La Ronde & Lola Montès : deux films phares de Max Ophuls en HD (en Blu-ray et DVD)

Blu ray La Ronde Lola Montes 00

Note artistique globale : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Synopsis

La Ronde : À Vienne, un narrateur, le « meneur de jeu », présente un série d'histoires tournant autour de rencontres amoureuses ou galantes. Ainsi va la ronde, passant de la fille de joie au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de bonne famille, et ainsi de suite jusqu'à ce que le cercle soit bouclé…

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Lola Montès : à La Nouvelle-Orléans, sous un chapiteau géant, le public est venu nombreux découvrir la nouvelle sensation du moment : la sulfureuse Lola Montès, jadis danseuse et femme galante ayant eu pour amants Franz Liszt et Louis 1er de Bavière. Celle qui fut adulée à travers le monde est désormais donnée en pâture aux spectateurs et condamnée à revivre chaque soir les moments forts de sa tumultueuse existence, mis en scène par la troupe…

• Titre original : La Ronde - Lola Montès
• Support testé : Blu-ray
• Genre : drame
• Année : 1950 - 1955
• Réalisation : Max Ophuls
• Casting : (1) Anton Walbrook, Simone Signoret, Serge Reggiani, Simone Simon, Daniel Gélin, Danielle Darrieux, Fernand Gravey, Odette Joyeux, Jean-Louis Barrault, Isa Miranda, Gérard Philipe (2) Martine Carol, Peter Ustinov, Anton Walbrook, Henri Guisol, Lise Delamare, Oscar Werner, Paulette Dubost,Ivan Desny
• Durée : 1 h 32 mn 48 - 1 h 55 mn 15
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,37/1 Noir et Blanc (1) - 2,55/1 (2)
• Sous-titrage : (1) français (2) aucun
• Pistes sonores : (1) DTS-HD MA 1.0 monophonique français (2) DTS-HD MA 3.0 et 2.0 français
• Bonus : (1) bande annonce 2017 (1 mn 31) (2) essais de coiffures de Martine Carol (0 mn 59) - bande annonce (5 mn 26)
• Éditeur : Carlotta Films

Commentaire artistique

La Ronde Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

C’est à son retour des USA, où il venait de réaliser un « drame romantique » remarquable Lettre d’une inconnue (1948), que Max Ophuls dirige La Ronde (1950) adapté la pièce à scandale, « Reigen » (1897), d’Arthur Schnitzler jugée « pornographique ». Elle ne pourra être montée sur scène qu’en 1920 après triomphé de deux procès pour immoralité et sera adaptée, la même année, au cinéma par Richard Oswald. Dans le film de Max Ophuls (1950) un protagoniste inédit sorte de meneur de jeu interprété par Anton Walbrook, enchaîne - sur l’air des valses d’Oscar Strauss - dix histoires de rencontres galantes qui font intervenir autant de personnages au caractère très typé (prostitué, femme de chambre, grisette, poète, comte, etc.). Sur le principe de la narration morcelée du film à sketches, tout le gratin des actrices et des acteurs de l’époque (Gérard Philipe, Simone Signoret, Danielle Darrieux, Serge Reggiani…) incarne les divers états de l’amour physique qui semble dominer la relation amoureuse au détriment de la pureté du sentiment. D’un récit à l’autre, panorama désillusionné de la primauté charnelle, les personnages, issus de toutes les couches sociales, servent de liant narratif pour constituer en fin de compte une ronde infinie sur l’impossibilité de la relation amoureuse. Avec tout le talent qu’on lui connaît, Max Ophuls fait de La Ronde un éblouissant spectacle interprété avec grâce par une pléiade d’excellents comédiens et mis en scène avec la virtuosité habituelle du cinéaste. Entièrement tourné en studio dans les décors suggestifs de Jean d’Eaubonne, le film est éclairé et photographié par Chistian Matras qui donne à la caméra la fluidité nécessaire à l’élégance coutumière du cinéma de Max Ophuls. Car le mouvement est la caractéristique première de La Ronde, avec son manège métaphorique, qui emporte tous ces amants éphémères dans un tourbillon vertigineux appuyé par des travellings à 360° mémorables. Tombeau de l’illusion amoureuse, la ronde des plaisirs charnels n’est construite que sur l’insatisfaction et la déception. Ce tableau cruel et sophistiqué, savamment mis en abyme avec son narrateur qui censure les images dans une séquence narquoise, connaîtra un réel succès à sa sortie. Vertige de l’amour… un chef-d’œuvre !

Lola Montès Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

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Le film s’inspire d’une biographie supposée de Cécil Saint-Laurent (qui ne paraîtra qu’en 1972 !) de la vraie Lola Montez, une danseuse exotique et actrice, née en Irlande, courtisane collectionnant les amants célèbres (Franz Liszt, Alexandre Dumas fils) et devenue la maîtresse du roi Louis 1er de Bavière. Le projet du film Lola Montès est annoncé en 1954 avec Max Ophuls comme réalisateur et Martine Carol comme vedette. Conçu comme un grand film en costumes et en couleurs dont le format CinemaScope (alors à peine utilisé en France avec trois films en 1954) est imposé au cinéaste qui, habitué des images plus intimistes, est réticent au procédé. La structure de l’histoire approuvée par Max Ophuls est de raconter l’ascension de la courtisane sous forme de flash-backs introduits par un numéro de cirque/Music-Hall dans lequel un écuyer narrateur (Peter Ustinov) raconte la vie de Lola Montès qui incarne sa propre existence sur la scène. Le film est tourné en France au studio de Joinville, en Provence, à la Victorine, puis en Allemagne avec de sévères contraintes : tournage simultané en trois langues (français, allemand, anglais), choix du réalisateur de sous-exploiter le format Scope (il centre ses personnages et utilisent des volets en tissu qui ferment l’image) et une prise de son mal maîtrisée en stéréophonie 4 pistes. Ce sera le film le plus onéreux des années 50 mais alors que la publicité insiste sur l’aspect superproduction et l’éventualité de scènes légères avec Martine Carol (comme dans les Caroline chérie), rien de tel n’est écrit : à sa sortie le public déçu lui réservera un accueil glacial. Car Lola Montès n’est pas un film épique mais un film d’auteur cherchant à briser les règles du genre. Avec un cadrage étroit malgré le format large, une stéréophonie centrée, des couleurs aux tons trop saturés (scène de l'auberge pour laquelle le cinéaste fait repeindre la route), la mise en scène est unique avec ses mouvements de caméra, son mixage hypertrophié et sa structure non narrative déconcertante. Lola Montès est distribué en français et allemand, puis remonté avec un mixage dans une seule langue et en monophonie, puis une troisième version, réduite de 23 minutes, montée sans Max Ophuls, massacre le film et son négatif original ! Ce n’est qu’en 2008 que la version initiale est enfin rétablie avec une piste multilingue, une image restaurée aux couleurs restituées, un format 2,55/1 respecté et un remixage sur trois pistes sonores (selon le souhait de Max Ophuls qui excluait l’usage du canal d’ambiance). Grâce à la restauration de Lola Montès, il est désormais aisé de profiter de ce film très personnel et ambitieux aux innombrables innovations structurelles et visuelles en dépit de quelques maladresses (Martine Carol jouant les ados) et une interprétation inégale, excepté la formidable prestation de Peter Ustinov. Lola Montès, qui déclencha une violente bataille critique à sa sortie, est à la mesure du talent de son auteur dont ce sera l’ultime long-métrage : l’admirable évocation d’une femme sensible brisée par la société du spectacle dans laquelle elle s’épanouissait et sa vaine recherche de l’amour véritable. Cette nouvelle édition se contente de reprendre le même Master utilisé pour le blu-ray sorti chez Gaumont en 2013 (qui n’a plus les droits sur ce film), tout en excluant, hélas, les suppléments copieux et passionnants incluant, entre autre, une présentation par Marcel Ophuls, le fils du cinéaste. Dommage.

 

Blu ray La Ronde Lola Montes

Commentaire technique

La Ronde

Une restauration et numérisation 4K avec le soutien du CNC. Moyens techniques Hiventy
Le négatif original nitrate et un marron nitrate ont été scannés en immersion. Le négatif original incomplet (bobines 1, 6 et 11) a été complété par le marron. L'étalonnage numérique, basé sur une copie 35mm d'époque, a permis de rééquilibrer les sources différentes (grain et échelle des gris). Les bobines manquantes (1, 6-9) du négatif son nitrate original ont été complétées avec le son d'une copie positive de sécurité.

Image : copie HD, nouvelle restauration 4K, belle définition avec un léger grain argentique, image propre, bon contraste pas toujours tranché, noirs profonds, échelle des gris homogène
Son : mixage monophonique 2.0 clair, pas de distorsion, bonne dynamique, pas de souffle

Lola Montès

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Le film a été restauré en 2K par la Cinémathèque française en collaboration avec Les Films du Jeudi, Les Films de la Pléiade et Marcel Ophuls, la Fondation Thomson pour le patrimoine du cinéma et de la télévision, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain, grâce au mécénat de L’Oréal et agnès b.
Le film a été modifié en 1955 et 1956 : coupes, dialogues allemands doublés en français, remixage son, remontage dans un ordre chronologique. En 1968 le producteur Pierre Braunberger rachète les droits et reconstitue une version proche de l’originale. En 2008 la Cinémathèque propose une version restaurée respectant les choix techniques (couleurs, son stéréo et format 2,55/1) du réalisateur

Image : copie HD, restauration 2K de 2008, assez belle définition quoique l’image soit parfois diffuse, grain argentique, bon contraste, étalonnage chatoyant, couleurs chaudes, palette éclatante, tons saturés, image sans défaut
Son : mixage français 3.0, dialogues clairs, belle dynamique générale, spatialisation frontale très limitée, pas de réel effet d’espace sonore, belle mise en valeur de la musique exaltante de Georges Auric

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)
Bonus : etoile rougeetoile griseetoile griseetoile griseetoile grise(1/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb
La Ronde : https://www.imdb.com/title/tt0042906/
Lola Montès : https://www.imdb.com/title/tt0048308/

 

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