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Les Bas-fonds : un drame de gauche par Jean Renoir (en Blu-ray)

Blu ray Les Bas fonds 1936 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

Vivant dans une pension délabrée que dirige le sordide Kostileff, Pépel est un voleur aimé par deux sœurs. Il y a tout d'abord Vassilissa, compagne du receleur et maîtresse de Pépel, ainsi que la belle Natacha, exploitée par cette dernière et Kostileff. Tandis qu'il cambriole une demeure, Pépel est surpris par le propriétaire des lieux, un baron ruiné avec qui il sympathise.

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• Titre original : Les Bas-fonds (Na-Dnié)
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1936
• Réalisation : Jean Renoir
• Casting : Jean Gabin, Suzy Prim, Louis Jouvet, Jany Holt, Vladimir Sokoloff, Robert Le Vigan, Camille Bert, René Génin, André Gabriello 
• Durée : 1 h 32 mn 40
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français, anglais
• Piste sonore : DTS-HD MA 2.0 monophonique français
• Bonus : L'Idéal ouvrier, documentaire inédit avec Patrick Glâtre, auteur de « Jean Gabin, la traversée d'un siècle » et Pascal Mérigeau, spécialiste de Jean Renoir (2021, 29 mn 37, réalisation Roland-Jean Charna) - Les Bas-fonds restauré (3 mn 20) - bande annonce (4 mn 00)
• Éditeur : Gaumont

Commentaire artistique

Premier film à être récompensé par le Prix Louis-Delluc, Les Bas-fonds est adapté d’une pièce de théâtre (1902) de Maxime Gorki par l’écrivain Ievgueni Zamiatine et dialogué par Charles Spaak et Jean Renoir qui assure la réalisation. Le film, tourné en pleine euphorie du Front populaire, a pour vedette Jean Gabin, la plus grande vedette du cinéma français de l’époque et dont la présence suffit à financer le projet. Lorsqu’il dirige ce drame, Jean Renoir a déjà de nombreux films prestigieux à son actif comme La Chienne (1931) et Boudu sauvé des eaux (1932) mais connaîtra le succès un peu plus tard avec La Grande illusion (1937) et La Règle du jeu (1939). Poussé par sa compagne Marguerite Houllé, le cinéaste s’engage dans la lutte politique qui va imprégner ses films à partir de 1935 tel que La Vie est à nous (1936) financé par le PCF et la CGT. Pour Les Bas-fonds, il engage Maurice Baquet (l’accordéoniste) qui appartient au groupe Octobre et (cf. bonus) applique une mise en scène ouvertement de gauche affirmant que les prolétaires, notamment Jean Gabin (le voleur Pépel), tentent de s’émanciper tandis que l’aristocratie, incarnée par Louis Jouvet (le baron) s’efface, chassée par la bourgeoisie et contraint de partager le refuge des plus démunis. Les deux immenses comédiens sont d’ailleurs le moteur du drame dans laquelle ils opposent leur style d’interprétation, le premier privilégiant la subtilité et la retenue de l’acteur de cinéma, le second appliquant le jeu plus déclamatoire propre au théâtre. Le reste du casting accompagne le duo avec une belle intensité, en particulier les actrices : Susy Prim (Vassilissa) et Jany Holt (Nastia). En revanche Jean Renoir, contraint d’embaucher Junie Astor (Natacha), dira qu’elle n’était pas faite pour ce métier ! Robert Le Vigan s’illustre en acteur alcoolique déchu, André Gabriello joue avec une certaine réserve Toptoum l’inspecteur véreux et Vladimir Sokoloff peaufine le rôle du tenancier cupide Kostileff. Si le film est produit à une époque où le cinéma français connaît une arrivée massive d’artistes russes blancs (c’est le producteur Alexandre Kamenka, exilé d’Ukraine, qui a suggéré Gorki à Renoir), le choix de conserver les noms russes des personnages, alors que la langue parlée et les décors sont typiquement français, confère au drame un côté factice désuet plutôt regrettable. Heureusement il y a les acteurs et la belle photographie avec ses mouvements soignés de caméra (travelling de la ginguette) et ses éclairages expressionnistes des profils qui témoignent de l’art maîtrisé de Jean Renoir (scène de l’escargot) à traiter ce film, ostensiblement engagé, avec les recettes du «naturalisme poétique». Contrairement à la pièce de Maxime Gorki particulièrement pessimiste, Les Bas-fonds selon Jean Renoir prend des libertés (prologue, final) et se déroule en partie hors du refuge pour mieux affirmer les bienfaits du Front populaire et s’achève sur un beau plan plein d’espoir emprunté à Charles Chaplin. Akira Kurosawa, qui avait vu le film de Jean Renoir, va diriger sa version en 1957, une œuvre que le cinéaste français considérera comme supérieure à la sienne…

 

Blu ray Les Bas fonds 1936

Commentaire technique

Image : copie HD, restauration 4K effectuée par les studios Eclair pour Gaumont en 2020, très belle définition avec un piqué remarquable mais variable et un grain argentique homogène (tournage en 35 mm), image stable et sans défaut très bien nettoyée, superbe contraste qui profite aux éclairages tranchés, noirs profonds, gris bien échelonnés

Son : mixage français 2.0 monophonique, dialogues très clairs, excellente dynamique, léger souffle, pas de distorsion, haut du spectre limité

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0027336/

 

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