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CD : "An émigré to british Isles", le concerto grosso

Concerto Grosso

  • Francesco Scarlatti : Concertos grossos Nos 1, 2, 3, 4 , 8 & 9
  • Francesco Geminiani : Sonate pour violon op. 1 N° 1 (arrangement en forme de concerto grosso de Charles Avison)
  • Arcangelo Corelli : Sonate pour violon op. 5 N° 3 (arrangement en forme de concerto grosso de Francesco Geminiani)
  • (oh!) Orkiestra Historyczna, Martyna Pastuszka, violon et direction
  • 1 CD Muso : mu-030 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 63 min 56 s
  • Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleue (5/5)

Le propos de ce disque est de dresser une sorte de portrait de la vie musicale des Iles britanniques de la première moitié du XVIIIème, qui voyait l'émergence du genre du concerto grosso importé d'Italie. Sa forme achevée comme son extrême concision le plaçaient haut dans le "marché musical" anglais très ouvert à l'innovation en matière de musique instrumentale. Le programme concocté par l'ensemble polonais (oh!) Orkiestra Historyczna en offre un florilège intéressant aussi bien que joué avec maestria.

Au début du XVIIIème, en Angleterre, on cherche à dynamiser la vie musicale et en particulier à libérer la musique de chambre du rôle de second plan dans lequel elle est alors cantonnée. Les amateurs se prennent de fascination pour un genre nouveau, d'origine italienne : le concerto grosso. Les musiciens qui le pratiquent sont accueillis outre Manche à bras ouverts, qui dans leurs compositions mettent en lumière la vitalité d'une musique purement instrumentale et son audace, caractérisée par une certaine imprévisibilité, pour ne pas dire ses excentricités rythmique, à la différence du style français, avec son élégance et ses tournures moins fantasques. Le concerto grosso qui entretient le dialogue entre un ou plusieurs solistes (soli) et l'ensemble des cordes (tutti ou ripieno), offre en effet de nouvelles possibilités expressives nées des tensions entre instruments aigus et la basse continue, et entre soli et tutti. Francesco Scarlatti (1666-ca.1741), frère du célèbre Alessandro, qui s'installe à Londres en 1719 où il restera peu connu, en a écrit bon nombre. Six d'entre eux sont enregistrés ici. Ils sont en quatre mouvements, calqués sur le modèle de la sonata di chiesa, selon une alternance vif-lent. Le premier mouvement, généralement bref, figure une sorte d'exposition, le deuxième est plus expressif, le troisième l'est beaucoup plus, formant le cœur sensible du morceau, enfin le finale se veut preste. La dramaturgie soli-tutti apporte son lot de contrastes. Le concerto N°1 compte un Affetuoso final développé et soutenu évoquant une sorte de danse de menuet. Le N°4 préfigure, dans son second Largo, le style concertant de Vivaldi. Les concertos grossos Nos 8 et 9 sont différents : ce dernier, beaucoup plus développé, se signale par son premier mouvement très contrasté de par ses 5 changements de tempos et un souci polyphonique marqué. Le second Largo est extrêmement chantant et le presto final très enjoué. Le concerto N° 8 est encore plus original, qui aurait été écrit par Alessandro Scarlatti. Son Largo se développe comme une plainte qui traite les quatre voix de manière égale. 

La vogue du concerto grosso conduit aussi plusieurs musiciens à adapter des compositions plus retreintes à ce nouveau genre, comme les sonates pour violon. Ainsi Francesco Geminiani arrange-t-il la Sonate de violon N° 3 op. 5 de Corelli, de manière dynamique avec quelques sept parties séparées. Il fait intervenir l'orgue positif, ce qui apporte une couleur particulière au premier adagio. Le second, initié par le solo de violon, est d'une grande douceur. Le finale assure une ritournelle énergique, surtout au tempo adopté ici. Selon la violoniste Martyna Pastuszka, "pendant tout le concerto grosso, la partie de violon solo se présente comme un acteur, les tuttis orchestraux étant le chœur, complémentant et répondant à la partie soliste". De même en est-il de la Sonate de violon op.1 N° 1 de Geminiani, arrangée pour le concerto grosso par Charles Avison. La partie soliste reste bien présente, singulièrement dans le 2ème mouvement Allegro. Le très bref Grave suivant fait office de transition avec l'Allegro conclusif qui laisse apparaître des traits heurtés au sein d'un discours très allant.

Les interprétations de l'ensemble polonais (oh!) Orkiestra Historyczna, dirigé du violon par Martyna Pastuszka, se signalent par une approche libre des sources, qui ont été adaptées dans un souci de meilleure expressivité. Cette formation d'une quinzaine de musiciens procure des exécutions à la fois rigoureuses dans le respect des accents, et imaginatives quant à l'achalandage des tempos, la recherche des couleurs soli-tutti et la vitalité dynamique. 

Les enregistrements, effectués dans une école à Katowice, en Pologne, par une équipe française, offrent un grand naturel et une image aérée des plus agréables.

Texte de Jean-Pierre Robert

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