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Test ampli stéréophile intégré YBA Heritage A100 : Le juste équilibre

YBA A100 1 OnTopAudioAward

Il y a deux ans nous avions salué le retour de la marque YBA, un acteur français de la Haute Fidélité moyen et haut de gamme tout à fait incontournable. Après un test cette même année du petit convertisseur Design Dac, c’est au tour de l’amplificateur intégré A100 de la série Héritage d’enchanter nos oreilles. Sobre, bien fabriqué et musical, cet intégré reflète bien la philosophie musicale de cette marque tout en ayant changé par rapport aux modèles des années 90.

Il serait quelque peu redondant de resaluer le retour de la marque YBA sur la scène française et internationale comme nous l’avons fait en 2012, mais avouons que ce n’est pas sans un léger sentiment de fierté nationale que nous recevons un appareil conçu par Yves-Bernard André (les initiales de YBA). Il fait partie de ces concepteurs réputés de la hifi française que nous suivons depuis bientôt une trentaine d’années et qui exporte à travers la planète un vrai savoir-faire français, une French Touch comme nous pouvons le lire souvent dans la presse étrangère. De plus, grâce à un partenariat avec la société chinoise Shanling, YBA est en train de prendre une autre envergure. 5 gammes d’appareils allant de la série abordable Design aux modèles très hauts de gamme Signature ont fait leur apparition dès le début des années 2010, le succès commercial est au rendez-vous.

L’amplificateur de ce présent test fait partie de la seconde gamme dite Heritage. Il se place aux côtés d’un nouveau convertisseur D100, d’un lecteur de CD CD100 et d’un lecteur réseau MP100SE. Tous ces appareils embrassent le même châssis en aluminium brossé que l’on peut obtenir en deux finitions différentes : gris métal ou noir. L’IA100 n’échappant pas à la règle, il se présente dans un coffret à la forme très classique et aux dimensions conséquentes : 43 x 40 x 11.8 cm. Cet appareil ne pourra pas se faire oublier contrairement à beaucoup de productions actuelles (mais un amplificateur ne doit-il servir la musique, plutôt que le décor domestique ?).

L’impression de solidité est flagrante avec une belle face avant en aluminium d’un centimètre d’épaisseur tandis que le châssis repose sur trois pieds dont deux sont amortis, le troisième, en aluminium se terminant par une boule métallique, sert de point de fuite des vibrations (oubliez les meubles avec plaque en verre s’il vous plait). Deux boutons sont répartis symétriquement à droite et à gauche de la façade : l’un servant au contrôle du volume, l’autre à la sélection des sources et entre les deux, un afficheur de forme ovale avec lettrage jaune indique la source connectée ainis que le volume. Une belle télécommande en métal fonctionnant avec toute la série Heritage permet d’accéder aux fonctions de l’appareil à distance.

01 YBA IA100 Ext1

Une classe d'amplification originale

L’arrière de l’appareil rassemble toute la connectique avec prises d’enceintes avec lesquelles du fil nu, des bananes ou des fourches peuvent être utilisées : le possesseur a donc toutes les possibilités de branchement possible. Les prises d’entrées, au nombre de 5, sont distribuées sur le côté droit de cette face arrière. L’une d’entre elles est au standard symétrique donc équipée de prises XLR. Une sortie RCA rejoint cette connectique pour l’ajout d’un bloc de puissance supplémentaire.

Sous le capot de l'appareil, nous reconnaissons bien la topologie YBA avec une absence d’un quelconque composant passif sur le trajet du signal, comme une absence totale de câblage. A la droite du gros transformateur double C de 320VA, une carte de forte épaisseur reçoit la quasi-totalité des composants. Les condensateurs de filtrage sont des Nichicon Gold Tune de 10 000 µF susceptibles de sortir 150 Watts sous 4 ohms (par canal), nous laissant imaginer qu'une bonne réserve de puissance est à disposition. Une pastille anti-vibratoire est juchée sur chaque condensateurs : un petit plus du concepteur pour qui le comportement vibratoire des composants joue un rôle non négligeable sur celui de l’ensemble.

Le schéma de l’amplification n’a pas changé avec une technologie YBA classique. Elle est servie par un push-pull de 8 transistors Sanken (4 2SC3591A et 2SA1386A). Yves-Bernard André revendique que son schéma est tout à fait original et répond au nom de Classe Alpha. Les transistors, sélectionnés pour leurs performances sonores, sont montés sur un dissipateur qui divise l’appareil en deux et de l’autre côté, nous trouvons une seconde carte avec tous les relais de commutation. Le montage semble simple mais très efficace. Les watts annoncés dénoncent un appareil qui aura du répondant. Et en effet, c’est bien le cas comme nous le verrons à l'écoute. L’allure sobre mais classique est aussi une signature YBA. L’utilisation de l’appareil est également très simple, si ce n’est le bouton de mise en marche qui se trouve sous le coffret.

Conditions d'écoute

Nous ne saurions jamais assez insister sur l’importance du sens de la prise secteur surtout lorsqu’un constructeur fait l’effort d’indiquer la phase sur son appareil. Inversée, cette phase secteur amaigrit le son, dessèche quelque peu le grave et plaque l’image stéréophonique en fond de salle. Pour le reste, nous sommes restés sur les mêmes sources que d’habitude avec un lecteur Goldmund Metis Player et une platine analogique VPI Prime avec sa cellule Kiseki N.S, les enceintes Grand Cru Audio Horizon se délectant de ces deux merveilles. Sur la question du câblage, une paire d’Absolue Créations IN-TIM et des modèles Golmund Lineal en modulation se sont montrés tout à fait adaptés.

Un nouveau tempérament

Il émane immédiatement de ce modèle YBA Heritage A100 une transparence et une quantité de détails qui illustrent parfaitement la philosophie d'Yves-Bernard André depuis fort longtemps. Mais, avouons-le tout de suite, quelque chose a changé avec cette nouvelle génération YBA. Nous avions déjà eu cette impression lors du test du Design Dac, cette dernière se confirme ici d’autant que nous connaissons bien le fameux son des amplificateurs de la marque depuis bientôt une trentaine d’années. En effet, les électroniques de ce fabricant se sont toujours fait remarquer par une transparence et un souci du détail qui en faisaient leur nature profonde. Avec l’IA100 d’aujourd’hui, non seulement ces qualités se retrouvent parfaitement (l’IA100 n’ayant rien perdu de la verve YBA), mais elles s’accompagnent cette fois d’un médium plus charnu, plus plein, ce qui apporte une nappe de douceur supplémentaire au tout. Nous avons interrogé Yves-Bernard André pour avoir confirmation de nos impressions et effectivement, c’est un sensation nouvelle tout à fait voulue.

02 YBA IA100 Ext2

Plus polyvalent

L’IA100 est un amplificateur "de facto" plus polyvalent par rapport à un ancien modèle comme l’Intégré des années 90. Ce nouveau IA100 se distingue donc par un parfait équilibre entre un pouvoir à contrôler les moindres écarts de dynamique et une richesse harmonique bien soulignée. Nous obtenons, avec lui, ce subtil mélange entre tension sonore et confort d’écoute, des qualités recherchées sur des électroniques d’un prix bien plus élevées. Dès les premières notes, notre salle d’écoute s’est immédiatement remplie de cette subtile alliance, ce qui nous prouve que la nouvelle génération des produits d’Yves-Bernard André a su converser le tempérament vif de ses anciennes productions avec un caractère encore plus chantant. Le ton est rigoureux, mais confortable, la scène sonore est précise tout en restant belle en matière et la neutralité est de mise. Tout pour que la musique s’épanouisse en délicatesse.

L’écoute du LP "la Folia" de Gréogorio Paniagua (Harmonia Mundi) tranche totalement avec l’air sobre, voire austère de l’IA100. La scène sonore s’est organisée de façon méthodique avec un placement de chaque musicien au millimètre. Chacun d’entre eux a prit sa place et a bénéficié d’un espace sonore respectueux de la partition d’origine. L’image stéréophonique accuse un beau relief sans que cette dernière déborde de partout. Qui dit spatialisation et aération, ne dit pas confusion, bien au contraire. La restitution reste bien détourée et maîtrisée. L’IA100 contrôle parfaitement toutes les situations, mais surtout respecte l’univers de tous les instruments par une neutralité bienveillante. L’équilibre entre vivacité et justesse des timbres dont nous parlions au début est flagrant sur ce disque. Les timbres sont fruités mais pas typés et le déploiement harmonique se fait sans caricature.

Que ce soit un violon, un instrument à bec (flutes baroques), des tablas indiens ou tous autres instruments exotiques, chacun peut exprimer son étendue harmonique avec une palette de couleurs qui lui appartient. L’articulation des différents registres est magnifique et l’enchainement des différentes sonorités se fait comme un cours d’eau qui file en continu. Lors de passages plus virulents sur ce disque (et il y en a), l’IA100 montre ses qualités de dynamique et de nervosité. Cet amplificateur va loin dans ce registre mais sans jamais montrer un quelconque signe d’essoufflement. Il en a dans le ventre et tient les enceintes sans les lâcher une seconde. Comme quoi, on peut être ferme sans être brusque.

cd esoteric piano

Sur le SACD du pianiste Miyuji Kanedo jouant des œuvres de Chopin, Liszt ou encore Debussy (Esoteric), nous sommes emballés par le caractère mélodieux de l’IA100 qui jouit d’un suivi rythmique parfait. L’étendue spectrale du piano et le tempérament de cette interprétation sont reproduits avec exactitude : la lisibilité faisant manifestement partie intégrante des caractéristiques sonores de cet amplificateur YBA IA100 qui sait se montrer tranchant sur des passages forts, et une minute après, empreint d’une légèreté remarquable. L’aigu sonne juste et vrai et ne manifeste jamais de dureté ou d’acidité, et ses qualités de finesse rejoignent un médium bien construit, très étoffé sans oublier d’être détaillé. La charnière entre ces deux registres s’effectue dans une parfaite continuité sans que l’un tente de dominer l’autre : ils travaillent manifestement de concert.

A leur tour, les registres graves et hauts graves ne sont jamais démonstratifs, ni envahissants. Ils gardent la juste mesure des choses et offrent une parfaite combinaison avec les notes placées plus haut. La qualité de l’alimentation de cet amplificateur trouve ici toute sa raison d’être. Elle contrôle, dirige et gère à la fois l’étendue harmonique de cet instrument notamment dans le bas du spectre, et à la fois tous les minimes écarts de niveau qu’il peut offrir. Nous savourons la fameuse transparence qu’insuffle Yves-Bernard André dans chacune de ses productions. Aucun détail de la magnifique prise de son ne nous échappe, nous assistons à un grand moment d’intimité avec ce musicien et écoutons ce SACD de façon quasi religieuse.

Revenons à un disque plus moderne avec le LP de London Grammar "If You Wait", un disque qui déborde de micro-détails tout en étant soutenu par une basse électrique développant une force sonore peu commune. L’IA100 propose ici à un son plein de gaîté et de vie. Cette région médium, nouvellement construite, sert parfaitement la voix d’Hamma Reid tout en l’agençant avec un beau relief au milieu d’une image stéréophonique déjà bien remplie. La voix ne se fond pas dans le décor et reste bien au premier plan avec tout ce que cela suppose de détails et d’informations. L’articulation comme la fluidité se savoure sans une ombre d’agressivité, ni de dureté malgré des montées impressionnantes en niveau. Sur ce genre de disque, L’YBA IA100 peut déployer toute ce qu’il a dans le ventre tout en conservant le caractère fouillé et piqué dans le haut du spectre qui le caractérise également. La polyvalence de cet appareil est la bienvenue sur ce disque. Elle démontre avec assurance que cet appareil sait jouer avec tous les styles de musique tout en extrayant toujours ce qu’il y a de meilleur.

Conclusion

En conclusion, cette nouvelle mouture YBA IA100 fait preuve d’une plus grande maturité sans perdre l'esprit vif et rapide de sa prime jeunesse. Elle se mariera donc avec facilité à tout type de sources ou d’enceintes d’autant que sa puissance semble sans limites. Et même à des niveaux sonores peu enviables pour le voisinage, il continuera à faire chanter le système dans lequel il sera installé. Sa souplesse d’utilisation n’a d’égale que celle de sa musicalité. Un choix incontournable pour tous ceux qui cherchent avant tout un appareil combinant raffinement sonore et rapidité.

Lien constructeur : www.jffdiffusion.fr

Spécifications YBA IA100

  • Puissance : 2 x 100W (8 ohms) et 2 x 150W (4 ohms)
  • Connectique : 5 RCA asymétrique, 1 XLR symétrique
  • Sortie préampli : 1 RCA
  • Rapport signal/bruit : - 95dB
  • Distorsion harmonique : 0.04% (20 Hz à 20 kHz)
  • Bande passante : 20Hz à 20kHz (0.5dB)
  • Dimensions : 43 x 40 x 11.8 cm (LxPxH)
  • Poids : 9.3 kg
  • Prix : 1800 €

Notre avis

  • Qualité de fabrication : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
  • Fonctions/Équipements : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
  • Performances sonores pures : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(5/5)
  • Musicalité : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)
  • Intérêt : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(5/5)


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Mots-clés: OnTopAudioAward, YBA

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