horloge a pour cadre la ville de New-York (cf. générique et première scène). L’intrigue fonctionne sur un flash-back qui nous plonge immédiatement dans l’action au cœur de la grande horloge de l’éditeur Janoth. Fort bien filmé avec une habileté consommée dans des décors spectaculaires, La Grande horloge privilégie la chasse aux indices et la tension psychologique, scandée par le temps qui passe. Un suspense remarquable servi par une réalisation efficace, une interprétation savoureuse et une photographie vertigineuse.

La même année, John Farrow dirige aussi Les Yeux de la nuit, version cinématographique d’un roman policier de Cornell Woolrich, alias William Irish (auteur du « Phantom Lady » adapté par Robert Siodmak), « Night Has a Thousand Eyes » (1945). Cette fois-ci, c’est la Nouvelle-Orléans et Los Angeles, avec son funiculaire sur Bunker Hill, qui offrent leur cadre urbain particulier, très bien filmé par John F. Seitz (Assurance sur la mort, 1944). Ce film noir « mentaliste », qui commence très fort, bénéficie de la splendide interprétation d’Edward G. Robinson, alors en pleine paranoïa de la HUAC qui le soupçonne de communisme, qui incarne le voyant John Triton et de la présence séduisante de Gail Russell qui joue la jolie Jean Courtland courtisée par son sauveur, Elliott Carson, interprété par le fade John Lund. Le film a d’autre atouts comme ses costumes signés Edith Head et sa musique avec un thème écrit par Jerry Brainin et Buddy Bernier devenu un standard du jazz. Si la réalisation a beaucoup atténué la noirceur du roman et, hélas, transformé la fin dans un sens hollywoodien, Les Yeux de la nuit a su conserver la tension psychologique d’un thriller efficace fondé sur des prédictions tragiques qui semblent se réaliser et donnent à l’intrigue un fascinant parfum de fantastique et de surnaturel excitant. Même si les lecteurs de Cornell Woolrich ont été déçus par l’adaptation qui s’éloigne franchement de la tonalité ténébreuse du roman, Les Yeux de la nuit est un bon film noir, nourri de solides ingrédients dans le respect des codes du genre, qui se regarde sans ennui. Distrayant.

 

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Blu ray 4 Films noirs des années 40

Commentaire technique

La Clé de verre

Image : copie HD, nouveau Master restauré HD, superbe définition et piqué chirurgical, grain argentique homogène, image propre et stable, excellente gestion du contraste, noirs denses, gris étagés
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion, léger souffle, bonne dynamique ; VF 2.0 monophonique ancienne, voix caverneuses et très artificielles, souffle appuyé, bonne dynamique

Les Mains qui tuent

Image : copie HD, nouveau Master restauré HD, très bonne définition et grain argentique discret, image affectée de défauts sporadiques (rayures, taches), bon contraste avec quelques fluctuations, noirs denses, gris étagés
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion, bonne dynamique (séquences du Music-Hall)

La Grande horloge

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Image : copie HD, nouveau Master restauré HD, excellente définition et bon piqué sur les détails, grain argentique homogène (tournage en 35 mm), légère instabilité du cadre, bon contraste général hormis quelques fluctuations, noirs profonds, gris étagés, image propre
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, bonne dynamique, pas de distorsion, aigus limités, souffle assez prononcé

Les Yeux de la nuit

Image : copie SD, nouveau Master restauré, définition correcte mais limitée par le support DVD, léger instabilité du cadre, des défauts (rayures), grain argentique discret, bon contraste avec des noirs profonds et des gris étagés
Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs sans distorsion mais avec un souffle important, bonne dynamique sans saturation, haut du spectre limité

Notre avis

Image : (1) etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5) (2,3) etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5) (4) etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5) (4) etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile griseetoile grise(2,5/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb
La Clé de verre : https://www.imdb.com/title/tt0034798/
Les Mains qui tuent : https://www.imdb.com/title/tt0036260/
La Grande horloge : https://www.imdb.com/title/tt0040160/
Les Yeux de la nuit : https://www.imdb.com/title/tt0040643/

 

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