CD : Songs of America pour clarinette et piano

Songs Messina Chiovetta

  • ''Songs''
  • Stephen Foster : ''Jeanie With the Light Brown Hair''
  • Leonard Bernstein : Sonate pour clarinette et piano
  • Charles Ives : Songs my Mother taught me. Largo pour violon, clarinette et piano, op.73
  • Aaron Copland : Nocturne
  • André Previn : Song (extrait de ''Tango, Song and Dance''). Sonate pour clarinette
  • Samuel Barber : Canzone
  • George Gershwin : Three Preludes
  • Patrick Messina (clarinette), Fabrizio Chiovetta (piano)
  • 1 CD Aparté : AP231 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 59 min
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5) 

Le patrimoine musical nord-américain s'est construit sur la musique populaire aussi bien que savante, l'une interagissant sur l'autre. Ce CD l'illustre à travers quelques compositeurs emblématiques et dans le genre spécifique de la musique de chambre pour clarinette et piano. Auprès des sonates de Bernstein et de Previn ou des Trois Préludes de Gershwin, on y savoure des pièces brèves de Copland, Ives ou Barber. Un singulier parcours qui n'est pas sans exhaler une certaine nostalgie, défendu avec brio.

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« Les germes de la musique américaine sont ensevelis sous les strates de toutes les communautés qui ont construit ce pays magnifique », relevait Anton Dvořák en 1895. Le ton nostalgique qui affleure dans bien des œuvres est le fruit d'une nation qui s'est forgée à partir de l'immigration, mais qui puise aussi ses racines aux musiques européennes, spécialement anglo-saxonnes. C'est déjà le cas de la chanson ''Jeanie With the Light Brown Hair'' de Stephen Foster, du milieu du XIXème, pastichant une ballade irlandaise. Charles Ives publie en 1895 ''Songs my Mother taught me'', puis en 1902 son Largo pour violon, clarinette et piano op.73, une berceuse usant de modes extrêmement différentiés, polyrythmie, collage et juxtaposition d'idées. Suite à ses études en France auprès de Nadia Boulanger qui l'encourage dans la recherche de son propre style, Aaron Copland compose en 1926 un Nocturne pour violon et piano, qu'il transcrira plus tard pour la clarinette. La pièce offre une fusion classique-jazz-blues, dans un swing que les sonorités de la clarinette mettent mieux en valeur que le violon. La même année, George Gershwin présente ses Three Preludes pour piano, donnés ici dans un arrangement pour clarinette et piano : trois portraits miniatures de la musique américaine, avec cette facilité mélodique qu'on connaît à l'auteur de la Rhapsody in Blue. Les premier et dernier, marqués Allegro ben ritmato e deciso voient le triomphe du rythme latino, brésilien pour le N°1, tandis que la pièce médiane, Andante, est jazzy et évoque le blues dans son envoûtante mélodie.

La Sonate pour clarinette et piano de Leonard Bernstein est en 1942 sa première œuvre publiée. Lenny y mêle habilement les genres, ragtime, jazz, inspiration latino et langage moderniste européen début de siècle. Ainsi de la première partie Grazioso qui fait penser à Hindemith mâtiné de folklore US, d'une facture aisée. La seconde, Andantino, puise plus encore dans la tradition populaire et le mouvement verse dans un Vivace e leggiero au tempo changeant, d'où émergent des tunes latino. Remarquablement écrite pour la clarinette, l’œuvre préfigure West Side Story. La Canzone de Samuel Barber, écrite à l'origine pour flûte et piano (1959), est une élégie qui fleure bon les airs traditionnels, notamment dans les traits ostinato du piano. Ce que préserve l'arrangement pour clarinette et piano.

Le musicien protéiforme André Previn (1929-2019) est un des derniers représentants de ces diverses voies de la création américaine. Au titre de ses compositions chambristes, ''Song'' est extrait d'une trilogie Tango, Song and Dance, dédiée en 1997 à la violoniste Anne-Sophie Mutter qui deviendra son épouse. C'est une belle digression de mode élégiaque mêlant influences classiques et latino, ce que renforce l'arrangement pour clarinette. La Sonate pour clarinette date de 2010, et est donnée ici en première studio au disque. Ses 4 mouvements déclinent une belle introduction classico-jazzy dans le mode élégiaque, puis ''Very slow'' où la mélodie est confiée à la clarinette avec ses mélismes changeants, ''Interlude'' hésitant entre murmure et digression dans un thème lancinant de plus en plus ppp. Enfin ''Fast'' est un morceau allègre et coulant avec des traits percussifs qui rappellent les influences américaines.

Une paire qui a déjà fait ses preuves, l'association du clarinettiste Patrick Messina et du pianiste Fabrizio Chiovetta dispense des exécutions d'un incontestable zest et d'une grande intensité. Première clarinette solo de l'ONF, Messina est aussi professeur à l’École normale Cortot. Le genevois Chiovetta mène une carrière prometteuse de concertiste, adossée également au professorat dans sa ville natale.   

La prise de son, à l'auditorium du Conservatoire Darius Milhaud d'Aix-en-Provence, dans une ambiance aérée, donne une sensation intimiste grâce au soin apporté dans la balance entre les deux instrumentistes.

Texte de Jean-Pierre Robert 

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Mots-clés: Stephen Foster, Leonard Bernstein, Charles Ives, Aaron Copland, André Previn, Samuel Barber, George Gershwin, Patrick Messina, Fabrizio Chiovetta

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