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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : Marek Janowski interprète Wagner et Bruckner avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France

janowski marek

  • Richard Wagner : Tristan et Isolde, Prélude de l’acte I et Mort d’Isolde
  • Anton Bruckner : Symphonie N°3 en ré mineur «  Wagner-Sinfonie » (version 1889 de Leopold Nowak)
  • Orchestre Philharmonique de Radio France
  • Iwona Sobotka, soprano
  • Marek Janowski, direction
  • Vendredi 21 mai 2021 à 19 h
  • Auditorium de Radio France
    www.maisondelaradio.fr

Wagner et Bruckner interprétés par un chef totalement en phase avec le grand répertoire germanique qui submerge avec éclat cette fin du XIXe siècle européen.

Pour ce premier concert de déconfinement de 2021, Marek Janowski reprenant les rênes de l’Orchestre Philharmonique de Radio France dont il avait assuré la direction de I984 à 2000, inscrivait à son programme Wagner et Bruckner.

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Le concert débutait avec le Prélude de l’acte I et la Mort d’Isolde issus de l’opéra Tristan et Isolde de Richard Wagner, dont la version intégrale sera donnée à Munich le 10 juin 1865, Paris se contentant d’une version de concert donnée cinq ans plus tôt le 25 janvier 1860. En moins de vingt minutes, Wagner exprime ici l’intensité d’un drame qui frôle constamment le sublime et dont la Mort d’Isolde constitue le sommet.

La seconde œuvre de ce concert était consacrée à la troisième symphonie de Bruckner « Wagner-Sinfonie ». Bruckner procède à de nombreuses modifications qui se succèdent de 1877 à 1889. Finalement, c’est le grand chef d’orchestre allemand Hans Richter qui assure la première exécution de cette troisième Symphonie dans la version de Leopold Nowak le 21 décembre 1890. Hans Richter, brucknérien convaincu, créera également la Symphonie N°4 en 1888 et la Symphonie N°8 en 1892. Bien que de dimensions modestes (moins d’une heure) cette troisième Symphonie de Bruckner célèbre avec dévotion l’admiration sans limite que Bruckner dédie à son idole Richard Wagner. Elle possède déjà pleinement ce qui constituera l’essence même des autres Symphonies que l’auteur édifiera tout au long de son existence. Le premier mouvement (Modéré, mystérieux) est déjà très signifiant avec ses orages de cuivres, ses tournoiements quasi obsessionnels qui réapparaîtront ultérieurement (en particulier dans les symphonies N°5 et N°8).
Si dans le premier mouvement Bruckner semble se concentrer sur les cuivres, il favorise au contraire les cordes dans le second mouvement (Adagio). Le Scherzo, qui constitue le troisième mouvement, accuse déjà un penchant très net de Bruckner pour le fantastique et le légendaire, revendiquant ainsi une sorte de continuité avec l’univers fantastique du Freischütz de Weber. Par son énergie, le Finale annonce et anticipe les futurs océans sonores qui constitueront les conclusions des symphonies N°5, 7 et 8.
Tendue et passionnée dans le Prélude de l’acte I et Mort d’Isolde de Wagner, la direction de Marek Janowski atteint son apogée dans l’exécution de la troisième Symphonie de Bruckner, portée à incandescence, exaltant le génie visionnaire d’un compositeur qui pourtant ici n’en est, somme toute, qu’à ses débuts ! Saluons également la prestation impeccable de la soprano Iwona Sobotka dans la Mort d’Isolde de Wagner.

Texte de Michel Jakubowicz


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Orchestre Philharmonique de Radio France, Wagner, Bruckner, Iwona Sobotka, Marek Janowski

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