Concert : Les Dissonances à la Philharmonie de Paris

David Grimal by Julien Mignot

  • Ludwig van Beethoven : Concerto pour violon et orchestre, Symphonie N°4
  • Les Dissonances
  • David Grimal, violon, direction artistique
  • Mardi 6 octobre 2020, à 20 h 30
  • Philharmonie de Paris, Grande Salle Pierre Boulez
    221, avenue Jean Jaurès
    75019 Paris
    www.philharmoniedeparis.fr

Beethoven par Les Dissonances, à la Philharmonie de Paris.

C’est avec le Concerto pour violon et orchestre de Beethoven que débutait ce concert donné à la Philharmonie de Paris. Composé en 1806, ce Concerto fait partie d’une production foisonnante du Maître de Bonn car de cette période particulièrement fructueuse datent également le Concerto pour piano N°4 ainsi que les Quatuors 7, 8 et 9. Doté des trois mouvements traditionnels, ce Concerto pour violon surprend par les dimensions inusitées du premier mouvement, suivi d’un Larghetto s’enchaînant au Rondo final. Tout au long de l’œuvre, Beethoven maintient constamment un équilibre permanent entre le violon et un orchestre très fourni faisant généreusement appel non seulement aux bois mais aussi aux cuivres et aux timbales. Il règne dans cet unique Concerto pour violon de Beethoven, une sorte de climat idéal totalement dépourvu d’agressivité, nous dévoilant un Beethoven renonçant au moins temporairement à ses habituelles sautes d’humeur, empruntant soudainement les voies de la sérénité.

La Symphonie N°4 qui termine ce concert débute par un Adagio plutôt mystérieux, qui cède rapidement la place à un éclatant et conquérant Allegro vivace chargé d’optimisme. Curieusement, l’Adagio qui suit se charge d’anxiété, se tournant vers la méditation et l’attente d’un évènement presque oppressant. Il faudra attendre le troisième mouvement (un scherzo) pour qu’à nouveau un climat nettement plus festif réapparaisse. Plus que jamais avec le dernier mouvement (Finale), Beethoven réintroduit ce qui ressemble à s’y méprendre à un accès de folle gaieté, rappelant certaines conclusions de Symphonies de Joseph Haydn.

Exceptionnelle interprétation au violon de David Grimal du Concerto pour violon de Beethoven dont il exécute avec maestria les traits en double cordes de la cadence du 1er mouvement. Quant à son interprétation de la Quatrième Symphonie, d’une énergie et d’une prestance peu communes, il s’avère de toute évidence que c’est plutôt vers Nikolaus Harnoncourt que se tourne David Grimal. À l’issue de l’exécution du Concerto pour violon de Beethoven, David Grimal offre généreusement au public de la Philharmonie de Paris, en guise de bis, le deuxième mouvement de la Sonate N°1 d’Eugène Ysaÿe. Après la triomphale interprétation de la Quatrième Symphonie de Beethoven, David Grimal offre à nouveau un superbe bis : le fameux mouvement de la Huitième Symphonie où Beethoven se moque gentiment de l’inventeur du métronome.

Un concert particulièrement enthousiasmant permettant à David Grimal et Les Dissonances de renouveler l’image d’un Beethoven trop ancré dans la tradition.

Texte de Michel Jakubowicz


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Mots-clés: Beethoven, Philharmonie de Paris, Les Dissonances, David Grimal

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