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Sennheiser cherche un partenaire pour sa division grand public : grandir ou disparaître tel est la question

Sennheiser

Surprise mais aussi signe pas si surprenant de ce que devient l'audio grand public, Sennheiser vient d'annoncer, à travers un communiqué de presse, un repositionnement de ses différentes divisions. Alors que les trois divisions pro ne seront pas affectées (Pro Audio, Business Communications et Neumann), la division Consumer Electronics, que nous pourrions traduire par la "branche grand public", risque de subir une révolution.

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Memento Mori

Temps difficiles pour la division grand public de Sennheiser, branche allant des plus simples écouteurs filaires jusqu'au casque high-end Orpheus HE-1. Avec des ventes en hausse mais un exercice (chiffres 2019) déficitaire, la marque s'est récemment séparée de près de 650 employés en 2020 (source The Verge) et n'en compte plus que 2 800 actuellement, ce qui n'a rien de réjouissant.

Sennheiser 01
On peut avoir développé le meilleur casque du monde et n'être finalement qu'une "petite" entreprise face aux géants du marché des smartphones.

La marque essaie d'éviter tout pessimisme, en précisant que "malgré une forte dynamique et des pressions concurrentielles intenses, le marché des casques et des barres de son de l’entité Consumer Electronics jouit d’un solide potentiel de croissance. C’est d’autant plus vrai pour les casques sans fil True Wireless".

Le coprésident de l'entreprise, Daniel Sennheiser, appuie également sur l'une des forces de la marque : "nos produits sont réputés pour leur son incomparable et l’expérience audio unique qu’ils font vivre. Ces critères conditionnent la décision d’achat des clients qui plébiscitent nos casques Premium, nos produits pour audiophiles, ceux offrant une audition améliorée et notre barre de son."

 

Parce que les temps changent

À travers ces déclarations et les difficultés de la marque, un point essentiel du marché de l'audio grand public transparaît : il s'agit de moins en moins d'un marché audio au sens strict du terme ; il tend à devenir un marché d'objets connectés reproduisant du son. Un constat peut-être subjectif, mais qui se vérifie particulièrement bien avec les écouteurs True Wireless et leur croissance insolente, ce marché a clairement vu exploser des marques de smartphones (Huawei, Oppo, Apple, Xiaomi, Samsung), au détriment de constructeurs audio plus traditionnels, ces derniers n'existant vraiment qu'à travers un marché premium et un peu plus audiophile. Ce constat peut s'étendre aux casques nomades, l'arrivée de l'AirPods Max d'Apple risquant d'intensifier encore la tendance.

Sennheiser airpods
S'il y a quelques années, un casque audio était un casque audio et les écouteurs des écouteurs, cela n'est plus vraiment le cas en 2021, où tout est objet connecté.

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Et le problème est justement là : Sennheiser est presque un nain sur ce marché des objets connectés audio ; une entreprise familiale au fonctionnement à l'ancienne. Une entreprise trop petite pour encore exister sur ce marché ? Eh bien non, pas forcément, car le savoir-faire audio reste, paradoxalement, une chose très recherchée dans cette industrie qui, de prime abord, n'accorde pas tant d'importance à ce point.

 

Belle entreprise cherche partenaire (ou propriétaire)

Avec ce constat concernant le marché grand public et ses difficultés actuelles, tout juste effleurées dans le communiqué (mais il est à peine besoin de lire entre les lignes), Sennheiser décide avant tout de concentrer ses efforts sur sa division professionnelle, regroupant notamment ses microphones, ses casques orientés pro (type HMD26/HMD27), ou encore la marque Neumann. À côté de cela, la marque sépare un peu plus sa division grand public des autres, en cherchant un "partenaire" (dans le texte).

Daniel Sennheiser indique ainsi : "pour mieux exploiter le potentiel de ces différents marchés, nous allons concentrer nos propres ressources sur les trois Business Units de la division Professional et avons choisi de nous mettre en quête d’un partenaire solide désireux d’investir dans notre division Consumer" (NDLR : la branche grand public).

Le message est donc assez clair : Sennheiser recherche un investisseur, forcément important, pour sa division grand public. Le terme partenaire peut signifier deux choses. Premièrement, un investisseur dans le sens assez strict du terme, plaçant ses billes dans cette division et possédant, de fait, des parts en tant qu'associé - ce qui permettrait à Sennheiser de rester Sennheiser, quitte à perdre un peu de liberté. Deuxièmement, et bien que la marque ne l'indique pas ouvertement (en se déclarant "ouverte à toutes les possibilités"), cela peut aussi signifier une vente pure et simple de la division.

Cette seconde option peut forcément effrayer les amoureux de la marque, mais ne serait pas une première dans l'industrie. Et d'ailleurs, cela ne signerait pas nécessairement la fin des produits grand public Sennheiser. En effet, à l'instar d'un constructeur comme AKG, racheté par le groupe Harman dans les années 90 (lui-même racheté par Samsung depuis), la division pourrait exister sous le même nom, avec la même équipe de R&D. Nous voyons d'ailleurs mal une entreprise racheter Sennheiser sans conserver son nom prestigieux. En revanche, il ne faudrait pas que ce rachat soit justement utilisé comme un simple rachat d'image, avec des produits bâclés mais estampillés "Sennheiser Sound Inside". Au sein d'un marché sur lequel cette tendance va clairement s'intensifier dans les prochaines années, un partenariat, voire un rachat, même s'ils signifient qu'une page se tourne, permettrait d'éviter une fermeture pure et simple de la division et donc la fin des produits grand public Sennheiser.

Un dossier à suivre avec beaucoup d'attention.
Et vous ? Des attentes ou des craintes pour le futur de Sennheiser ; n'hésitez pas nous le dire.

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