[Audition] TAD Reference One : une enceinte à haut rendement hors du commun

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Audio Focus, le distributeur des enceintes TAD, vient de créer un site en français qui leur est spécialement consacré et qui par sa présentation, classe et épurée
rend parfaitement hommage à ces produits High End à haut rendement. Pour cette occasion, nous revenons sur ces enceintes hors norme, écoute comprise pour notre plus grand bonheur.

Des histoires qui se croisent

Mais tout d’abord un peu d’histoire. TAD (Technical Audio Devices Laboratories Inc) est né en 1975 de la volonté de la marque Pioneer Japon d’attaquer le marché professionnel sans pour autant porter son nom, car n’ayant pas une assez forte réputation dans ce domaine (bien que Pioneer ai commencé son activité voici plus de 70 ans en construisant, justement, des enceintes). TAD (division américaine) fut donc créée comme une entité totalement séparée du constructeur japonais avec son propre bureau d'étude, indépendant et autonome. Cela est toujours le cas aujourd'hui et, en ce sens, ses ingénieurs travaillent pour TAD et non pas pour les divers produits de la multinationale.
Dans la nacelle TAD, Pioneer apporta aussi une innovation majeure pour des haut-parleurs haut de gamme : le béryllium. Il s'agit d'un matériau unique qui depuis a été repris par bien d'autres marques d'enceintes Hi-Fi High End. Il est extrêmement rigide et léger. Il permit à TAD de réaliser le diaphragme d’un tweeter à chambre de compression capable de descendre jusqu'à 600 Hz avec une bande passante extrêmement large, et une excellente précision dans le haut du spectre. Cette première innovation importante permit à TAD de gagner ses lettres de noblesse dans le domaine professionnel et les boomers à haut rendement qu'elle lança ensuite ne firent que renforcer son image de fabricant d'enceintes et transducteurs audio Pro, ultra haut de gamme, pour le monitoring de studio, mais aussi pour les salles de spectacles.

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La pépinière britannique

Mais l'histoire de TAD est aussi une histoire d'hommes et d'ingénieurs acousticiens talentueux.
Lorsque TAD décida en 1998 de se lancer sur le marché de la Hi-Fi High End elle engagea alors un ingénieur nommé Andrew Jones. Loin d'être un inconnu, celui-ci est issu d'une longue lignée d'acousticiens britanniques. Pour comprendre d'où il puise ses racines, il faut d'ailleurs remonter à l'après-guerre. À l'époque, un des plus célèbres fabricants de haut-parleurs anglais était Wharfedale. Cette marque fondée en 1932 par Gilbert Briggs fut reprise, dans les années 1950, par Raymond Cooke, un autre grand nom de la Hi-Fi qui fonda ensuite en 1961 KEF Electronics Ltd., où il nomma un certain Laurie Fincham comme ingénieur en chef en 1968. Ce dernier dirigea alors une équipe de jeunes ingénieurs, dont faisait partie Mike Gough, qui partit par la suite rejoindre B&W et justement notre Andrew Jones qui devint, dés 1989, ingénieur en chef de KEF. Plus tard, Andrew Jones suivit Laurie Fincham outre-Atlantique, pour travailler pour la marque Infinity du groupe Harman, avant de rejoindre sa dernière destination, TAD en 1998 pour développer une nouvelle génération de transducteurs.

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Lorsqu'Andrew Jones rejoint TAD, il bénéficie donc déjà d'une très longue expérience dans le domaine des transducteurs coaxiaux ou plus précisément concentriques ou coïncidents, puisqu'il a activement participé au développement du fameux modèle Uni-Q de KEF. Il décide donc d'en créer un pour TAD avec un nouveau type de circuit magnétique et lorsqu'il se penche sur sa conception, il s'aperçoit, après quelques recherches, qu'un brevet a déjà été déposé en 1977… par Pioneer qui gardait l'idée dans ses tiroirs depuis cette période, la pensant inadaptée à son marché grand public et n'osant se lancer dans un projet aussi ambitieux et coûteux. Comme quoi les grands esprits se rencontrent parfois.
Le transducteur concentrique voulu par Andrew Jones était en outre un modèle d'une réalisation sans compromis, jusqu'au-boutiste, et il fallut plusieurs années avant que le premier modèle ne sorte. La Reference One lancée en 2003 fut ainsi la première à en être équipée, suivie par la Compact One puis la toute dernière, l’Evolution One.

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La Reference One en détails

La TAD Référence One se présente sous la forme d’une imposante, mais magnifique colonne équipée d’un HP coaxial CST (Coherent Source Transducteur) comprenant un tweeter à diaphragme béryllium de 3,5 cm placé au cœur de la membrane d’un médium de 16 cm également en béryllium formant de ce fait un guide d’onde. TAD a même développé une technique de dépôt par vapeur exclusive et tout à fait innovante pour fla réalisation de ces diaphragmes afin de maîtriser toutes leurs étapes de fabrication.
Outre les qualités de vélocité du béryllium, l’énorme avantage de ce double transducteur concentrique est que la source d’émission des ondes sonores est la plus ponctuelle possible. Le principe procure une parfaite mise en phase des différents registres, un alignement idéal du moment que les deux membranes travaillent réellement de concert, sans aucun décalage. L’idée n’est pas nouvelle puisqu'un certain nombre de marques se sont penchées sur ce sujet. Parmi les plus célèbres, on peut citer Tannoy, KEF ou Cabasse.

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Ajoutons que la courbe de la membrane du médium a été calculée chez TAD pour jouer à la fois le rôle de guide d’ondes du tweeter et harmoniser les lobes de directivité des deux transducteurs. La forme du diaphragme du tweeter a elle-même été calculée de manière à repousser toutes les fréquences vibratoires propres au béryllium en dehors du spectre audible. Ce double HP dit CST bénéficie d'un montage spécial avec une parfaite isolation mécanique par rapport à l'ébénisterie dit ISO, et ce pour deux raisons : empêcher les vibrations de ce transducteur d'être transmise au coffret et inversement limiter l'influence de celles émises par les deux transducteurs de grave situés juste en dessous.

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Circuit magnétique à entrefer court

Puisque justement nous en parlons, quelques précisions sur les haut-parleurs de grave s’imposent. Autant le béryllium est tout à fait approprié pour les fréquences hautes et moyennes, autant sa rapidité oblige les autres haut-parleurs à suivre le mouvement sans traînage, ni lourdeur. La Reference One embarque deux 25 cm à charge bass-reflex, mais c’est d’abord sur le circuit magnétique que nous allons nous pencher. Pour des questions de vélocité, TAD a développé un circuit magnétique à entrefer court spécifique baptisé OFGMS (Optimized Fiel Geonetry Magnet) avec une bobine mobile de 12 mm de longueur pour un diamètre de 10 pouvant opérer des excursions jusqu’à 30 mm sans perte d’énergie. L’aimant est en néodyme comme il se doit et les cônes reprennent une construction tri-laminé avec une couche de mousse acrylamide prise en sandwich par des fibres aramides orientées (idem pour le cache noyau central).
Ces deux HP sont chargés en mode bass-reflex, l’évent reprenant le concept des chambres de compression à pavillon avec un dessin aérodynamique basé sur la mécanique des fluides n’opérant aucun bruit d’air (l’écoute nous le confirmera) même utilisés aux limites de leurs excursions.
Enfin, la Reference One est conçue avec une ébénisterie dite Silent (Structurally Infert Laminated Enclosure) qui procure une structure des plus inertes et sans résonance. Son dessin, tout en courbe, réduit les résonances indésirables et la construction mécanique est totalement inerte. Elle combine une structure en multiplis de bouleau avec bon nombre de renforts internes formant comme une sorte de squelette rigidifiant.

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Écoute

Nous avons pu donc écouter ces magnifiques enceintes dans l’un des deux lieux de démonstration TAD en France, en l’occurrence Audio Focus à Piscop en région parisienne. Bien entendu, nous n’avons pas pu déménager tout notre système habituel pour écouter ces Reference One, (à part nos disques tests) celui qui nous a servi était composé d’un amplificateur ARS Emitter II Exclusive avec 4 châssis (15 000 €), un serveur Aurender S10 (5 990 €), un ensemble de lecture CD MSB CD Data IV et MSB Platinium DAC Plus (20 000 €), tous ces éléments étant reliés par des câbles de modulation et HP Synergistics Research du plus haut niveau. Comme vous le voyez sur les photos, la pièce d’écoute n’est pas traitée acoustiquement. Elle est, certes de belle taille, mais sonne naturellement bien. Une salle d’écoute ou plutôt un salon comme beaucoup d’autres.

Le premier mot qui vient à l’esprit et d’ailleurs ce mot fera écho à une impression déjà ressenti avec d’autres enceintes très haut de gamme comme dernièrement les Goldmund Anniversary ou le système Logos Room du même constructeur c’est : "aligné". Ce terme "aligné" rassemble en un seul mot un grand nombre de qualificatifs comme homogène, cohérent, neutre, profond car ce sont toutes des conséquences de cet alignement des ondes sonores arrivant à l’auditeur. Et cet alignement offre une chose rare, mais tellement agréable qui est le pouvoir absolu pour une enceinte acoustique comme tous autres appareils de s’effacer devant la musique, de la laisser s’exprimer au plus profond de son âme sans qu’il soit besoin d’y ajouter d’autres couleurs.

Un des premiers disques qui démontra avec conviction ce trait de caractère fut notre Membra Jesu Nostri du compositeur Dietrich Buxtehude, joué par l’orchestre de la Chapelle Rhénane avec la Maîtrise de Garçons de Colmar sous la direction de Benoît Haller (K617) et enregistré lors du Festival de Musique Ancienne de Ribeauvillé. La première chose qui frappe avec les TAD, c’est l’impression d’ensemble des musiciens comme des chanteurs et chanteuses qui forment un tout indivisible. Rien n’est mis en avant, ou appuyé de façon fantaisiste, bien au contraire tous ces interprètes sont parfaitement à l’unisson. La restitution est assez douce, ou plutôt charnelle avec du grain et de la densité sur chaque note. Les rangs des violons et violes de gambe comme les autres instruments : théorbe, orgue, clavecin et harpe sont parfaitement perceptibles dans l’espace et aucun d’entre eux n’efface le jeu de l’autre. On sent aussi bien les attaques de notes de chaque groupe d’instruments et les timbres sont tout aussi différenciés. C’est exactement ce que signifie le terme "aligné" cité plus haut. D’autre part, les timbres sont réellement chantants, comme éclairés par une très belle lumière dans le haut du spectre. Ce registre suivi par un médium particulièrement riche lui aussi donne aux Reference One une authenticité, une véracité absolument délicieuse.

Passant à un autre très beau disque, Khmer du compositeur et musicien de jazz Nils Petter Molvar (ECM), nous restons convaincus de l’homogénéité de ces enceintes, surtout avec le second morceau ThØn qui débute tranquillement avant de se déchaîner quelques minutes plus tard dans un tourbillon de notes. La trompette de ce musicien est criante de vérité avec un nombre impressionnant de détails. On entend cet instrument vibrer de tout son métal, comme l’air pulsé en avant alors que juste derrière des coups de grosse caisse comme des battements de cœur martèlent l’air ambiant avec une précision inouïe. Puis tous les autres instruments à percussion soutenus par des sons plus électroniques viennent remplir toute la scène sonore sans qu’aucune confusion ne soit entendue. Sur ce point, les Reference One font preuve de largeur d’esprit. Elles savent conjuguer largeur et profondeur avec une mise en relief assez unique. On perçoit sans difficulté l’emplacement d’une cloche cristalline, l’extinction de ses sons dans l’espace comme l’impact des baguettes sur son métal. Le grave et même le sous grave sont impressionnants de propreté et de netteté, c’est remarquable de maîtrise et de cohésion. Et ce qui les rend encore plus sympathiques et agréables à l’écoute, c’est le fait qu’elles n’essayent pas d’en faire trop dans ces registres. Non, les notes les plus basses sont là quand il faut. Ce disque de fusion-jazz trouve là une source de diffusion de référence faisant honneur à la créativité de ce musicien et tout le travail d’enregistrement et de mixage de la part des ingénieurs du son.

Vous l’avez bien compris, ces TAD Reference One vous emmènent loin, loin dans le monde des réalisations sans compromis, avec le pouvoir de vous transporter au plus profond de la musique. Elles n’opèrent pas une séduction quelconque, n’essayent pas de vous raccrocher ni d’ailleurs de faire croire en des choses qui n’existent pas, non ces enceintes ont une qualité rare dans la Haute Fidélité, mais dans la vie aussi : la justesse. Un grand merci à Stefan Blanc d’Audio Focus qui ajouta la "juste" note par la qualité de son accueil.

Spécifications techniques

  • Type : enceintes trois voies Bass-reflex
  • Haut-parleurs : tweeter de 3,5 cm et médium de 16 cm en béryllium concentrique, 2 boomers composites de 25 cm
  • Réponse en fréquence : 21 Hz à 100 kHz (-10 dB)
  • Fréquences de coupure du filtre : 250 Hz et 2 kHz
  • Amplification recommandée : 50 W à 300 W
  • Sensibilité : 90 dB (2.83 V/1 W/1 m en espace libre)
  • Niveau SPL maximum : 115 dB
  • Impédance nominale : 4 Ω au minimum
  • Dimensions : 55,4 × 1 29,3 × 69.8 cm (LxHxP)
  • Poids : 150 kg pièce
  • Prix : 76 000 euros la paire (une seule finition comme sur les photos)

Site du constructeur : http://tad-labs.com/
Site de l’importateur : www.audio-focus.com


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Mots-clés: TAD

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