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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : Sonates pour piano et violon de Mozart

Sonates Mozart Faust Melnikov

  • Wolfgang Amadé Mozart : Sonates pour pianoforte et violon (vol. ) K.301, en sol majeur, K.305, en la majeur, K.376, en fa majeur, K.378, en si bémol majeur
  • Isabelle Faust (violon), Alexander Melnikov (piano)
  • 1 CD Harmonia Mundi : HMM 902361 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 63 min 24 s
  • Note technique : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile grise (4/5) 

Voici le deuxième volume de l'intégrale des Sonates pour piano et violon de Mozart dans l'interprétation d'Isabelle Faust et d'Alexander Melnikov. Il présente des œuvres de facture dissemblable et d'époques différentes, écrites entre 1779 et 1781. Ces ''Duetti'', comme les appelait le musicien, ravissent l'oreille tant ils sont joués ici avec musicalité et intériorité sur instruments d'époque. Confirmant les impressions louangeuses ressenties à l'écoute du premier volume.

Des quatre sonates de la période de Mannheim, dites ''Sonates Palatines'', mais publiées à Paris en février 1778, et sur le schéma en deux mouvements, sont données la première et la dernière. La Sonate K.301 en sol majeur s'ouvre par un Adagio con spirito opposant deux thèmes, l'un mélodique au violon, l'autre mystérieux au piano. S'ensuit un dialogue énergique et dans le mode concertant. L'Allegro est un rondo de style presque dansant avec au médian une sicilienne qui donne la parole singulièrement au violon dans un ton de confidence. La Sonate K.305 en la majeur fait se suivre un Allegro di molto empli d'unissons des deux protagonistes et conduisant à un vrai duo dans un tempo preste et énergique. Puis un Tema con varazioni, marqué Andante grazioso, qui voit un thème joyeux, primesautier presque, décliné en variations usant du clair obscur, tour à tour comme dansé puis plus sombre, truffé de mini cadences du piano, alors que le violon ne se départit pas d'une certaine insouciance.

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La Sonate K.378 en si bémol majeur, écrite à Salzbourg début 1779, l'est sur le modèle de la sonate italienne en trois mouvements. L'Allegro moderato est délicatement enjoué non sans une ombre mélancolique à la partie centrale plus discrète, du moins en apparence, car la brillance du jeu concertant reprend vite le dessus. L'Andante sostenuto e cantabile évoque une sorte d'expression vocale, d'abord dans l'épanchement à mi-voix d'une confidence entre les deux, puis au long d'une belle envolée du violon nostalgique sur un piano ''liquide'', l'échange se nourrissant de divers épisodes dont l'un est d'une poignante tristesse, l'autre bardé d'accords violents. Assurément une page sublime sous la plume de Mozart, et annonçant la manière d'un Schubert. Le Rondeau Allegro termine l’œuvre dans une bonne humeur vraiment contagieuse et une étonnante légèreté. Le dialogue équilibré avec soin installe la vraie sonate pour piano ET violon. 

La Sonate K.376 en fa majeur est l'une des quatre de la série publiée à Vienne en avril 1781. Elle offre paradoxalement ce que les Massin qualifient de « nouveau style galant », peut-être dans le souci pour Mozart de plaire au public de la capitale. Ce qui ne veut pas dire qu'il renonce à l'égalité de traitement instauré dans les sonates précédentes et à l'esprit de ses ''Duetti''. À l'aune de l'Allegro bondissant où l'on entend quasiment un caquètement de poule au violon joué à l'arraché. L'Andante laisse percevoir une légère inquiétude. Après un début léger, l'Allegretto grazioso final instaure un ton quelque peu théâtral avec ruptures, façon de marche harmonique et accords secs répétitifs. 

On ne peut que redire combien la paire Faust-Melnikov s'approprie ces pièces. Isabelle Faust privilégie une sonorité non brillante, presque sèche à certains moments de puissance et un jeu ''baroquisant'' qui s'accordent avec le ton légèrement aigre-doux, mais non sous-dimensionné, du pianoforte d'Alexander Melnikov. Est-on au plus près des intentions de Mozart, comparé à une exécution sur instruments modernes ? Nul ne le sait. On s'en approche sans doute. Et ce n'est pas là lubie d'interprétation destinée à plaire à un public désormais habitué au jeu sur instruments d'époque, ou à faire sens à tout prix, mais bien le fruit d'un mûre réflexion. 

La prise de son au Teldex Studio de Berlin confirme les impressions ressenties à l'écoute du précédent volume, enregistré sans doute au même moment : une certaine sécheresse sur la sonorité du violon et une ambiance aérée comme au concert avec placement des deux instrumentistes pas trop en avant. 

Texte de Jean-Pierre Robert  

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