Le Procès de Julie Richards : un drame implacable et précurseur (en Blu-ray, DVD et VOD)

Blu ray Le Proces de Julie Richards 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

Synopsis

Après son divorce, Julie Cullen s'est installée dans une petite ville des États-Unis où elle mène une vie paisible en compagnie de sa fille. Elle rencontre alors, et épouse, Frank, un employé de bureau noir. Mais le retour de son ex-mari, qui réclame la garde de l'enfant, va faire éclater le couple.

LA SUITE APRÈS LA PUB

• Titre original : One Potato, Two Potato
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1964
• Réalisation : Larry Peerce
• Casting : Barbara Barrie, Bernie Hamilton, Richard Mulligan, Harry Bellaver, Marti Mericka, Robert Earl Jones, Vinnette Carroll, Anthony Spinelli, Faith Burwell, Jack Stamberger, Doris Helsel, Michael Shane
• Durée : 1 h 20 mn 23
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc
• Sous-titrage : français
• Piste sonore : DTS-HD MA 2.0 monophonique anglais
• Bonus : boîtier Digipack avec le Blu-ray et le DVD du film - préface de Jean-Baptiste Thoret (8 mn 27) - Le Procès de Julie Richards revu par Régis Dubois (38 mn 00)
• Éditeur : StudioCanal

Commentaire artistique

Le Procès de Julie Richards, n° 32 de la collection « Make My Day ! » de Jean-Baptiste Thoret, est une production indépendante exceptionnelle de 1964, trois années avant que, le 12 juin 1967, la Cour Suprême des USA ne déclare anticonstitutionnelle l’interdiction du mariage entre afro-américain et blanc. A plus d’un titre ce film rompt avec l’image de l’afro-américain idéal et policé véhiculée par Hollywood (cf. bonus) et surtout incarnée par Sydney Poitier premier acteur noir oscarisé en 1964. C’est le premier film à aborder frontalement le mariage interracial et ses conséquences sociales et psychologiques. Tourné en catimini dans l’Ohio, à Painesville, Le Procès de Julie Richards a été écrit par Raphael Hayes et réalisé par Larry Peerce avec un budget limité et une photographie remarquable en noir et blanc d’Andrew Lazlo. Le film, avec un montage plus long, a été présenté au festival de Cannes qui a décerné à Barbara Barrie la palme d’interprétation féminine, le seul prix remporté par le film. L’actrice dans son premier grand rôle au cinéma incarne Julie Cullen, divorcée avec une fillette Ellen (Marti Mericka excellente), qui épouse Frank Richards (Bernie Hamilton), un employé noir, contre l’avis des parents (Robert Earl Jones et Vinette Carroll) de ce dernier. Outre les thèmes cruciaux du mariage interracial et du métissage qui sont traités directement dans le film alors que le code de censure Hays sévissait encore aux USA, Le Procès de Julie Richards développe aussi la question dramatique du sort de la fillette blanche, victime collatérale du racisme puisque la justice va impitoyablement l’éloigner de sa mère. Développer toutes ces questions en 1964 était un pari courageux. Le film s’aventure sur un terrain complexe et inexploré puisqu’il faudra attendre 1967 pour qu’un autre film, Devine qui vient diner… de Stanley Kramer, aborde le sujet. Toute l’intelligence du scénario et de la mise en scène de Larry Peerce, servie par d’excellents comédiens, est de ne pas avoir versé dans un manichéisme primaire, ce qui rend le drame plus percutant. Aucun des personnages, y compris celui du juge (Harry Bellaver) et celui de Joe Cullen (Richard Mulligan), le père blanc qui veut récupérer sa fille, ne sont schématisés : ils ont tous leur part d’ombre et leurs qualités. Le film est ponctué de nombreuses séquences d’une extrême tension mais traitées toujours avec naturalisme à l’exemple de la sortie du tribunal, du retour du père ou de la séparation, etc. Les malheurs, issus du racisme, des préjugés et de la violence, qui heurtent les divers protagonistes sont d’autant plus profonds que le film dépeint des gens ordinaires dans leur vie quotidienne au sein d’une petite ville en apparence paisible. Le film est structuré en deux parties de tonalités différentes : la première fait dans la romance, en n’excluant pas une certaine poésie (baiser nocturne), la seconde plus âpre est d’une très grande noirceur (drive-in, séparation). Réalisé à l’aube du Nouvel Hollywood, à une époque décisive pour la cause afro-américaine et anti raciale (Martin Luther King, Malcom X, Mohamed Ali, etc.), Le Procès de Julie Richards de Larry Peerce est un film majeur qui mérite d’être apprécié à sa juste valeur : novateur et précurseur, il est, en outre, très bien interprété et efficacement mise en scène. Bref une œuvre incontournable à découvrir.

 

Blu ray Le Proces de Julie Richards

Commentaire technique

Image : copie HD, très bonne définition et excellent piqué sur les détails, grain argentique homogène (tournage avec caméra Mitchell BNCR en 35 mm), image relativement propre, très belle gestion tranchée des contrastes, noirs denses, gris gradués

Son : mixage anglais 2.0 monophonique, dialogues clairs, pas de distorsion, légère saturation, excellent dynamique sur la partition de Gerald Fried, voix et ambiances équilibrées

LA SUITE APRÈS LA PUB

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixage sonore : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile griseetoile grise(3/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0058429/

 

Combo Blu-ray/DVD disponible sur Amazon


Autres articles pouvant vous intéresser sur ON-mag et le reste du web



Suivez nous

icon facebook instagram logo rond twitter logo rond icon youtube

ON Magazine fait partie de Coopetic Medias SIC-SA à capital variable, immatriculée au RC Paris, n° 80457246900018
Informations légales, contacts, rédaction, publicité, cookies, signaler un abus
Powered by Warp Theme Framework