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Test amplificateur Ayon Scorpio : l’ampli aux deux visages

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Après les amplificateurs Hifi de la gamme Orion (II et III), voici venir le temps de la série Scorpio qui se décline en version « intégré » ou en blocs monophoniques. Cette nouvelle référence chez le fabricant autrichien Ayon est en quelque sorte la version ultime d’un amplificateur à tubes qui avait déjà fait beaucoup d’adeptes. Plus simple, le port USB ayant été purement et simplement retiré, d’autres secteurs de cet amplificateur ont subi des optimisations significatives avec comme objectif une plus grande musicalité.

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La société autrichienne Ayon est, somme toute, une toute jeune puisque sa création remonte au début des années 2000. A sa tête, un grand connaisseur des tubes, Gerhard Hirt, qui sur le site de la marque explique ses choix pour cette technologie d’amplification. Pour lui, les circuits à tubes sont supérieurs car ils sont en général beaucoup plus simples et utilisent de fait moins de composants. Le son sera moins dégradé avec des schémas plus simples et la fiabilité bien supérieure. D’autre part, et face aux grandes oscillations de la musique et à la réponse que les amplificateurs doivent fournir habituellement, il affirme que les distorsions des amplificateurs de ce type sont significativement moins agressives (distorsions harmoniques paires) que leurs frères à transistors. Toujours sur le site de la marque, nous pouvons y lire que, pour eux, les amplificateurs à tubes nécessitent moins de contre-réaction, ce qui a tendance à les rendre plus réactifs et d’une rapidité supérieure.

Mais tout cela cache en réalité une véritable passion pour les tubes. Gérard Hirt ne se contente pas d’utiliser des modèles déjà vendus dans le commerce, tant pour les étages de puissance que pour ceux d’entrée et les drivers, il n’hésite pas à créer ses propres triodes dans leur usine en République Tchèque. Ainsi des modèles tels que les 62B et 82B, tous basés sur les fameux 300B, sortent des ateliers Ayon, pour un rendu optimal de leurs électroniques haut de gamme. Concernant les KT88 dont est équipé notre Scorpio comme d’ailleurs les KT150 des modèles supérieurs, tous ces tubes de puissance sont le fruit d’une collaboration fructueuse avec le fabricant chinois Shuguang qui les fabrique pour Ayon suivant un cahier des charges bien précis. Raison pour laquelle, ces tubes sont tous estampillés Ayon, dans un beau rouge propre à la marque. Bravo pour cette démarche de puriste : les amateurs de tubes apprécieront, nous en sommes persuadés.

Ayon scorpio2

Un ampli au look "essentiel"

Faire le tour du Scorpio est rapide, en faire l’éloge du design est une autre affaire. Il semble taillé dans du métal brut et rien n’est fait pour séduire l’œil manifestement. Cependant ce châssis, d’un noir profond, est bâti en aluminium anodisé de forte épaisseur, un matériau choisi pour ses propriétés anti-vibratoires et non-magnétiques, il est totalement assemblé à la main chez Ayon. La face avant est tout aussi sobre pour ne pas dire « rustique ». Elle ne compte qu’un potentiomètre de volume et le sélecteur de source, la télécommande ne reprendra que le contrôle du premier bouton, pas l’autre. Une rangée de led sont placées à la droite du sélecteur de source, elle indique également si la fonction Mute est enclenchée et si l’appareil fonctionne en mode triode ou pentode. Nous allons revenir sur ce point plus loin. L’arrière est du même tonneau. On y aperçoit les 5 paires de RCA pour les entrées haut niveau, le double bornier enceinte avec des prises dorées à l’or, le commutateur qui commandera le mode de fonctionnement de l’appareil dont nous venons juste d’en énoncer le principe : pentode ou triode. Cette manipulation est à faire une fois l’ampli éteint. Juste à côté, nous voyons un petit trou marqué Bias-Setup qui surmonte une petite fenêtre.

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Sur le dessus de l’appareil, trois énormes cylindres occupent une bonne partie de cette surface. Il s’agit des deux transformateurs de sortie et celui de l’alimentation. Le poids de l’appareil s’explique par la présence de ces trois « tours ». Interrogés, les ingénieurs de chez Ayon nous ont précisés qu’il s’agissait de transformateurs type EI, tous sont plongés dans un mélange particulier à base d’époxy. Pour eux, c’est la meilleure matière pour amortir et empêcher toutes vibrations parasites, cette technique rendant le son bien meilleur. Il offre en plus une excellente isolation des interférences RFI/EMI plus particulièrement pour celui dédié à l’alimentation générale un transformateur qui produit des tensions parfaitement séparées et isolées aux différents étages de puissance. Le courant est, lui-même filtré en amont. Et nous en arrivons aux tubes : pièces maîtresses aux côtés de ces trois transformateurs.

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Lorsque nous sortons l’appareil de son emballage, nous avons aussi en main 7 tubes (1 pour le gain en entrée, deux drivers et 4 KT88 sur lesquels le nom Ayon apparaît. La raison de la présence du nom de la marque s’explique par le fait que ces KT88 sont fabriqués sous la direction de Gerhard Hirt par l’usine chinoise Shugaung qui a dû suivre les recommandations de ce « fou » des tubes comme nous a expliqué des ingénieurs de chez Ayon. Basés sur les fameux modèles Black Treasure Shuguang, nous avons pu lire dans un article paru sur le Web que ces tubes verraient leur enveloppe en verre recouverte de particules de carbone (Shuguang parle d'un alliage de polymère) afin de mieux concentrer les électrons dans l’anode. Un autre matériau serait aussi utilisé : Super Alloy, qui aiderait à maintenir les paramètres électriques des tubes pour une plus grande longévité. Ayon a porté également une attention particulière aux socles de ces tubes qui sont traités au beryllium avec des contacts en cuivre très pur. Des socles fabriqués par Ayon d’ailleurs.

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Les trois autres doubles triodes 12AU7 ou ECC82 (déphaseur et gain) sont de la même origine et donc fabriqués par le chinois Shugaung. Et c’est là qu’intervient le Bias-Setup. Effectivement et contrairement à beaucoup d’autres électroniques à tubes, l’utilisateur n’a aucune possibilité de régler le courant (appelé Bias) qui traverse les tubes au repos si ce n’est via  le petit bouton-poussoir du Scorpio qui se trouve à l’arrière. Une fois enclenché et l’ampli allumé, un réglage de Bias automatique va s’enclencher, l’opération durant une dizaine de minutes. Dans la petite fenêtre, une suite de chiffres apparait, elle indique les différents courants appliqués aux tubes comme si un tube était défaillant.

Un intérieur bien rempli et bien conçu

Une fois la plaque du dessous retirée, le Scorpio montre ses entrailles. Malgré un câblage apparent assez conséquent, Ayon a minimisé celui dans lequel les signaux audio sont transportés. Tout le reste est dû aux différents systèmes de protection des tubes et au Bias automatique de l’appareil. Deux transformateurs sont placés au plus près de la prise secteur. Le petit sert au filtrage du secteur tandis que l’autre, plus gros, alimente de façon indépendante (5V) le circuit de contrôle des tubes, l’auto-bias, le système de conversion triode/pentode comme les Leds et le logo Ayon qui s’allume dès la mise sous tension de l’appareil. Il clignote jusqu’à ce que toute l’électronique sera stabilisée et les tubes en état de parfaitement fonctionner. Comme nous l’avons déjà énoncé, le Scorpio peut fonctionner dans les deux modes triode et pentode. Dans le premier cas, il développe 2 x 30 watts, dans le second sa puissance grimpe jusqu’à 2 x 45 watts toujours à partir d’un montage push-pull de 4 KT88. Le mode triode du Scorpio  permettra à l’utilisateur de s’approcher de près de la fameuse musicalité des montages Classa A Single Ended (1 seul tube pas canal) que propose les bien connues 300B, 845 et autre mais avec une puissance plus importante. Alors que ces montages ne dépassent pas les 20W, notre appareil d’aujourd’hui offre une trentaine de watts par canal, ce qui peut s’avérer suffisant dans bien des cas. Et si notre utilisateur a besoin de plus de puissance face à des enceintes plus gourmandes, le mode pentode va booster l’écoute de 15 watts par canal supplémentaire. C’est un compromis plutôt acceptable capable de contenter bien des mélomanes.

Par rapport à l’Orion que remplace notre Scorpio, Ayon a fait des choix de simplification comme de retirer le port USB de ce premier modèle. Les ingénieurs ont apporté des optimisations au niveau des transformateurs tant pour celui de l’alimentation que des sorties comme des étages d’entrées. Ils ont tout simplement cherché à créer un ampli qui sonne mieux, peut-on leur en vouloir : pas vraiment.

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Écoute : triode ou pentode ; au choix

Alors cette capacité de travailler en mode pentode ou triode Classe A est fort sympathique pour l’utilisateur final, mais pour le testeur il en est autrement : comment et sous quel mode écouter et juger cet amplificateur à tubes ? En effet, pour avoir au début de son séjour au sein de notre système, un rapide essai des deux types d’amplifications, la différence entre eux n’est pas un simple effet de mode, bien au contraire. Autant en configuration triode, le Scorpio nous a emballé et subjugué par la transparence, la clarté, la précision notamment dans le haut du spectre qui s’est enrichi d’une lumière que nous ne rencontrons que trop rarement avec des amplificateurs à tubes, autant le mode pentode a lui aussi ses avantages. Plus majestueux, plus puissant, il sait envelopper les notes d’une aura tout en proposant une scène sonore que domine la profondeur et le détourage. En mesure de produitre un bas du spectre avec plus d’emphase et de niveau, le Scorpio en mode pentode est séduisant par sa force tranquille alors qu’en triode, il viendra vous chatouiller les oreilles par un côté nuancé qui est le fruit d’un très haut pouvoir d’analyse du message sonore. Que voilà un beau dilemme pour parler du même ampli. Nous avons donc pris la décision de comparer les mêmes sources sonores suivant les deux modes de fonctionnement de l’appareil.

Allez c’est le mode pentode qui commence (il en faut bien un). Sur le disque de Rogers Waters Amused To Death, une certaine douceur habille la restitution. Le haut du spectre est légèrement lissé, avec un équilibre descendant, mais qui n’en oublie pas d’être piqué. Ce disque qui fourmille de mille petits bruits passe admirablement bien. Les notes basses, le bruit du tonnerre qui gronde en arrière-plan du morceau Perfect Sense prennent avec le Scorpio une réelle consistance. La voix de Roger Waters se plante entre les enceintes avec un contour magnifique, une image en 3 D se dessine devant nous. Les congas rythment ce morceau avec discrétion, mais cependant on perçoit bien leur présence et leur tonalité. En mode pentode, le Scorpio matérialise beaucoup la restitution. Il donne de l’épaisseur au son, sans oublier d’être dynamique et puissant.

Sur le deuxième acte de la Traviata de Verdi chanté par Montserrat Caballé et Carlo Bergonzi, nous sommes emballés par, tout d’abord, les timbres chaudement enveloppés et la profondeur de la scène sonore. La musique coule de source nous montrant une belle cohérence des timbres nous prouvant que le registre médium est particulièrement travaillé et précis. Nous sommes à l’opposé d’une écoute décharnée et sèche, bien au contraire. Et c’est là que nous allons passer en mode triode pour juger les apports de cette Classe A sur nos morceaux écoutés

La Traviata Caballé 

Dès les premières notes de la Traviata, le son s’éclairci d’une façon assez hallucinante. La voix de Montserrat Caballé se pare une aura de clarté bien supérieure, cela la rend encore plus expressive et nuancée. Toutes ses intonations et jeu de voix sont nettement plus perceptibles, elle est beaucoup plus vivante comme toutes les autres chanteurs de cet enregistrement. Alors si les timbres bénéficient de plus de lumière, c’est également tout l’orchestre qui est plus lisible. Le positionnement de chaque interprète est bien plus précis mais avec une mise en relief encore bien plus réaliste.

Roger Waters Amused to Death

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Reprenant le disque de Rogers Waters Amused to Death, nous parvenons à entendre des sonorités, qui certes étaient perceptibles en mode pentode, mais là qui prennent une autre forme de vie. C’est particulièrement perceptible et flagrant sur le morceau Late Home Tonigh, le chant des oiseaux en arrière-plan est nettement plus localisable dans l’espace. Le grave a, de son côté, énormément gagné en puissance et en tenue. Il va chatouiller les notes les plus basses avec un net gain en précision. Les timbres se sont éclaircis comme si nous avions retiré un voile entre nous et les enceintes. Rarement nous avions entendu une telle transparence, une telle précision dans le haut du spectre de la part d’un ampli à tubes sans pour autant manquer de niveau et de punch. C’est finement ciselé sans en oublier de doter le son d’une belle matière. Le morceau se finit par une sorte d’explosion avec des bruits de verre, et là cet ampli nous démontre encore une fois ses capacités de dynamique. Il tient bon, et sait rester extrêmement défini sur ce court mais virulent passage. On se régale également avec le tout dernier  London Grammar Thruth Is a Beautifull Thing (24/44.1 KHz), la voix d’Hanna Reid est d’une rare sensualité. Le haut du spectre nous montre une large palette de couleurs et de contraste sans pour autant retirer l’âme de ce second album à caractère plus mélancolique. Le grattement du médiator de Dan Rothman sur les cordes de sa guitare a plus de véracité tant dans le rythme que dans les vibrations qu’il inflige aux cordes de cet instrument. C’est beau, touchant, émouvant : c’est un ampli aux caractères bien trempés

Conclusion

Voilà le temps difficile de l’appréciation générale comme de la notation. Il faut conserver à l'esprit que chez On Mag, tout compte dans notre classement : design, fabrication, équipement, ergonomie et son. Sur les quatre premiers critères, ce n’est pas gagné ; cet ampli ne gagne pas le prix de beauté de ce guide, et il est sommaire quant à ces possibilités. Il est, certes bien fabriqué, mais beaucoup d'audiophiles ont, aujourd'hui, plus de besoins qu'un tel ampli. Cependant et sur le seul plan sonore, c’est vraiment un amplificateur exceptionnel, surtout en mode triode. Piqué dans le haut, tout en densité et qui sait dessiner une scène sonore d’une ampleur peu commune à ce tarif, il demeure une référence sonore dans sa gamme de prix. A vous de choisir donc.

Le Ayon Scorpio décortiqué par On-Mag

Système d’écoute

Platine vinyle VPI Prime + cellule MC Kiseki Blue N.S
Préampli phono Jolida JD9 à tubes
Lecteur Metis Player
Enceintes Grand Cru Horizon
Câbles de modulation : Esprit Eterna
Câbles secteur Nordost et barrette Supra
Câbles enceintes : Esprit Eterna

Spécifications

  • Connectique : 4 entrées ligne
  • Puissance : 2 x 30 watts en triode Classe A, 2 x 45 watts en pentode
  • Tubes : 4 x KT88 + 3 x 12AU7
  • Bande passante : 15 Hz à 50 kHz
  • Impédance de sortie : 8 Ω
  • Sensibilité d’entrée : 500 mV
  • Impédance d’entrée : 100 KΩ à 1 1 kHz
  • Dimensions : 46 x 34 x 26 cm (LxHxP)
  • Poids : 29 kg
  • Prix : 3 495 €

Notre avis

  • Qualité de fabrication : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
  • Design/finition : etoile orangeetoile orangeetoile griseetoile griseetoile grise(2/5)
  • Fonctions/équipement : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)
  • Ergonomie : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile griseetoile grise(3/5)
  • Performances sonores pures : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue(5/5)
  • Musicalité : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orange(5/5)
  • Intérêt : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile demi bleue(4.5/5)


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