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(Test) Ampli casque M2Tech Marley : la boîte à musique

 M2Tech Marley intro

 Nous l'avions aperçu en version pré-série lors du dernier salon High End à Paris, voici l'ampli casque Classe A Marley du fabricant italien M2Tech dans sa version définitive. Nous l'avons eu quelque temps et pour tout dire, nous en avons bien profité. Description et écoute d'un nouveau surdoué qui va faire chanter vos casques audio comme jamais.

Notes : etoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-rougeetoile-rouge

La marque M2Tech s'est fait connaitre pour son travail assez inédit et novateur sur le traitement numérique que ce soit avec ses interfaces USB/SPDIF de la série Hiface, ou Evo comme avec sa série de convertisseurs externes qui va du récent et très abordable modèle Hiface Dac au majestueux modèle Vaughan. Bien que tous ces convertisseurs possèdent une section de gain pour casque très performante, M2Tech a décidé de s'attaquer au segment des amplificateurs pour casques audio de haut niveau avec cet appareil qui fonctionne en pure classe A. Inutile de chercher une quelconque entrée numérique, le Marley ne fonctionne qu'en analogique et se place donc en sortie d'une source ou d'un convertisseur et peut même servir de préamplificateur grâce son réglage de gain.

M2Tech Marley int5

Une belle robe qui cache une électronique sophistiquée

Le Marley est habillé de la même robe aluminium que le modèle Young et son alimentation de course Palmer, un format somme toute fort sympathique. Ce qui immédiatement va différencier ces deux appareils du Marley, c'est la présence sur et sous le châssis de deux larges grilles d'aération, grilles bien utiles au vu de la température atteinte par de l'appareil (Classe A oblige). A l'arrière, nous trouvons deux entrées haut niveau par RCA (In 1 et In 2) et deux sorties, la première étant réservée à du monitoring (Tape Out), la seconde à connecter le Marley en tant que préamplificateur (Line Out), cette sortie étant ajustable via le contrôle de volume. Puis nous avons trois sorties casques : deux au format jack 6.35 mm pour l'utilisation conjointe de deux unités et une troisième sortie pour les modèles à connectique symétrique XLR 4 broches. Pour faire fonctionner le Marley, l'utilisateur pourra prendre l'alimentation externe fournie d'origine et dans un deuxième temps adopter une plus performante signée M2Tech par exemple (à la manière du Young et du Palmer), une prise femelle étant d'ors et déjà implantée sur l'appareil. Pour les plus pressés (et nous en faisons partie), ils peuvent se fournir une alimentation plus haut de gamme, le Marley demandant une tension de 15 volts sous 2A. Nous avons fait l'essai avec un modèle maison, l'amélioration est nette. On en tire le meilleur, c'est une certitude.

Un double ampli stéréo

Sur la face avant argentée, nous trouvons disposés à gauche un petit bouton poussoir qui sert à la mise sous tension de l'appareil mais aussi à rentrer dans le menu de l'appareil, chaque manipulation étant retranscrite sur un petit afficheur bleu placé en plein milieu. Nous pouvons, et à chaque pression, mettre le Marley en mode silencieux (Mute), ajuster la balance droite/gauche, le mode d'amplification "Dual Single Ended" ou "Balanced" (nous y reviendrons), le type d'information du volume (décibels ou échelle de niveau), l'extinction automatique de l'appareil avec choix du moment de déclenchement (de 30 à 240 minutes ou Off), le réglage de luminosité de cet afficheur et enfin dernière fenêtre, la version du logiciel interne (Firmware). Le dernier bouton restant est le potentiomètre de volume de l'appareil. Pour revenir aux deux modes de fonctionnement et suivant le où les casques à connecter, l'utilisateur pourra configurer son Marley. S'il possède un casque de type symétrique avec XLR quatre broches, il lui faudra se positionner en mode Single Balanced, le réglage de gain étant unitaire pour les deux canaux alors que dans le mode Dual Single Ended, ce même utilisateur pourra connecter deux casques traditionnels avec Jack 6.35 mm et pourra ainsi jouer indifféremment sur les volumes des deux casque (VOLA et VOLB).

A savoir que la sortie ligne (Line Out) est en commun sur la première sortie. Il est donc possible de mettre un seul casque sur la sortie B et jouer sur le volume de la section de préamplificateur avec le volume A. Le choix du mode Single Balanced opère, de son côté, une multiplication de la puissance de sortie (16Vrms contre 8Vrms), ce qui dans certains cas de casques peut s'avérer fort utile. En fait, deux amplificateurs stéréo à transistors discrets sont montés dans le Marley et travaillent de façon différente suivant la configuration choisie. En mode symétrique, l'auditeur gagnera 6 dB SPL de gain supplémentaire et en mode double, chaque amplificateur peut être ajusté en niveau. Il fallait y penser. Ajoutons que le rapport signal/bruit est exceptionnel pour ce type d'appareils, avec une mesure à 120 dB (pondéré). Un ampli casque qui promet donc.

Ecoute

Les écoutes se sont déroulées avec deux casques différents : un Denon AH-D600 et un Fostex TH-600 (tous les deux faisant 25 Ω d'impédance) et nous nous sommes régalés avec des sources de très haut niveau : Esoteric K-05, Lumin A1 mais aussi en sortie d'ordinateur avec notre MAC Pro. D'autre part, la qualité des câbles joue réellement sur les résultats, idem pour l'alimentation que l'on peut changer pour une autre, plus musclée, tout en respectant bien les caractéristiques du Marley. L'avis d'un professionnel est préférable.

Avec de telles performances techniques sur le papier, il était logique de s'attendre au meilleur, et bien autant le dire en guise de préambule, c'est largement vérifié. Nous avons toujours été conquis par la vivacité et la transparence des appareils M2Tech, le Marley ne déroge pas à cette règle. Immédiatement, nous sommes saisis par l'ouverture de cet amplificateur comme par son côté détaillé et précis qui nous fait plonger au cœur de la musique en deux temps, trois mouvements. La première réflexion que l'on se fait est la suivante : Mon dieu que cette petite boîte fait de la musique. En revanche, le Marley n'est pas du genre à pardonner quoi que ce soit (encore plus avec un casque), ni la qualité des enregistrements, ni aux éléments auxquels on l'associe. C'est le prix à payer avec cet appareil mais une fois les choses bien faîtes, ce n'est que du bonheur.

Agnes Obel-Aventine

Sur le CD d'Agnès Obel Aventine, on perçoit avec une superbe acuité le frappé de l'archet sur les cordes du violoncelle notamment sur le morceau The Curse. Tantôt appuyé, tantôt lissé, nous ne perdons rien du jeu de ce musicien et l'on entend fort bien certains sons réverbés de cet instrument qui surviennent parfois durant l'enregistrement. La voix d'Agnès Obel apparaît très proche de nous, très sensuelle et parfaitement localisée dans l'espace. Malgré la nonchalance de ce morceau, nous sentons bien qu'il y a de la puissance prête à jaillir : une main de fer dans un gant de velours qui promet bien des choses. Les attaques de notes sont extrêmement réalistes donnant beaucoup de contours aux divers instruments et la sensation d'espace grandit la scène sonore admirablement.

Notre curiosité étant piquée, nous sommes passés au disque de Joel Grare Paris-Istambul-Shanghai où se mêlent un grand nombre d'instruments à percussions de toute nature, surtout à partir du septième morceau. Là, le Marley nous montre ce que l'on devinait avant, en l'occurence une capacité à restituer avec autant de brio les plus infimes notes que les sons les plus forts. Il est, dans ce cas, tout en force avec une dynamique extraordinaire mais laisse s'éteindre les sons de la même façon. Aucun brouillage, aucune confusion, le résultat est à la fois détaillé et d'une tenue dans le grave hallucinante. De même, il y aussi une chose qui surprend beaucoup, c'est la notion de silence entre les notes, entre les sons. Le Marley monte en puissance aussi vite qu'il redescend à des niveaux. Du coup, la restitution est extrêmement vivante suivant parfaitement le rythme de la modulation : parfaite séparation des canaux et différenciation de chaque interprète et groupe d'instruments. Des tambours très graves aux cloches les plus lumineuses, la palette de sonorités du Marley est complète.

Isabelle Faust-Johann Sebastian Bach Sonatas Parti

La qualité des timbres est, elle aussi très réussie. Prenant comme disque test les Sonastas & Partitas de J.S Bach interprétés par Isabelle Faust, le Marley nous restitue toute la richesse de ce violon avec le mordant des attaques de notes comme le boisé de cet instrument. Il est comme ces vins de Loire, à la fois fruité et grave. La tessiture de cet instrument est parfaitement rendue, comme le jeu de l'instrumentiste et tous les accents qu'elle met sur chaque note sont parfaitement relevés. Le suivi mélodique est impeccable et l'impression de vérité criante. Un disque-test difficile car relevant très vite les coquetteries en matière de timbre que certains appareils peuvent apporter.

En conclusion, cet amplificateur pour casque Marley montre une personnalité fortement attachante et il saura faire chanter tous casques audio dignes de ce nom. Le respect de lignes rythmiques et mélodiques le place dans les ou si ce n'est le meilleur amplificateur pour casque que nous ayons eu entre les mains. Pour obtenir ces résultats, il ne faudra pas hésiter à lui fournir les meilleures conditions possibles dans le choix des sources, des câbles et de son alimentation. De prime abord, son prix peut paraître élevé pour un amplificateur pour casque, mais une écoute même rapide fera changer d'avis les plus sceptiques.

Spécifications de l'amplificateur Marley

• Connectique : 2 entrées ligne, 2 sorties (Tape Monitoring et Line Out), 3 sorties casques : 2 jack 6.35 mm et 1 XLR 4 broches
• Puissance de sortie : 8 Vrms (Single Ended) et 16 Vrms (Balanced)
• Impédance d'entrée : 40kΩ
• Gain : 12 dB (Dual Single-Ended) et 18 dB (Single Balanced)
• Rapport signal bruit : 120 dB à 8 Vrms, 1 kHz (non chargé)
• Plage de volume : 0 dB à -78 dB (30 niveaux)
• Ajustement balance : +/- 6 dB
• Distorsion Harmonique totale : 0.003% (2 Vrms, 1 kHz)
• Dimensions : 200 x 50 x 200 mm (LxHxP)
• Poids : 2 kg
• Prix : 1 240 €

Site du distributeur : www.hamysound.com


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Commentaires   

#1 trobo 09-02-2018 19:32
Probablement bon mais pourquoi des sorties casques
derrière l'appareil ? C'est rédhibitoire, j'aurais sérieusement été tenté sinon.
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