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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : le violon peu connu de Saint-Saëns

Saint Saens Genevieve Laurenceau

  • Camille Saint-Saëns : Romances pour violon et orchestre op.37 & op.48. Concerto pour violon et orchestre N°1 op.20. Caprice d'après l’étude en forme de valse op.52/6 (arrangement d'Eugène Ysaÿe). Fantaisie pour violon et harpe op.124. La muse et le poète pour violon, violoncelle et orchestre
  • Geneviève Laurenceau (violon), Yan Levionnois (violoncelle), Pauline Hass (harpe)
  • Orchestre de Picardie, dir. Benjamin Levy
  • 1 CD Naïve : V 7384 (Distribution : Believe Group)
  • Durée du CD : 64 min 07 s
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5)

En cette année anniversaire, c'est un pan peu connu de la musique instrumentale de Saint-Saëns que Geneviève Laurenceau nous invite à découvrir, celui pour violon et au sein de celui-ci, des œuvres intenses où plane l'ombre de deux de ses interprètes virtuoses, Pablo de Sarasate et Eugène Ysaÿe. L'album est conçu comme un poème aux strophes variées où l'on peut entendre, selon la violoniste « un autre Saint-Saëns dont l'écriture à l'élégance lumineuse et chaleureuse, fait chanter les instruments d'une voix profondément humaine et virtuose ».

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Moins célèbre que le troisième, le Concerto pour violon N°1 en La majeur op.20 a été créé en 1867 par de Sarasate, sous la direction de l'auteur. Ses trois mouvements enchaînés, d'une durée totale de moins d'un quart d'heure, font se succéder un Allegro qui voit l'entrée immédiate et fougueuse du soliste laisser place à une mélodie tendre mais passionnée, un Andante expressif pour une mélodie aussi simple que chantante du violon non sans une légère touche théâtrale, enfin le retour du Tempo primo, achevant une habile construction en miroir. Saint-Saëns s'est aussi illustré dans le genre plus intime de la romance. Les Romances op.37 et op.48 sont conçues comme des mélodies accompagnées et suivant un schéma tripartite. La première en Ré bémol majeur, arrangement par l'auteur d'une pièce écrite pour flûte et piano créée en 1871 à Baden-Baden, offre un épanchement limpide du violon sur un orchestre assagi. La seconde en La majeur, de 1874 et dédiée à de Sarasate, est d'une écriture virevoltante, presque vocale. Dans un domaine autrement virtuose, le programme propose encore le Caprice d'après l’Étude en forme de valse op.52 N°6. Il s'agit de l'arrangement pour violon et orchestre réalisé par Ysaÿe de ce morceau de piano, non moins flamboyant dans son équivalent violonistique de haute pyrotechnie à la Paganini. Sa mélodie pleine de charme s'enroule au fil de diverses sections vives et lentes.

L'intérêt du disque réside cependant dans les deux autres pièces concertantes. La Fantaisie pour violon et harpe op.124 de 1907 offre l'imaginative alliance de deux instruments dissemblables, a priori non faits pour cohabiter, appartenant aux mondes des cordes frottées et des cordes pincées. Dépassant le simple rôle d'accompagnement, la harpe tresse un écrin chaleureux et mystérieux à une partie de violon très ouvragée. On y discerne diverses sections aussi ingénieuses que différentes dont l'une s'inspire de la musique baroque. Quant à La muse et le poète pour violon, violoncelle et orchestre, créé 1910 par Ysaÿe, il s'agit d'un poème symphonique sur le modèle de ceux de Liszt, où deux solistes dialoguent tantôt passionnés, tantôt apaisés, dans une forme de complicité-mésentente entre la muse, incarnée par le violon, et le poète par le violoncelle. Les accents sont souvent théâtraux. Si l’œuvre ne saurait cacher son néo-classicisme, on y reconnaît là encore le talent de mélodiste de Saint-Saëns.

L'engagement de Geneviève Laurenceau pour défendre ce répertoire méconnu ne souffre pas la moindre faille, aidée par une sonorité franche et aérienne. Elle est entourée de solistes de talent, la harpiste Pauline Hass et le violoncelliste Yan Levionnois. L'Orchestre de Picardie sous la direction efficace de Benjamin Levy procure l'accompagnement idoine.

L'enregistrement, dans l'acoustique un peu sèche du Zénith d'Amiens, met les solistes au premier plan. L'équilibre est mieux préservé dans la Fantaisie pour violon et harpe

Texte de Jean-Pierre Robert 

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