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CD : Concertos pour violoncelle de Vivaldi, vol. III

Christophe Coin Vivaldi concertos violoncelle

  • Antonio Vivaldi : Concertos pour violoncelle RV 400, en do majeur, RV 420, en la mineur, RV 404, en ré majeur, RV 423, en si bémol majeur, RV 407, en ré mineur, RV 415, en sol majeur
  • Christophe Coin, violoncelle et direction
  • L'Onda Armonica
  • 1 CD Naïve / Vivaldi Édition vol. 61 : OP30574 (Distribution : Believe Group)
  • Durée du CD : 58 min 27 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5) 

Christophe Coin poursuit son exploration des concertos pour violoncelle de Vivaldi dans le cadre de l'Édition Vivaldi de Naïve. Pour ce troisième volume, il interprète six pièces fort attractives, d'autant que jouées sur deux instruments anciens dont le violoncelle piccolo à la sonorité particulière.

Dans sa très vaste production instrumentale, Antonio Vivaldi a composé plus d'une vingtaine de concertos pour le violoncelle. Sensible à son timbre et à son ambitus qui rappellent la voix humaine. Mais aussi témoin de l'évolution d'un instrument qui voyait au XVIIème subir une profonde mutation et dont les possibilités expressives offraient de nouvelles et riches perspectives. Vivaldi peut être considéré comme le premier compositeur à écrire des concertos pour l'instrument où celui-ci est traité à part entière. Cette production voit le jour dans les années 1720. Les six œuvres réunies ici « confient au violoncelle un rôle plus concertant que soliste », indique Christophe Coin, qui ajoute que « Vivaldi sait rompre la monotonie et la répétition qu'on lui reproche parfois par des moyens très simples ». De fait, ces compositions offrent une facture relativement simple, au long de leurs trois mouvements qui voient la partie soliste évoluer dans des limites strictes en termes de technique instrumentale. Le violoncelle est exploité essentiellement dans sa tessiture médiane, avec pour les œuvres plus tardives, des figures plus virtuoses. La partie orchestrale agit essentiellement comme un continuo, avec un accompagnement des cordes volontairement réduit.

Cette grande simplicité de moyens, on en a un bel exemple avec le Concerto RV 400 en do majeur, de 1724, basé sur la danse : une allemande au premier mouvement et un menuet au troisième, tandis que le Largo est une sarabande expressive. Les tutti font appel à la mandoline, apportant une coloration particulière. Au Concerto RV 420 en la mineur, l'Andante voit l'entrée du soliste dans une grande douceur. Celle-ci caractérisera toute l'œuvre. Ainsi à l'Adagio dont le rythme pointé encadre le beau lyrisme du soliste, complémenté par la basse de l'orchestre. L'Allegro final est nerveux, parcouru d'un sentiment d'urgence dans les tutti, qui se communique au violoncelle. Surtout à l'allure quasi presto adoptée ici par Coin. Au Concerto RV 404 en ré majeur, une des plus anciennes compositions de Vivaldi pour le cello concertant, une partie soliste peu exigeante au premier mouvement précède un Affetuoso où le violoncelle s'épanche accompagné par la seule basse continue. L'Allegro final fugué est d'un bel allant.

Le Concerto RV 423 en si bémol majeur offre une écriture linéaire à travers un Allegro vif faisant dialoguer soliste et tutti de manière généreuse, puis un Adagio de type largo bien chantant, et un finale léger bardé d'effets de surprise. Le soliste là encore se voit offrir une ligne plaisante. L'énergie distingue le Concerto RV 407 en ré mineur : pulsation de l'Allegro dans le ritornello qui s'étend au soliste. Le Largo, introduit par une sorte de lamento des cordes, voit se détacher le chant sobre du violoncelle. Un Allegro en forme de fugue conclut très allant dans la mise en valeur le soliste. Enfin, le Concerto RV 415 en sol majeur est lui aussi joyeux et léger dans l'Allegro avec une partie soliste très brodée, pleine d'agilité. Puis vient une Sicilienne s'exprimant comme une berceuse, dans laquelle le violoncelle déploie tout son chant expressif. L'Alla breve final est une fugue à plusieurs séquences.

On savoure les fines exécutions de Christophe Coin. La familiarité du celliste français avec l'idiome vivaldien n'est plus à démontrer. Au-delà de l'agilité, c'est le sens de la ligne de chant, son aspect presque vocal qui en font le prix, qu'il s'agisse de la partie soliste ou du continuo qui utilise l'orgue, le clavecin ou le théorbe, voire la mandoline. Et partant, le naturel de la vision, sa sincérité. Coin use de deux sortes d'instruments, un violoncelle de taille normale et un violoncelle piccolo de sa propre collection : « un instrument à quatre cordes » dont la taille l'a « encouragé à le jouer debout, posé sur une petite table en bois, pour en augmenter la puissance et la résonance », précise-t-il. L'ensemble Onda Armonica, fondé en 2013 par la bassoniste Sergio Azzolini, prodigue une sonorité claire et des exécutions pleines d'esprit et d'allégresse.

On est pareillement séduit par la fine image sonore de l'enregistrement et le judicieux équilibre soliste-orchestre, le premier justement pas trop proéminent. Comme par une aura générale agréable, telle que captée dans un Palazzo de Padoue.

Texte de Jean-Pierre Robert

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Mots-clés: Vivaldi

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