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L'Échiquier du vent : un chef-d’œuvre esthétique ressuscité (en Blu-ray, DVD et VOD)

Blu ray L Echiquier du vent 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Synopsis

Suite à la mort de son épouse, Haji Amou un commerçant traditionaliste, patriarcal et corrompu, projette de se débarrasser de sa belle-fille Petite Dame, héritière en titre de la fortune et de la belle maison luxueuse dans laquelle ils vivent. Cette femme émancipée et moderne est paralysée et ne peut se déplacer qu'en fauteuil roulant. Pour faire face au complot fomenté par son beau-père, elle se fait aider par sa servante, ignorant que celle-ci joue sur les deux tableaux…

• Titre original : Shatranj-e baad
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1976
• Réalisation : Mohammad Reza Aslani
• Casting : Fakhri Khorvash, Mohamad Ali Keshavarz, Akbar Zanjanpour, Shohreh Aghdashloo, Shahram Golchin, Hamid Taati, Agha Jan Rafii, Anik Shefrazian
• Durée : 1 h 40 mn 04
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,85/1
• Sous-titrage : français
• Piste sonore : DTS-HD MA monophonique 1.0 persan
• Bonus en HD : Le Majnoun et le vent, documentaire inédit de Gita Aslani Shahrestani (2022, 51 mn 08) - courts métrages inédits de Mohammad Reza Aslani : La Coupe Hassanlou et l'histoire de celui qui demande, (Jaam-e Hasanlou, 1964, N&B, 21 mn 47), La Coupe Hassanlou : J'ai dit de contempler cette coupe divinatoire (Jaam-e Hasanlou: panjah saal ba'd, 2016, Couleurs et N&B, 28 mn 44) - bande annonce 2021 (1 mn 32)
• Éditeur : Carlotta Films

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Commentaire artistique

Présenté à Cannes Classics en version restaurée, L’Échiquier du vent est l’œuvre du cinéaste, scénariste, graphiste et poète, Mohammad Reza Aslani qui doit, entre autre, sa renommée à ses documentaires artistique, dont certains (cf. bonus) plus théoriques sont restés confidentiels. Son premier long métrage L’Échiquier du vent, produit par Bahrman Farmanara, qui est bouclé en 1976 n’aura droit qu’à trois projections au Festival International de Téhéran où il est projeté dans des conditions déplorables (mauvais réglage de la luminosité, mélange des bobines) comme le détaille son auteur (cf. bonus). Si certains critiques sont enthousiasmés par cet authentique manifeste esthétique, la plupart le condamne comme trop cérébral, puis le film est interdit de projection par la révolution islamique en 1979. Le film tombe dans l’oubli et son négatif réputé perdu mais, comme dans un conte oriental, en 2014, le fils du cinéaste (cf. bonus) trouve par hasard chez un brocanteur de Téhéran les négatifs originaux, image et son ! Une fois convenablement restauré en 2020, la projection du film à Cannes est sans appel : L’Échiquier du vent est un chef-d’œuvre. Le film, écrit et dirigé par Mohammad Reza Astani, lui-même artiste, procure avant tout un plaisir esthétique rare par ses recherches formelles sur l’éclairage inspirées des maitres comme Joannes Vermeer et Georges de La Tour. Dans le bonus, le cinéaste indique qu’il aurait bien voulu disposer des optiques spéciales de la NASA (ouvertes à f/0,7) utilisées par Stanley Kubrick dans Barry Lyndon et qu’il a pu néanmoins faire acheter des optiques Zeiss de qualité. Il a aussi demandé que certaines séquences (danse devant la maison) aient une dominante orangée propre aux films muets et que la caméra explore, comme dans ses documentaires, tous les détails des objets selon des mouvements particulièrement sophistiqués. Ses partis pris et son approche véritablement «bressonnienne» de l’espace fascinent et peuvent déconcerter. Pourtant, ce n’est pas tant sa forme inhabituelle qui lui a valu une mise au placard que son intrigue âpre et édifiante. Les thèmes qu’elle aborde, comme la soif de richesse et l’ambition, sont bien plus profonds qu’une simple histoire de famille : Mohammad Reza Astani critique, sous couvert d’un récit dans le passé, la société de l’époque et en décortique les rancœurs qui précipiteront les couches sociales inférieures, défavorisées par la fracture économique, dans la révolution. Le personnage ambigu de la servante (Shohreh Aghdashloo) annonce ces mutations tout comme celui de Petite dame (Fakhri Khorvash), symbole d’un féminisme en herbe parce que aristocrate donc cultivée et ferment de discorde dans une société patriarcale incarnée par le détestable Haji Amou (Mohamad Ali Keshavarz). Le cinéaste use habilement des contrastes du bien et du mal, du beau et du laid, de la lumière et de la pénombre et ne fait d’aucun de ses personnages des êtres monolithiques : chacun à sa part d’ombre comme sa part de lumière. L’Échiquier du vent est un pur chef-d’œuvre conjuguant un style pictural époustouflant avec son esthétique prodigieuse et une intrigue solide au service d’une critique féroce d’une société iranienne déliquescente (celle du Shah même si l’histoire se déroule sous la dynastie Qajar au 18e siècle). Si des scènes de lavandières, aux commentaires édifiants, viennent ponctuer la narration, l’essentiel du film se déroule en huis clos dans une grande demeure emblématique (cf. bonus) qui concentre la pyramide sociale des maîtres et des domestiques et symbolise la classe aisée qui se fissure et suscite la convoitise. Pas un pouce de l’image n’est filmé au hasard et reflète le travail talentueux des collaborateurs du cinéaste pour la photographie, le décor, les costumes et les accessoires (chaise roulante dessinée par le cinéaste…). Le travail sur le mixage sonore et la composition musicale traditionnelle de Sheyda Gharachedaghi témoignent de cette recherche de perfection dans le détail. Une chance inouïe que ce chef-d’œuvre ait été retrouvé et sauvé : à découvrir sans attendre dans sa très belle restauration.

 

Blu ray L Echiquier du vent

Commentaire technique

Nouvelle restauration 4K effectuée en 2020 par le World Cinema Project de The Film Foundation et par la Cineteca di Bologna au laboratoire L'Image Retrouvée (Paris), en collaboration avec Mohammad Reza Aslani et Gita Aslani Shahrestani. Restauration financée par la Hobson/Lucas Family Foundation.
Le film a été projeté une seule fois (1976) et interdit en 1979 par le régime islamique. Considérés comme perdus, les négatifs originaux image et son ont été retrouvés en 2014 chez un brocanteur de Téhéran. La restauration a nécessité un étalonnage rigoureux (teinte orangée des bobines 9 et 10) sous la supervision du réalisateur, de Gita Aslani Shahrestani et du directeur de la photographie Houshang Baharlou.

Image : copie HD, très belle définition rarement prise en défaut, piqué solide et textures nuancées, grain argentique discret et homogène (tournage en 35 mm, Master Format 4K), contraste bien géré d’autant plus que l’essentiel du film se déroule en basse lumière dans l’intérieur de la maison, noirs soutenus, nouvel étalonnage (cf. bonus) qui restitue une palette colorée très chaude aux teintes nuancées et tons saturés mais qui a été approuvée par le réalisateur et le directeur photo, image stabilisée et très bien nettoyée

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Son : mixage persan 1.0 monophonique, dialogues d’une grande clarté, léger souffle, dynamique élevée qui favorise la musique de Sheyda Gharachedaghi et certaines scènes animées (lavage du linge, scène dans le cellier…), pas de distorsion

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0318069/

 

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