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Comparatif : Blu-Ray Pure Audio, SACD, FLAC, CD-Audio…

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Ca y est, c’est parti. Le Blu-Ray Pure Audio, lancé officiellement par Universal Music France depuis le 14 mai, voit ses premiers titres en vente dans les bacs de la FNAC. Le prix est élevé, 20 € par album (non copiable), et les ambitions en matière de qualité sonore aussi. Ce nouveau format audio sera-t-il en mesure de concurrencer les formats véritablement audiophiles tels notre cher vinyle, la musique en téléchargement Haute Résolution et même le SACD pour un prix très voisin ? Nous avons testé les mêmes morceaux sur tous ces supports, voici nos conclusions au regard de leur prix et possibilités.

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Universal Music France, l’un des majors de l’édition de musique a annoncé officiellement la sortie grand public de son nouveau format audio Blu-Ray Pure Audio le 14 de ce mois et certains titres sont d’ores et déjà en vente via leur partenaire privilégié pour l’instant et jusqu’à cet automne : la FNAC. L’ambition de ce projet qui voit enfin le jour après plusieurs années de gestation n’est pas mince : concurrencer la vente de musique dématérialisée qui ne cesse d’augmenter (+ 32% sur 4 ans) donc le format FLAC ou ALAC que ce soit en haute résolution ou pas. Mais aussi offrir, si l’on en comprend à demi mots tout ce qui est dit sur ce sujet, une qualité de son rivalisant avec les deux standards purement "audiophiles", le SACD (technologie de numérisation DSD) et notre cher vinyle qui revient en force. Pour le PDG d’Universal Music France, Pascal Nègre, ce format est d’aussi bonne qualité que le format FLAC, entre autres, et devrait remplacer sans aucun problème le format simple CD 16 bits/44.1 kHz grâce à des résolutions bien supérieures. En effet, Universal Music France a indiqué avoir travaillé "deux ans" sur ce support qui n'est en réalité qu'un Blu-Ray sur lequel on ne stocke que de la musique, en exploitant les codecs lossless existant : le PCM, le DTS-HD Master Audio et/ou le Dolby ThrueHD. Le son est encodé sans perte en 96 kHz sur 24 bits, à comparer aux 44,1 kHz et 16 bits du CD-Audio ou même aux résolutions encore supérieures du FLAC 24 bits/192 kHz ou plus.

Des avantages, mais des inconvénients aussi

Les avantages, sur le papier, sont alléchants tant par les caractéristiques offertes (mais nous sommes encore loin des chiffres du SACD avec ses 2.8 MHz/1 bit), et surtout, ce nouveau format à un atout de poids reposant sur l’incontestable réussite des Blu-Ray Vidéo et, donc le nombre de platines capables de lire sans souci ce nouveau format audio déjà en place dans nos foyers. C’est incontestablement là que le Blu-Ray Pure Audio va marquer des points par rapport au SACD qui reste prisonnier de ses codecs et technique de lecture propriétaire qui porte le prix de n’importe quelle platine compatible SACD bien plus haut qu’un simple lecteur Blu-Ray à moins de 100 euros. A cela s’ajoute la présence croissante du système de lecture Blu-Ray directement sur les box telle la FreeBox Player par exemple ou encore la Playstation3 de Sony, et la futur Xbox One de Microsoft, un format qui semble se standardiser de plus en plus donc.
Les moins en revanche sont aussi de taille. Le prix tout d’abord de 20 € par album peut se révéler un gros frein à moins que la qualité attendue soit là. À cela s’ajoute le fait que les fichiers ne sont pas copiables ou transférables comme à partir d'un simple CD, ou encore tous les fichiers FLAC/ALAC et même DSD téléchargés. Conscient de ce fait, Universal Music France propose un lien de téléchargement gratuit vers une version soit au format Flac 16 bits/44.1 kHz, soit mp3 de faible résolution. L’avantage peut paraître maigre qualitativement mais en revanche bien pratique pour tous les lecteurs nomades qui sont déjà bien habitués à ce format mp3.

Une histoire qui recommence ?

Mais c’est plutôt sur l’aspect qualitatif que nous nous penchons aujourd’hui. L’avenir commercial ne dépendra pas d’un ou même de plusieurs articles sur le sujet, nous le savons bien. Les enjeux commerciaux sont bien trop importants, les forces en présence aussi. Seul l’avenir aura raison comme d’habitude. Néanmoins, ceux qui ont connu l’arrivée du CD (dont nous faisons parti) ne pourront s’empêcher de regarder de près ce nouveau format, non pas par curiosité malsaine consistant à descendre tout ce qui est nouveau, mais en gardant en mémoire que l’industrie de la musique nous avait gentiment "trompé" (pour rester poli) avec leurs nouveaux formats, censés être l’absolue Nirvana à tous les niveaux à l’époque. Et puis, nous restons avant tout des passionnés, des passionnés de musique, et à ce titre, se positionnant comme "garant" de ce que les industriels essayent de nous vendre. Que des guerres commerciales existent, c’est tout à fait normal, mais seul le bénéfice pour le consommateur prévaut. Que le Blu-Ray Pure Audio se positionne comme le concurrent du CD au double du prix (voire plus), bien. Qu’il se positionne comme le concurrent des fichiers HD (FLAC 24/96 kHz, DSD…) soit, et enfin qu’il fasse oublier nos chers vinyles que l’on a un peu trop vite enfouis en France, re-soit ! Mais au niveau de la qualité du son qu’est-ce qu’il en est ?

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A l'écoute

Donc, il nous est apparu essentiel de procéder à des comparaisons à base, bien entendu, des mêmes œuvres musicales et sous tous les formats précités. Au niveau choix, cela n’a pas été chose aisée car difficile de trouver le même disque en fichiers FLAC ou ALAC, en Blu-Ray Pure Audio, en vinyle et en SACD, mais nous y sommes arrivés. Il nous est aussi apparu important de mesurer les bénéfices annoncés entre un simple CD et ce nouveau format, c’est également ce que nous avons fait. Tous les éléments du système sont les suivants : amplificateur et préamplificateurs Goldmund Mimesis 27.5 et Telos 280, enceintes Pierre-Etienne Léon Alycastre, lecteur Cambridge Audio 650 BD en sortie numérique, PC avec player JRiver relié comme le lecteur Blu-Ray à un Esoteric K-05. Pour la lecture des vinyles, nous nous sommes servi d’une VPI Traveler avec cellule Dynavector 10x5 et préamplificateur phono Jolida JD-9. Les avis et jugements que nous allons formuler doivent être pris avec la subjectivité qui convient car dépendant également de notre contexte d’écoute.

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Le seul titre que nous avons pu trouver dans toutes les versions est de notre cher Miles Davis avec la musique du film "Ascenseur pour l’Echafaud" (Edition Fontana) que nous avons comparé en Blu-Ray Pure Audio, en vinyle (disque neuf) et en téléchargement Qualité Studio Masters sur le site de vente en ligne Qobuz (il ne manquait que le SACD). Concernant les prix, le Blu-Ray : 20 €, le vinyle : 19.50 € et enfin le téléchargement HD chez Qobuz : 23 €, donc trois prix qui se marchent presque sur les pieds et dont chaque version a ses avantages et inconvénients. Il a été rapidement assez évident que peu de différences séparaient le fichier  téléchargé et le disque Blu-Ray. Des différences assez peu significatives pour que l’on puisse aussi les mettre aussi sur le compte de la différence des sources plus que par celles de la qualité des fichiers eux-mêmes. Il sera juste à noter un niveau sonore plus fort et légèrement plus prononcé dans le grave sur le Blu-Ray qu’avec les deux autres supports, cela va se confirmer plus tard. En revanche, l’écoute du vinyle reste plus naturelle, plus "normale" ou plutôt plus "habituelle". Il est manifeste que sur une très bonne platine, la dynamique normalement bien supérieure des supports numériques n’opère pas un écart significatif, malgré les chiffres par rapport à nos galettes noires, c’est plutôt une impression générale de sonorité un peu "trop" en avant de la lecture numérique qui s’entend. Avec le vinyle, nous sentons les choses bien en place, alors que tout semble "boosté" avec les deux autres supports. Un son un peu rentre dedans en quelque sorte (et cela est un peu plus évident avec le Blu-Ray Pure Audio). Conclusion, les amateurs de vinyles ne trouveront toujours pas un support de référence par rapport à leurs chers vinyles, que ce soit avec ce nouveau format comme avec les fichiers téléchargés.

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Puis nous nous sommes interrogés sur la pertinence du Blu-Ray par rapport au simple CD 16 bits/44 kHz, et même à un SACD (hybride) la différence de prix étant dans ce cas assez importante et la communication des intervenants sans équivoque sur ce point. En comparant le Blu-Ray de Diana Krall à 20 € "The Look Of Love" (Verve) et sa version en simple CD à 13 € (et en téléchargement à 9 €), les différences sont plus nettes. Mais il est vrai que l’on se fait rapidement la même remarque sur ce nouveau format avec son grave quelque peu mis en avant comme nous l’avions remarqué précédemment et un niveau de sortie plus fort. Là, il n’est pas question de qualité de source, ces deux disques (CD et Blu Ray Pure Audio) ayant été lus avec le même Cambridge Audio 650 BD. Niveau détails, transparence et analyse, on y gagne un peu avec le nouveau format par rapport au simple CD. La voix est plus présente, plus focalisée comme mieux détourée. Nous avons trouvé également son équivalent en SACD sur le net (14 €) et nos conclusions seront moins en faveur du Blu Ray. La différence SACD/Blu Ray Pure Audio n’est pas renversante, loin de là, même si l’on sent quelque chose de plus vivant, de plus alerte mais, difficile de savoir en quoi exactement. Est-ce un léger gain de qualité ou une différence lors du mastering ? Manifestement et en cherchant des informations, il serait question d’un mastering spécifique adapté spécifiquement au Blu-Ray et c’est très certainement cela que l’on perçoit le plus. Un son un peu plus "loudness" avec une légère mise en avant du grave, une image stéréophonique mise aussi un peu en avant et un haut du spectre un peu accentué qui donne cette impression de présence supérieure. Différences il y a, c’est certain, mais est-ce au prix d’une augmentation de la neutralité, cela l’est moins. Sur ce disque, nous avons préféré le naturel du format SACD.

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En refaisant les mêmes comparaisons mais cette fois avec de la musique classique et notamment le disque de Anne-Sophie Mutter et les Concertos pour Violon et Orchestre en D Major de Ludwig Van Beethoven (Deutsche Grammophon), les conclusions entre le CD et le Blu Ray Pure Audio sont identiques. Certes, la masse orchestrale passe avec le Blu Ray avec plus de force et d’entrain, mais le son de l’instrument de Anne-Sophie Mutter apparaît comme plus brillant, plus que dans la réalité en tout cas malgré le fait que l’enregistrement s’est effectué totalement en numérique depuis l’enregistrement à la diffusion en passant par tout le mastering (DDD). Il reste toujours cette sonorité un peu "rentre dedans" du Blu Ray Pure Audio qui, à force, finit par être moins confortable.

Pour finir, nous avons écouté un très vieil enregistrement  avec le disque de Stan Getz et João Gilberto en CD et en Blu Ray (Verve). Alors certes, on gagne en présence des interprètes, certains détails de la prise de son sont plus présents mais la question qui demeure est : n’est-ce pas un peu artificiel ? C’est pour l’instant assez difficile à dire, il faudra attendre d’autres disques et faire bien d’autres écoutes pour se faire une idée plus précise quant à la pertinence d’un autre support vendu jusqu'à 2 à 3 fois le prix de l’original. Et si l’on pense au prix de 7 € pour ce CD, on peut y réfléchir à deux fois avant de refaire sa discothèque en Pure Audio comme nous l’avons vu à l’arrivée du CD face à nos galettes noires. Mais, le Blu-Ray a-t’il été au maximum de ses possibilités avec les 4 exemples utilisés ? Rien n’est moins sûr, car étant en numérique sur un support pouvant contenir plus d’informations, pourquoi ne pas imaginer ce même support avec des fichiers de plus haute résolution allant même jusqu’au DXD (352.8 KHz/24-32 bits à virgule flottante), le signal PCM le plus abouti existant aujourd'hui ? Tout restera une question de matériel de toute façon et le Blu-Ray Pure Audio se voulant un support à très large diffusion, que nous réserve l’avenir ?

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Conclusion

Universal Music France, comme d’autres majors, se sont très bien rendu compte d’un nouvel élan vers le support physique pur et dur, le nombre de vinyles vendus le prouve. A contrario, la vente de simples CD s’écroule face à une augmentation de vente de musique en téléchargement, le prix et la facilité d’achat pouvant l’expliquer. A cela s’ajoute, la volonté d’accéder à des formats dépassant le simple 16 bits/44.1 kHz : le frémissement que l’on sent vers des formats de plus haute résolution allant même jusqu’au DSD et le nombre croissant aussi d’appareils capables de traiter ces formats (même si cela reste confidentiel face au marché global du disque) est une réalité. D’après certaines informations, de plus en plus de professionnels travailleraient directement en DSD.

Il fallait donc trouver une solution qui allie ces deux points (augmentation de la résolution et volonté d’un meilleur support physique) et le Blu-Ray Pure Audio en serait la réponse. Et pourquoi pas ? Il nous apparaît juste que le prix reste trop élevé pour les prestations offertes face à la concurrence avec des inconvénients comme l’absence de possibilité de transfert des données, surtout pour un marché qui se veut très large. Est-ce que ce nouveau format va bousculer la hiérarchie des supports purement audiophiles et très hauts de gamme comme le SACD ? Nous ne le pensons pas au regard de nos écoutes régulières avec ce format. Le Blu-Ray Pure Audio semble vouloir jouer sur ces deux tableaux : facilité d’intégration dans les ménages car possédant déjà un lecteur Blu-Ray d’un côté et remplacement des formats réellement audiophiles d’aujourd’hui de l’autre. Réussira-t-il avec le même bonheur dans ces deux voies ? Rien n’est moins sûr, mais face à la puissance des majors, il faudra compter avec. Et si, en tant que consommateur et audiophile, nous pouvons espérer quelque chose de plus, c’est bien une petite guerre de concurrence entre les différents acteurs de l’édition, guerre qui pourrait amener à une baisse du prix de la musique sous toutes ses formes. En tout cas, les professionnels peuvent aller beaucoup plus loin en matière de fichiers sur le support Blu Ray. Il y a de la place pour cela, mais est-ce leur intention ?


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