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Les Nuits révolutionnaires : les errances nocturnes d’un observateur « peintre des mœurs » (en DVD)

DVD Les Nuis revolutionnaires 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

Restif de la Bretonne, écrivain et philosophe, moraliste autant que libertin, a vécu la Révolution à chaud. Toutes les nuits, il arpente les bas-quartiers du Paris populaire, tel un hibou. C'est en voyant défiler sous ses yeux la grande et la petite histoire qu'il a écrit « Les Nuits Révolutionnaires ».

Épisodes

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1. Le Spectateur Nocturne, 11-12 juillet 1789 (59 mn 10)
2. Les deux n'en font qu'une, 13-14 juillet 1789 (60 mn 20)
3. La fête glorieuse, juillet 1790 (55 mn 59)
4. La jeune fille assassinée, 17 juillet 1791 (60 mn 12)
5. La chute, été 1792 (57 mn 33)
6. La mort d'un père (60 mn 01)
7. La part de l'ombre, mai-juin 1793 (58 mn 49)

• Titre original : Les Nuits révolutionnaires
• Support testé : DVD
• Genre : série télévisée, historique
• Année : 1989
• Réalisation : Charles Brabant
• Casting : Michel Aumont, Michel Bouquet, María Casares, Isabelle Gélinas, Fabrice Luchini, Gérard Desarthe, Daniel Mesguich, Michel Robin, Jean-Pierre Lorit, Xavier de Guillebon, Christophe Brault, Laura Manszky, Sophie Bouilloux, Paul Crauchet, Patrice Alexsandre, Guillaume de Tonquédec, Marc Eyraud, Yvan Dautin, Maria de Medeiros, Bernard Fresson, Ticky Holgado, Fabrice Luchini
• Durée : 6 h 52 mn 04
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,66/1 (Super 16 mm)
• Sous-titrage : anglais
• Piste sonore : Dolby Digital 2.0 stéréophonique français
• Bonus : coffret contenant les 4 DVD de la série et un livret illustré (28 pages) avec des textes de Charles Brabant : « Le visionnaire et le témoin », de l’historien Lauent Loty sur la série et de Dominique Brabant sur le tournage et la restauration, plus une bio-filmographie
• Bonus : courts métrages de Charles Brabant Contes à dormir debout (1951, 21 mn 07) et C'est arrivé un jeudi (1954, 31 mn 11) - entretien avec Charles Brabant, Collection Télé notre histoire (2000, 57 mn 26, réalisé par Dominique Froissant) - Auteurs de télévision : Charles Brabant, entretien avec Charles Brabant, un film de René Gardies (2000, 33 mn 18, réalisé par Raymond Achilli)
• Éditeur : Doriane Films

Commentaire artistique

Les Nuits révolutionnaires est une série télévisée écrite et réalisée en 1988-1989 par Charles Brabant dans le cadre du Bicentenaire de Révolution Française. Ce sera l’œuvre ultime du cofondateur de la SCAM, qui fut d’abord un réalisateur de cinéma jusqu’en 1968, date à laquelle il préféra travailler désormais pour l’ORTF. La télévision publique lui offrait un cadre moins commercial et plus prompt pour mener à bien ses projets audiovisuels divers : les deux entretiens passionnants donnés en suppléments permettront aux plus curieux de mieux connaître les conceptions artistiques de cet homme de gauche. Ainsi dans sa série Les Nuits révolutionnaires, il conjugue, avec une rare intensité, une approche inédite de la Révolution et une narration passionnante qui mêle intimement la tragédie, l’humour, la dérision et l’érotisme. C’est le personnage et les écrits de Restif de la Bretonne qui vont servir de fondement à l’écriture du scénario littéraire que Charles Brabant peaufine durant une année Cet imprimeur-écrivain singulier aura eu l’excellente opiniâtreté de sillonner Paris la nuit, en pleine ébullition révolutionnaire, et de se définir comme le spectateur « hibou de la nuit » (accoutrement qu’il porta dès 1785) décrivant l’agitation de ses congénères. Restif de la Bretonne a été un témoin privilégié de l’esprit révolutionnaire chez les gens ordinaires, donnant une vision bien éloignée de celle des grandes figures historiques emblématiques chères aux livres d’Histoire (Danton, Robespierre, Louis XVI, etc.). En évoquant la Révolution vécue par le « petit peuple », dans une ambiance nocturne forcément plus ténébreuse et plus mystérieuse, le scénario de Charles Brabant, loin de la reconstitution fidèle, s’apparente à une chronique composée de saynètes, aux accents souvent théâtraux, plutôt qu’à une intrigue structurée, et animée par une multitude de protagonistes très modestes (les petits métiers, prostituées, mendiants, soldats, etc.) qui composaient la société française d’en bas. Le scénariste insiste sur l’importance de cette observation de la populace en déplorant avec Voltaire qu’il reste à « faire l’histoire des hommes ». Dans son ouvrage « Les nuits de Paris » (1788-1794), Restif adoptait le principe de narrer à la première personne, en les fusionnant, les événements historiques révolutionnaires et des fictions rendant compte de la transformation des mentalités. C’est en s’appuyant sur ces partis-pris que Charles Brabant a construit sa série fondée sur la thématique des Lumières (cf. livret bonus) et qui, hormis Michel Aumont, ne joue jamais la carte commerciale des acteurs célèbres. L’adaptation parvient intelligemment, mais pas totalement, à transposer la dimension d’emboitement du texte de Restif avec son balancement constant entre fiction et réalité, entre subjectivité et objectivité. Projet ambitieux, la série Les Nuits révolutionnaires nécessitera de longs mois de préparation, six mois de tournage et autant de postproduction. Entièrement filmée au studio de Bry-sur-Marne qui possédait le plus grand plateau européen de l’époque, la série doit beaucoup à ses décors impressionnants conçus par Emile Ghigo : le décorateur reconstitua le Paris de la Révolution en imaginant des modules haut de 17 m (façade d’immeubles) qui pouvaient être déplacés chaque semaine pour obtenir à chaque changement des perspectives architecturales différentes. Les ambiances jour/nuit, à une époque où la pellicule argentique n’était guère sensible, exigèrent beaucoup d’ingéniosité comme l’indique Dominique Brabant, le directeur de la photographie (cf. livret bonus). Pour mener à bien son adaptation, Charles Brabant a pu compter sur un casting de premier ordre, à commencer par Michel Aumont (disparu en 2019), grand acteur de théâtre et de télévision, qui excelle à incarner l’observateur Restif, un personnage complexe et un moraliste non exempt d’ambiguïté (indicateur de police, libertin, peut-être incestueux, etc.), entouré de ses deux filles Marion et Agnès jouées par Sophie Bouilloux et Isabelle Gélinas. Au fil des épisodes, la participation d’interprètes renommés ajoute à la qualité de la série comme, entre autre, celle de Michel Bouquet (l’usurier), Maria Casarès (la maquerelle), Daniel Mesguich (l’inconnu) ou Bernard Fresson (Danton). Parmi la multitude des personnages, plus ou moins récurrents, on pourra encore reconnaître Michel Robin (l’allumeur de réverbère), Paul Crauchet (l’aveugle), Fabrice Luchini (un sans-culotte), Ticky Holgado, Maria de Medeiros, etc. Découvrir, ou revoir, la série Les Nuits révolutionnaires, plus de trente ans après sa réalisation, c’est, tout à la fois, profiter d’une des meilleures œuvres cinématographiques consacrées à la Révolution Française et constater l’ambition de la télévision publique des années 80, alors capable de produire et de diffuser un programme aussi audacieux, bien éloigné du conformisme télévisuel. Remarquable.

 

DVD Les Nuis revolutionnaires

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Commentaire technique

Comme Dominique Brabant, directeur de la photographie de la série, nous le précise dans le livret, Les Nuits révolutionnaires ont été tournées en Super 16 mm et converties sur un télécinéma Rank-Cintel à fenêtre humide directement à partir du négatif ! Conservé chez Orfeo, le négatif et les éléments sonores sur pistes magnétiques en bon état ont été numérisés et restaurés en 2K par le laboratoire Éclair Classics avec l'aide de la SCAM. Le nouvel étalonnage a été réalisé par Bruno Patin et Dominique Brabant

Image : copie SD, bonne définition mais piqué limité, compte tenu du support DVD basse définition et de la source argentique (Super 16 mm, Master Format 2K), image affectée par une granulation manifeste mais homogène et une légère instabilité, gestion correcte du contraste qui pâtit de la faible sensibilité de la pellicule utilisée et du choix artistique de recréer les sources lumineuses d’époque (bougie, lampes à huile), l’image manque parfois de relief et certains plans sont particulièrement denses, étalonnage 2021 chaud, colorimétrie naturalistes allant des teintes vives des intérieurs au tons nuancés plus grisâtre des « extérieurs »

Son : mixage français 2.0 stéréophonique, excellente clarté des (nombreux) dialogues et de la voix off, pas de distorsion, une très bonne dynamique qui renforce le soin apporté aux bruitages et aux éléments musicaux, la stéréophonie appuyée dispose d'une belle scène sonore frontale avec un usage efficace des sons distribués sur les voies latérales, pas de souffle ou de défaut gênant

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0257976/

 

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