Elephant Man 4K Edition 40e Anniversaire : l’éloge de la compassion (en UHD et Blu-ray)

UHD Elephant Man 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

Synopsis

Un jeune et brillant chirurgien, Treves, rencontre dans le spectacle d'un cirque victorien un homme si hideusement déformé qu'il est condamné à vivre la vie dégradante de phénomène de foire. Il s'agit de John Merrick, connu des publics de cirque dans tout le pays comme « L'homme éléphant ». Bien que Merrick ne puisse être guéri, Treves se bat pour le délivrer de la misère de son environnement, et pour lui donner une vie digne et confortable…

• Titre original : The Elephant Man
• Support testé : UHD
• Genre : biopic, drame
• Année : 1980
• Réalisation : David Lynch
• Casting : Anthony Hopkins, John Hurt, Anne Bancroft, John Gielgud, Freddie Jones, Wendy Hiller, Hannah Gordon, John Standing, Phoebe Nicholls
• Durée : 2 h 03 mn 26
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1 Noir et Blanc (Dolby Vision et HDR 10)
• Sous-titrage : français, allemand
• Pistes sonores sur l’UHD : DTS-HD MA 2.0 stéréo anglais, monophonique français, allemand
• Bonus inédits sur l’UHD et le Blu-ray du film : Questions/réponses avec le producteur Jonathan Sanger (inédit, 24 mn 14) - interview de Frank Connor, photographe (inédit, 25 mn 15)
• Blu-ray de bonus (VOST, idem à l’édition 2009) : interviews de John Hurt (20 mn 14), de David Lynch (24 mn 49) - David Lynch par Mike Figgis (2006, 19 mn 47) - L'air est en feu, interview de David Lynch par Michel Chion à la Fondation Cartier (The Air Is On Fire, 2007, 14 mn 50) - Joseph Merrick : le vrai Elephant Man, reportage de John Morrison (19 mn 59) - The Terrible Elephant Man Revealed (2001, 30 mn 02) - galerie de photographies du tournage
• Éditeur : Studio Canal

Commentaire artistique

« The Elephant Man », de son vrai nom Joseph Merrick, était un jeune homme atteint d’une maladie génétique, le syndrome de Protée, provoquant des déformations affectant divers tissus (conjonctif, épidermique et osseux). Produit un temps comme monstre de foire, il finira par être admis comme résident permanent du Royal London Hospital avec l’appui de la reine Victoria, de son directeur Francis Cullin Carr-Gomm et du docteur Frederick Treves. Cette destinée extraordinaire a fasciné Bernard Pomerance qui la raconta dans une pièce à succès « Elephant Man » créée en 1977 à Broadway et transposée en téléfilm par Jack Hofsiss en 1982. Entre temps, les producteurs Jonathan Sanger et Mel Brooks proposèrent à David Lynch d’adapter la vraie vie de Joseph Merrick. En 1980 son film Elephant Man, qui sera récompensé à Avoriaz et aux César (mais pas aux Oscars), est scénarisé à partir des mémoires du docteur Treves et d’un ouvrage d’Ashley Montagu. Le cas Merrick a par la suite, encore fasciné les médias : le personnage apparaîtra dans plusieurs bande-dessinées, dans le long-métrage From Hell (1991) et dans certains épisodes des séries Ripper Street (saison 2, 2013) et Year of the Rabbit (2019). Contrairement au style singulier dont il avait fait la preuve avec Eraserhead (1977), David Lynch est bien plus sage dans sa réalisation d’Elephant Man qu’il tourne en Scope noir et blanc - un choix adapté pour décrire cette ville embrumée de Londres comme cité victorienne de l’ère industrielle - dans un style inspiré du cinéma expressionniste : seules quelques séquences oniriques rappellent qui est aux commandes. Les éclairages suggestifs et la superbe photographie sont signés Freddie Francis, brillant maestro de la Hammer Films, et la musique délicate a été composée par John Morris. Le maquillage de l’acteur John Hurt, qui a été conçu par Chistopher Tucker, est constitué de prothèses en latex réalisées à partir du moulage post-mortem de la tête de Joseph Merrick. L’évocation de la vie de « John » Merrick est loin d’être exacte : il n’a jamais été un monstre forain battu par un impresario ivrogne, il avait beaucoup de mal à s’exprimer, il n’a pas été exploité par un quelconque employé de l’hôpital, etc. Le film a sur-dramatisé les faits et David Lynch n’a pas caché qu’il a voulu surtout décrire la fracture sociale de la société victorienne. Mais la réussite de son film, outre la qualité de la reconstitution (décors et costumes) tient dans sa dimension humaniste avec le portrait nuancé et sensible de Joseph Merrick : derrière l’anormalité, qui s’estompe très vite avec la reconnaissance médicale et sociale, c’est la stigmatisation de l’étranger qui est dénoncée et les vrais monstres ne sont pas ceux qu’on croit comme le suggère, fort judicieusement, Alexandre Prouvèze dans « Tous des monstres », un livret fort documenté destiné aux spectateurs en salles mais disponible gratuitement sur le Vidéo Club de Carlotta Films (cf. lien ci-dessous). Splendidement restaurée en 4K, la nouvelle édition steelbook d’Elephant Man, qui a perdu au passage le livret de la version blu-ray 2009 (texte de Tom Huddleston), est visuellement incomparable et toujours aussi poignante émotionnellement. Indispensable.

 

UHD Elephant Man

Commentaire technique

Nouvelle restauration 4K réalisée pour Studio Canal par L’Immagine Ritrovata sous la supervision de David Lynch avec étalonnage effectué chez Fotokem Los Angeles : le négatif caméra original a été scanné en 4K HDR et restauré en HDR 16 bits : le choix de la HDR s’est imposé pour retrouver le style d’origine du film 35 mm

Image : copie UHD, définition impressionnante, piqué chirurgical sur les détails, restitution irréprochable des textures, meilleur respect du cadre 2,35/1, compression sans faille (fumées), superbe gestion des contrastes grâce à la HDR qui fait merveille dans les scènes aux éclairages complexes, les noirs sont profonds, les blancs nuancés, la gamme de gris bien équilibrée

Son : mixage anglais 2.0 dans le respect de l’original (film mixé en Dolby Stéréo au cinéma mais rarement projeté dans ce format !), le remix 5.1 a été écarté, les dialogues sont clairs, les ambiances - travaillées par Alan Splet - possèdent une spatialisation étonnement immersives avec si peu de canaux (cf., scène d’ouverture), la scène sonore se révèle plutôt ouverte et spectaculaire ; VF 2.0 monophonique forcément moins ample, voix plus artificielles, moins bien intégrées et au niveau extrêmement limité, à oublier

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0080678/
Livret d’Alexandre Prouvèze : https://levideoclub.carlottafilms.com/blog/voyage-a-travers-le-cinema/elephant-man-tous-des-monstres.html

 

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