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CD : Dejanira et autres pièces orchestrales de Lucien Durosoir

Lucien Durosoir Dejanira

  • Lucien Durosoir : Dejanira, Étude symphonique sur un fragment des Trachiniennes de Sophocle. Adagio pour cordes. Poème pour violon, alto et orchestre. Suite pour flûte et petit orchestre
  • Anton Starodubtsev (violon), Alexander Diaghilev (alto), Varvara Vorobeva (flûte)
  • Taurida International Orchestra, dir. Mikhail Golikov
  • Salzburg Chamber Soloists, dir. Lavard Skou-Larsen (Adagio pour cordes)
  • 1 CD Cascavelle : VEL-1568
  • Durée du CD : 57 min 12 s
  • Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise (4/5)

Musicien atypique, d'abord violoniste de renom, Lucien Durosoir (1878-1955) abandonne cette activité à la suite de la Première Guerre mondiale durant laquelle il fut mobilisé. Il se consacrera alors à la composition. Ce CD propose quatre des six œuvres qu'il a écrites pour l'orchestre. La découverte d'une musique profondément originale au style bien différent de celui de ses contemporains.

Le Poème pour violon, alto et orchestre (1920), "avec accompagnement d'orchestre", précise même la partition, offre une écriture de type rhapsodique où les cordes occupent une place prépondérante au sein d'une formation réduite, de type Mozart. Les deux parties solistes procèdent de l'orchestre plus qu'ils ne s'en détachent, fondues qu'elles sont souvent dans un tissu de cordes dense. L'écriture mise sur le chatoiement de leurs timbres. Quelques traits des bois éclairent une texture atonale, traversée de saillies tonales. C'est une musique exhalant une extrême tristesse jusque dans ses dernières pages. L'Adagio pour cordes, de 1921, marqué "Lento, molto espressivo", offre une longue plainte, d'une unité remarquable. Le discours d'abord intense s'éclaircit peu à peu sur une basse obstinée vers des contrées plus avenantes, mais pour se replonger dans une séquence encore plus désolée. L'œuvre se termine dans un decrescendo.

Dejanira, "Étude symphonique sur un fragment des Trachiniennes de Sophocle", date de 1923. C'est là encore une musique tourmentée faite d'épisodes denses et de passages plus aérés, presque allègres. Où les vents, les cuivres en particulier, occupent une place essentielle, toute d'éclat et de mystère. Les percussions aussi dont le subtil triangle. Un poème symphonique ayant la puissance d'un récit légendaire, à l'aune du texte de Sophocle dont il s'inspire. Et où l'on discerne différents épisodes, parmi lesquels une séquence plus apaisée dominée par les bois. Les soubresauts de cette pièce se ressentent encore de ceux de la Grande Guerre qui a tant marqué Durosoir. Enfin, la Suite pour flûte et petit orchestre, sa dernière œuvre confiée à l'orchestre, en 1931, constitue la somme de son travail. Quatre mouvements se partagent une pièce qui apparaît nettement plus optimiste que les précédentes. "Prologue" introduit un univers touffu dont se détache vite la flûte, primus inter pares. Celle-ci batifole dans le registre aigu. Les pupitres des bois, qui alignent hautbois et basson mais pas la flûte, dialoguent avec le soliste. "Divertissement", plus clair, sorte de scherzo, offre une allégresse mesurée. Les vents y sont favorisés plus que les cordes, et la partie soliste, fort bien pensée, déploie des incursions dans la tessiture la plus haute de l'instrument, comme proche d'un chant d'oiseau, hyper virtuose en tout cas. Dans le mouvement suivant, "Chant élégiaque", la trompette occupe une place importante, instaurant une opposition harmonique entre vents et cordes, au sein de laquelle la flûte tresse son chant en de gracieux effets, logés cette fois dans le registre médian. On remarque un intéressent travail sur des effets de frottement des cordes. La trompette revient en fin de mouvement et la flûte conclut sereinement. Le finale, " Épilogue", est résolument dynamique, laissant le dernier mot au soliste.

Ces pièces, à l'exception de l'Adagio pour cordes, sont interprétées avec goût par le jeune chef Mikhail Golikov à la tête du Taurida International Orchestra, constitué à Saint-Pétersbourg de jeunes musiciens virtuoses venus de Russie mais aussi des USA ou de Finlande. L'Adagio pour cordes l'est par les Salzburg Chamber Soloists, dirigés par Lavard Skou-Larsen, professeur de violon au Mozarteum, qui a fondé cet ensemble en 1991. 

Les enregistrements, captés en studio à Saint-Pétersbourg et à Salzbourg, sont satisfaisants, offrant une image claire des ces musiques tant originales. 

Texte de Jean-Pierre Robert

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