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Vij ou le diable : l’horreur gothique d’après Nicolas Gogol (en Blu-ray, et DVD)

Blu ray Vij ou le diable 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)

Synopsis

Trois jeunes séminaristes quittent leur monastère pour partir en vacances. La nuit, ils se font héberger par une fermière qui se révèle être une sorcière. Khoma l'empoigne et la laisse pour morte, après qu'elle se soit transformée en jolie jeune fille. Sous la pression de la famille, le recteur oblige Khoma à passer trois nuits auprès de la défunte afin de prier pour son âme. Il va vivre trois nuits d'épouvante jusqu'à l'apparition de Vij, le démon et maître des Gnomes…

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• Titre original : Vij ou Viy
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame, fantastique, horreur
• Année : 1967
• Réalisation : Konstantin Ershov, Georgiy Kropachyov, Alexandre Ptouchko
• Casting : Leonid Kouravliov, Natalia Varley, Alekseï Glaziyrine, Nikolaï Koutouzov, Vadim Zakharchenko, Piotr Veskliarov, Vladimir Salnikov, Dmitriy Kapka
• Durée : 1 h 16 mn 26
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : LPCM 2.0 monophonique russe, français
• Bonus : boîtier Mediabook avec le Blu-ray et le DVD du film - le livre (64 pages) « Gogol et la montée du cinéma fantastique » rédigé par Nicolas Bonnal, écrivain et essayiste
• Bonus : bande-annonce du film Le Conte du tsar Saltan (2 mn 18) - diaporama d'affiches et de photos (2 mn 00) - film annonce (2 mn 27) - générique français (2 mn 17) - Vij. De l'écrit aux écrans présenté par Stéphane Derderian et Christian Lucas (2020, 18 mn 14, réalisation Marie-Sophie Giudicelli)
• Éditeur : Artus Films

Commentaire artistique

Dans sa nouvelle collection « Chefs-d’œuvre russes », l’éditeur nous offre un petit joyau classique du cinéma fantastique russe, Vij ou le diable réalisé en 1967 d’après un conte de Nicolas Gogol. Cette nouvelle a été publiée en 1835 dans le recueil « Mirgorod » qui réunit quatre court romans indépendants (dont la première version de « Tarass Boulba ») inspirés du folklore ukrainien, terre natale de l’écrivain. Celui-ci, désireux de percer dans les milieux pétersbourgeois, donne à un conte russe classique une mise en forme plus littéraire en s’inspirant du récit d’une fille du Tsar devenue magicienne et dont le cadavre tourmente un jeune héros. Nicolas Gogol intègre à l’histoire une entité maléfique Vij ou Viy, « le roi des gnomes », ayant pour lointaine inspiration, selon certains chercheurs, Vāyu, une divinité indo-européenne du vent et de la mort. Écrit à 25 ans par un romancer enfiévré, effrayé par les femmes et par les démons, « Viy » traduit une névrose existentielle qui ne lâchera pas l’auteur de toute sa vie, terrorisé par la mort et par le jugement dernier. On comprend alors la force littéraire de son conte qui ne pouvait échapper à l’art cinématographique. Plusieurs adaptations, fidèles ou non (cf. bonus), vont être produites entre 1909 et 2018 : si Le Masque du démon (1960) est régulièrement cité comme la première version sonore du conte, ce superbe film de Mario Bava est néanmoins très librement inspiré de Nicolas Gogol. Ce qui n’est pas le cas de Vij ou le diable (1967), film soviétique très fidèle au récit et même jusqu’aux lieux de l’action puisque le tournage en extérieurs (église, monastère) s’est fait en Ukraine, les intérieurs (avec trucages) étant filmés au studio Mosfilm de Moscou. Cette production était forcément bienvenue dans un régime politique peu soucieux de religion : le penchant anticlérical de l’écrivain a évidemment pesé favorablement dans le choix de sa nouvelle. La réalisation est confiée à deux jeunes néophytes, Konstantin Ershov et Georgiy Kropachyov, qui veulent privilégier l’érotisme et le pragmatisme sur le fantastique. Pour contrecarrer cette orientation, Mosfilm va donner au vétéran Alexandre Ptouchko le poste de directeur artistique : maitre des effets spéciaux, il dirigera avec un indéniable brio technique les meilleures séquences du film. Le reste de l’équipe compte quelques excellents artistes : ainsi la musique est de Karen Khatchatourian, neveu du grand compositeur, et la photographie bénéficie du talent de Fiodor Provorov et Viktor Pichtchialnikov. La production engage même un conseiller en tradition populaire, N. Matveiev. Le casting brille par l’intensité de son interprétation, surtout celle de Leonid Kouravliov (Khoma) et c’est une gymnase, Natalia Varley, qui finira par remplacer l’actrice qui devait jouer la sorcière. Scrupuleusement conforme au texte de Nicolas Gogol, Vij ou le diable est une œuvre fascinante : bien que la mise en scène soit assez classique et se déroule en grande partie en huis clos, sa tonalité tranche avec tout ce que le cinéma fantastique nous a habitué à voir. Ici, le héros est tout, sauf un personnage plus grand que nature à l’anglo-saxonne : au contraire Khoma est un concentré d’imperfections humaines, tour à tour peureux, veule, alcoolique et digne, en tous points, de ses camarades séminaristes, voleurs et bâfreurs. Le tableau du piètre état moral du clergé et des superstitions qui sévissent dans les populations rurales est implacable. Néanmoins ce qui fait tout le bonheur de découvrir ce film réside dans les séquences à effets spéciaux au redoutable dynamisme et esthétiquement réussies : les mouvements rapides de caméra et quelques trucages rudement efficaces contribuent à la qualité du film. Il faudra surtout apprécier la galerie de créatures fantastiques imaginées par Alexandre Ptouchko qui, même un peu datées, semblent tout droit sorties d’un tableau de Jérôme Bosch et dont la prime revient à Viy, étonnant monstre aux paupières tombant comme des œillères : inénarrable… Tout amateur de fantastique se devra de voir Vij ou le diable et profiter de cette édition Blu-ray qui nous offre la qualité d’une copie HD remarquable. Mais outre le plaisir de voir ce film soviétique qui attira les foules dans son pays, l’autre atout du combo est son magnifique Mediabook cartonné et richement illustré. Les 64 pages rédigées par Nicolas Bonnal offre une analyse pertinente sur le cinéma fantastique, ses codes et ses rapports avec la littérature : passionnant.

 

Blu ray Vij ou le diable

Commentaire technique

Image : copie HD, Master 2K restauré par Mosfilm en 2018, bonne définition, excepté quelques rares images, piqué appréciable malgré un grain argentique non négligeable (tournage en 35 mm, Master Format 2K) et des trucages qui réduisent la netteté des plans composites, très légère instabilité du cadre, image nettoyée de ses défauts, assez bonne gestion des contrastes, en particulier dans les scènes en basse lumière, noirs denses, étalonnage naturaliste, colorimétrie réaliste aux teintes pastel et tons nuancés

Son : mixage russe 1.0 LPCM monophonique (conforme à la version cinéma), dialogues clairs, dynamique impressionnante à la limite de la saturation, très belle mise en valeur de la musique de Karen Khatchatourian, ambiances équilibrées et énergiques pas de souffle, très rares grésillements ; VF LPCM 1.0 monophonique claire, mais nettement moins dynamique que la VO, doublage soigné mais forcément peu naturel avec des voix détachées des ambiances

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rougeetoile grise(3,5/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0062453/

 

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