PUBLICITÉ

Les Cent cavaliers (Les Fils du Cid) : une vision distanciée de la « Reconquista » (en Blu-ray et DVD)

Blu ray Les Cent cavaliers 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

Vers l'an Mil, en Castille, en pleine occupation maure, un cheik et ses cent cavaliers s'installent dans un petit village paisible. Couvrant d'abord les habitants de cadeaux, les envahisseurs deviennent vite des tyrans exploitant les villageois. Fernando, un jeune paysan, rassemble des hommes, les entraîne, et se met à la tête de la résistance contre les Maures.

• Titre original : I Cento cavalieri
• Support testé : Blu-ray
• Genre : aventure, comédie
• Année : 1964
• Réalisation : Vittorio Cottafavi
• Casting : Mark Damon, Antonella Lualdi, Rafael Alonso, Manuel Gallardo, Wolfgang Preiss, Hans Nielsen, Barbara Frey, Gastone Moschin
• Durée : 1 h 54 mn 38
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 (Techniscope) Couleurs et Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : LPCM 2.0 monophonique italien, français
• Bonus : coffret Digipack avec le Blu-ray et le DVD du film - livre « Les cent cavaliers », une histoire de la Reconquista" de Philippe Conrad et François Amy de la Bretèque (60 pages)
• Bonus : film-annonce (VO, 4 mn 50) - diaporama (0 mn 54) - présentation du film par François Amy de la Bretèque (2020, 35 mn 40)
• Éditeur : Artus Films

LA SUITE APRÈS LA PUB

Commentaire artistique

Pour les amateurs de péplums, le nom de Vittorio Cottafavi, réalisateur du film « historique » Les Cent cavaliers, est synonyme de quelques œuvres mémorables : Messaline (1960), Les légions de Cléopâtre (1960) ou La Vengeance d’Hercule (1960). Lorsqu’il entreprend de diriger Les Fils du Cid, titre alternatif plus commercial et abusif pour Les Cent cavaliers, le cinéaste vient de terminer Hercule à la conquête de l’Atlantide, grosse production naïve en 70 mm avec le sculptural Reg Park mais qui n’est pas franchement digne de ses films précédents. Les Cent cavaliers, enfin visible en version intégrale, se revendique, selon la publicité française, du magistral film d’Anthony Mann Le Cid (1961) tourné au cœur de l’Espagne franquiste et qui suscita plusieurs œuvres opportunistes autour de la légende du défenseur de la chrétienté (cf., livre bonus) : la comparaison est peu probante car ni la mise en scène, ni la stature des acteurs ne peuvent rivaliser avec la superproduction américaine. Néanmoins Les Cent cavaliers est loin d’être la série B insipide redoutée ! Certes le scénario traite l’Histoire avec une vraie décontraction qui ferait frémir les spécialistes mais le parti pris de Vittorio Cottafavi est tout autre. Le cinéaste nous offre sa vision picaresque de la lutte opposant les Royaumes chrétiens (Asturies et Navarre) et les musulmans de l’émirat de Cordoue dans la péninsule ibérique au XIe siècle (cf. livre bonus). Personnages pittoresques et humour décalé dominent les péripéties racontées dans ce film d’aventures au ton plutôt singulier (cf. bataille finale perdant littéralement ses couleurs). Le cinéaste ne se prive pas pour user habilement des ingrédients du genre, qu’il connaît à la perfection : scènes à grande figuration, romance et comique de situation, pour mieux égratigner le fanatisme religieux et condamner l’horreur des conflits. Son approche critique est d'ailleurs solidement étayée par les nombreux échanges explicatifs qui animent les protagonistes. Photographié en décors naturels par Francisco Marin avec l’ampleur propre au format Scope, Les Cent cavaliers possède une splendide esthétique formelle et une interprétation fort sympathique réunissant un casting cosmopolite : l’américain Mark Damon (Don Fernando), l’italien Arnoldo Foà (Don Gonzalo) et l’allemand Wolfgang Preiss jouant, pour cause de coproduction, le cheikh Abdelgalbon. C’est la séduisante actrice italienne Antonella Lualdi qui aura la charge d’incarner Sancha, la fille téméraire de l’alcade. La constante distanciation qui préside à la mise en scène installe un sentiment de superficialité qui nuit grandement aux intentions du réalisateur : le peu de succès récolté par son film témoigne de son incompréhension par le public, ce qui est assez étonnant pour ce réalisateur populaire qui finira par ne travailler que pour la télévision... Disons-le, malgré les critiques hexagonales qui l’ont largement réhabilité en soulignant largement sa distanciation brechtienne, Les Cent cavaliers produit à la vision un sentiment de futilité difficilement justifiable. On est plus dans cette approche jubilatoire et impertinente de l’Histoire telle que l’a consacré Mario Monicelli dans ses comédies autour du chevalier Brancaleone (1966, 1970) que dans la fresque historique solidement charpentée et documentée. Vittorio Cottafavi lui-même a fourni la raison probable de l’insuccès de son film en indiquant qu’il n’y avait pas de héros et que tout le monde y avait à la fois tort et raison. Les Cent cavaliers n’est pas un film anodin pour autant et prône in fine un message louable de tolérance et de pacifisme. On saura gré à Artus Film d’avoir édité ce film rare dans sa version intégrale et encadré de suppléments instructifs dignes de ce nom.

 

Blu ray Les Cent cavaliers

Commentaire technique

Image : copie HD, très bonne définition avec un piqué assez confortable sur les détails et les textures, grain argentique homogène et discret (tournage en Techniscope 2 perforations, Master Format 2K), belle gestion du contraste pour une image lumineuse avec des noirs denses, image très bien nettoyée sans défaut, étalonnage chatoyant, colorimétrie chaude aux teintes vives (la bataille finale en Noir et Blanc est un curieux parti pris esthétique) et tons saturés

Son : mixage italien monophonique LPCM 2.0, dialogues clairs mais toujours un peu artificiel à cause de cette satanée postsynchronisation qui affecte les films italiens, pas de saturation ni de souffle notoire, excellente dynamique (scènes d’action) ; VF 2.0 monophonique claire et dynamique, voix encore moins naturelles que la VO en raison d’un mixage qui les détache des ambiances, certains passages absent dans la VF raccourcie sont restés en VOST

LA SUITE APRÈS LA PUB

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0059036/

 

Combo Collector Blu-ray/DVD disponible sur Amazon


Autres articles pouvant vous intéresser sur ON-mag et le reste du web



PUBLICITÉ

Abonnez-vous à notre newsletter

 

ON-mag fait partie de Coopetic Medias SIC-SA à capital variable, immatriculée au RC Paris, n° 80457246900018
Informations légales, contacts, rédaction, publicité, cookies, signaler un abus