Possessor (Uncut Edition) : meurtre par procuration (en Blu-ray, DVD et VOD)

Blu ray Possessor 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

Tasya Vos est agente au sein d'une organisation secrète utilisant une technologie neurologique qui permet d'habiter le corps de n'importe quelle personne et la pousser à commettre des assassinats aux profits de clients très riches. Mais tout se complique pour Tasya lorsqu'elle se retrouve coincée dans le corps d'un suspect involontaire dont l'appétit pour le meurtre et la violence dépasse le sien de très loin… Au point de la déposséder de sa propre identité ?

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• Titre original : Possessor
• Support testé : Blu-ray
• Genre : horreur, science-fiction
• Année : 2020
• Réalisation : Brandon Cronenberg
• Casting : Andrea Riseborough, Jennifer Jason Leigh, Christopher Abbott, Tuppence Middleton, Sean Bean, Kaniehtiio Horn, Rossif Sutherland, Christopher Jacot
• Durée : 1 h 43 mn 45
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,78/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 anglais, français
• Bonus : Réalité augmentée, l’univers visuel de Possessor (A Heightened World, The Look of Possessor, 10 mn 28) - Crise d'identité, donner vie à Possessor (Identity Crisis Bringing Possessor to Life, 14 mn 40) - Des trucages bien réels, les effets spéciaux de Possessor (The Joy of Practical The Effects of Possessor, 12 mn 09) - scènes coupées (8 mn 08) - bande annonce (2 mn 07)
• Éditeur : Lonesome Bear

Commentaire artistique

Possessor, présenté en version Uncut, a été écrit, tourné et réalisé au Canada par Brandon Cronenberg qui, avec Antiviral (2012), avait déjà fait la preuve de son talent à diriger des films à l’atmosphère décalée et rétrofuturiste. En digne fils de son père, les scénarios saugrenus et les effets spéciaux qui font sens ne lui font pas peur : Possessor ne nous épargnera aucune violence sauvage, graphique diront certains, rythmant une intrigue embrouillée sur le vol de la personnalité. Dans notre société actuelle l’usurpation d’identité est un fait bien réel mais Possessor, qui est situé vers 2008, dans un univers alternatif « futuriste », va plus loin : désormais un individu peut vampiriser corporellement un autre individu, véritable incitation à la délinquance HighTech ! Cet argument, exploité avec habileté, autorise le réalisateur à nous livrer un film de science-fiction particulièrement dérangeant et ponctué de meurtres gores insoutenables. On ne saura pas grand-chose sur la technologie du futur : Possessor s’attache surtout à la psychologie des personnages et à la surimposition identitaire qui finit tragiquement par emmêler les protagonistes comme les spectateurs. Manifestement, Brandon Cronenberg est fasciné par l’étude de la personnalité et du conflit mental extraordinaire que va éprouver son personnage de Tasya Vos (Andrea Riseborough) lorsque son hôte Colin (Christopher Abbott) entre en conflit avec elle. Dans cette fusion ahurissante, ce sera la lutte acharnée pour le contrôle de l’autre et donc pour qui héritera du pouvoir de décider et d’agir : une perspective philosophique et existentielle vertigineuse qui fait tout le sel de Possessor, issu de l’inventivité scénaristique de son auteur qui aborde de nombreux thèmes d’actualité comme celui du genre par exemple. La réalisation joue la carte de l’étrangeté des situations en faisant appel à des effets spéciaux aussi efficaces que tangibles (pas de CGI mais de l’artisanal : cf. bonus) qui bénéficient du traitement singulier de la photographie de Karim Hussain avec ses éclairages et sa colorimétrie insolites. Outre ses deux acteurs principaux, familiers du genre et très concernés par la création commune de Vos/Colin, une personnalité hybride femme/homme inconcevable, Possessor profite aussi de l’interprétation inspirée des comédiens confirmés que sont Jennifer Jason Leigh et Sean Bean. À l’instar de David Cronenberg, Brandon Cronenberg n’a pas son pareil pour les récits de science-fiction tordus et déstabilisants qui témoignent d’une sensibilité artistique peu banale et d’un penchant pour l’anormalité organique incarnée par des personnages ambigus. Il faudra désormais compter sur un cinéaste créatif de plus dans la famille Cronenberg…

 

Blu ray Possessor

Commentaire technique

Image : copie HD, très bonne définition et excellent piqué sur les détails (tournage numérique avec caméra Arri Amira, Master Format 4K), gestion très changeante du contraste avec des images de densité variée allant du lumineux à l’artificialité des éclairages parfois surprenants, étalonnage variable passant du naturalisme de certaines scènes aux teintes chaudes (rouge, jaune) étranges et artificielles pour les séquences plus suggestives, tons oscillant entre saturation et décoloration

Son : mixage anglais 5.1, dialogues clairs et équilibrés, très bonne dynamique qui profite à la musique éthérée de Jim Williams et à l’univers sonore sophistiqué déployé dans le film, spatialisation variable parfois très impressionnante avec immersion sur tous les surrounds et recourt efficace aux LFE ; VF 5.1 soignée, dynamique moins poussée que sur la VO, dialogues clairs

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt5918982/

 

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