Coffret Carl Theodor Dreyer : exceptionnel (en blu-ray)

Blu ray Dies Irae 07

Note artistique globale : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Synopsis

Ce coffret pour cinéphiles réunit quelques-uns des grands films dont plusieurs chefs-d’œuvre réalisés par le cinéaste danois Carl Theodore Dreyer. Maître incontesté du 7e Art, réputé pour sa méticulosité, il ne dirigera, hélas, qu’une quinzaine de films dont une mémorable passion de Jeanne d’Arc.

Le Maître du logis : la femme d'un père de famille tyrannique qui l'exploite finit par quitter la maison pour se reposer à la campagne…

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Vampyr : David Gray, un jeune homme fasciné par l'occulte, se rend par hasard dans un petit village où les phénomènes étranges se multiplient et où un vieil homme demande à David de protéger ses deux filles menacées par un vampire…

Jour de colère (Dies irae) : le vieux pasteur Absalon a épousé de force la jeune Anna, sans doute pour protéger celle-ci d'une accusation de sorcellerie. Lorsque Martin, le fils d'Absalon revient chez son père, il tombe éperdument amoureux d'Anna…

Ordet (La Parole) : Morten Borgen vit avec ses trois fils, Mikkel, l'aîné, est marié à Inger, qui attend leur troisième enfant. Anders, le benjamin, est amoureux d'Anne, la fille du tailleur, et désire l'épouser. Mais ce dernier s'oppose à leur union, car la famille Borgen n'est pas de la même confession que la sienne…

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Gertrud : Gertrud, ancienne chanteuse connue quitte son mari car celui-ci est plus intéressé par sa carrière politique que par elle…

• Titre français : Le Maître du logis - Vampyr - Jour de colère (Dies Irae) - Ordet (La Parole) - Gertrud
• Titre original : Du skal aere din hustru - Vampyr - Vredens dag - Ordet - Gertrud
• Support testé : blu-ray
• Genre : drame, horreur, fantastique
• Année : 1925, 1932, 1943, 1955, 1964
• Réalisation : Carl Theodor Dreyer
• Casting : (1) Johannes Meyer, Astrid Holm, Karin Nellemose, Mathilde Nielsen (2) Julian West, Maurice Schutz, Rena Mandel, Sybille Schmitz (3) Thorkild Roose, Lisbeth Movin, Sigrid Neiiendam (4) Preben Lerdorff Rye, Henrik Malberg, Emil Hass Christensen (5) Nina Pens Rode, Bendt Rothe, Ebbe Rode, Baard Owe, Axel Strøbye
• Durée : 1 h 51 mn 30 - 1 h 10 mn 19 - 1 h 37 mn 37 - 2 h 04 mn 42 - 1 h 56 mn 44
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 1,33/1 noir et blanc (1, 3, 4) - 1,19/1 noir et blanc (2) - 1,66/1 noir et blanc (5)
• Sous-titrage : français
• Pistes sonores : DTS-HD MA 2.0 monophonique danois sauf , muet avec accompagnement au piano
• Bonus : analyse de chaque film par Patrick Zeyen (2005, 7 mn 10, 16 mn 13, 19 mn 29, 17 mn 47, 14 mn 10, réalisation Philippe Truffault) (2) images censurées (5 mn 57), Carl Th. Dreyer parle de son film (4 mn 47), entretien avec Arnaud des Pallières (19 mn 06) (3) Carl Th. Dreyer parle de son film (2 mn 44) - entretien avec Gaspar Noé (10 mn 19) (4) Carl Th. Dreyer parle de son film (2 mn 21) - entretien avec Olivier Assayas (13 mn 18) - cinéaste de notre temps : Carl Th. Dreyer par Eric Rohmer (60 mn 46) (5) Carl Th. Dreyer parle de son film (0 mn 47) - entretien avec Arnaud Desplechin (17 mn 39)
• Éditeur : Potemkine et MK2

Commentaire artistique

Le Maître du logis Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Carl Th. Dreyer entra au studio Nordisk Film en 1912 où il devint réalisateur de films muets à partir de 1918. En 1925 il dirige son premier grand film Le Maître du logis (« Tu honoreras ton épouse » selon le titre original) inspiré d’une pièce de théâtre et de souvenirs désagréables de son enfance adoptée. Ce mélodrame permet au cinéaste d’aborder un thème qui lui sera cher, la description au scalpel de la psychologie humaine ici symbolisée par le maitre autoritaire, son épouse soumise et sa servante tyrannique. Cette analyse du couple et des rapports contrastés, voire moqueurs, entre un maître et sa servante autorise le cinéaste à célébrer l’affection conjugale comme garant de la cellule familiale. Ce film fascine par la qualité de sa mise en scène profondément picturale avec son attention accordée aux gros plans de visage expressif (servi par une interprétation remarquable) et ses jeux savants d’éclairage. Pour s’en convaincre, il suffira d’étudier comment le cinéaste cadre ses personnages dans leur environnement. Le succès du film permettra au réalisateur invité en France d’y réaliser son chef-d’œuvre du muet sur Jeanne d’Arc.

Vampyr Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

Ce premier film parlant, une avancée technique qui ne perturba pas Carl Th. Dreyer qui appliqua aussi des pratiques du muet (intertitres), fut commandé par le baron Nicolas de Gunzburg qui interprète sous un nom de scène Allan Gray, le héros du récit. L’intrigue est inspirée de nouvelles de Sheridan Le Fanu et constitue le troisième grand film des années 30 consacré au vampirisme après Nosferatu le vampire (1922) et Dracula (1931). Tourné en France, ce superbe poème visuel est un film énigmatique d’atmosphère, pratiquement sans dialogue et joué par des acteurs non professionnels. Délaissant l’épouvante liée au genre, Vampyr relève plutôt du songe plus ou moins éveillé, le cinéaste désirant insister sur l’aspect surnaturel par un recourt étonnant aux possibilités d’effets spéciaux qui font douter de la « réalité » des images. Ainsi la photo sans contraste, suite à un jeu de lumière imprévu sur les rushes (cf., bonus), la suggestion des ombres portées et un défilement inversé accroissent l’onirisme d’une œuvre aux audaces visuelles incontestables. L’image du faucheur symbolisant la mort et celle de l’enterrement vécu par le vampire sont d’inoubliables séquences cinématographiques. L’échec commercial du film qui décontenança les spectateurs contraindra Carl Th. Dreyer à patienter onze années pour réaliser son film suivant.

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Jour de colère (Dies Irae) Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Onze ans après Vampyr, Carl Th. Dreyer peut enfin diriger un nouveau film, Jour de Colère, l’un de ses chefs-d’œuvre adapté d’une pièce de théâtre de Hans Wiers-Jennsen. Le film invite à découvrir, sur un rythme contemplatif, un amour impossible dans un Danemark obscurantiste où la sorcellerie et la religion pesaient impitoyablement sur les destins humains. L’esthétique picturale ébauchée dans Le Maître du logis est ici portée à son apogée même si, selon le réalisateur (cf., bonus), il ne s’agissait pas pour ce film situé au XVIIe siècle de copier les tableaux de Rembrandt mais de s’en inspirer par une magnifique combinaison de volumes (portraits, vêtements, architectures) et d’éclairages. Le film baigne dans un clair-obscur où la beauté des visages tranche avec la sévérité des vêtements et les ombres des demeures : la sublime photographie de Karl Andersson oppose les paysages lumineux qui nimbent les amoureux et les tourments familiaux qui se tapissent dans les ténèbres. Lisbeth Movin, étrange et fascinante beauté, a su traduire avec sobriété toutes les subtilités de ces temps mystiques. Austère et plastiquement époustouflant.

Ordet (La Parole) Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge(5/5)

Dix ans après Jour de colère, le cinéaste adapte le drame théâtral de Kaj Munk dans son film Ordet, une réflexion profonde sur la foi. Le personnage christique Johannes au centre du récit sert de prétexte pour aborder les notions de spiritualité, de sainteté, d’incrédulité et de fanatisme religieux. Lion d’Or à Venise, ce pur chef-d’œuvre mérite d’être apprécié pour sa forme, magnifiquement théâtralisée et épurée sans une ligne de dialogue superflue, et pour son contenu manifestement mystique, avec l’évocation du retour du Christ, de ses miracles et du mystère de la foi. Le réalisateur, loin de diriger un conte édifiant, préfère lui donner une vraie substance en filmant des décors réels magnifiquement cadrés par Henning Bendtsen comme un documentaire sublimé. Cependant en insufflant à son film ce rythme contemplatif expérimenté dans Jour de colère, la représentation se stylise en se déconnectant de la trivialité de la réalité et permet au spectateur, croyant ou athée, d’accepter sa conclusion poignante et inattendue.

Gertrud Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile demi rouge(4,5/5)

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Décrié à sa sortie pour sa forme apprêtée, Gertrud, ultime opus de Carl Th. Dreyer, adapte avec de nombreuses modifications une pièce de théâtre de Hjalmar Söderberg. Désormais considéré comme autre chef-d’œuvre, ce film, célèbre le triomphe de la désillusion. Il dépeint le portrait d’une femme amoureuse dont la passion est anéantie par les hommes qui l’entourent et qui ne répondent pas à son idéal, la contraignant à des choix drastiques mais qui, dans l’épilogue ajouté par le réalisateur, semble résignée à ces déconvenues. Le jeu des acteurs, le montage ciselé, la sublime photographie visent la perfection. Carl Th. Dreyer souhaitait « purifier » sa réalisation : les mouvements de caméra, la continuité dans les plans, la précision des dialogues résultent des constantes améliorations de cette œuvre aboutie, un modèle du genre qui déplut au public et à la critique de l’époque qui ne goûtèrent guère à cette esthétique de studio appliquée à une classique histoire de triangle amoureux. Le choix du plan-séquence remplaçant les fameux gros plans, le jeu très intériorisé des acteurs, l’austérité du cadre à l’éclairage suggestif, le mixage sonore minimaliste peuvent déconcerter mais ces parti-pris finissent par convaincre de leur bienfondé. Gertrud, subtilement interprétée par Nina Pens Rode, est à l’évidence une femme décidée qui avait une trop haute idée de l’amour. Une quête d’absolu exceptionnelle et sans âge.

Blu ray coffret dreyer

Commentaire technique

Copies HD restaurées.

Le Maître du logis : copie bien définie, léger grain, quelques légers défauts, bon contraste, noirs francs, gris équilibrés : excellent mixage musical au piano très dynamique sans distorsion ni souffle
Vampyr : copie assez précise, manque de contraste, variation de densité, défauts de pellicule ; mixage monophonique danois daté aux aigus limités, léger souffle
Jour de colère (Dies Irae) : copie précise, quelques rayures, contraste élevé, noirs denses, gamme de gris homogène ; mixage monophonique danois clair, léger souffle, pas de distorsion
Ordet (La Parole) : copie très bien définie, variation de contraste, gris équilibrés, noirs denses ; mixage monophonique danois clair avec un léger bruit de fond
Gertrud : excellente définition, copié très détaillée, noirs francs, blancs nuancés, gris homogènes, léger grain ; mixage monophonique danois clair et exempt de souffle

Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleueetoile grise(3,5/5)

IMDb :
Le Maître du logis : http://www.imdb.com/title/tt0015768/
Vampyr : http://www.imdb.com/title/tt0023649/
Jour de colère (Dies Irae) : http://www.imdb.com/title/tt0036506/
Ordet (La Parole) : http://www.imdb.com/title/tt0048452/
Gertrud : http://www.imdb.com/title/tt0058138/

 

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