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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

Concert : le pianiste Arcadi Volodos en récital à la Philharmonie de Paris

Arcadi Volodos

Schubert, Rachmaninov et Scriabine interprétés à la Philharmonie de Paris par un soliste doté de moyens pianistiques colossaux.

C’est d’abord avec Franz Schubert que le pianiste Arcadi Volodos abordait la première partie de son récital donné ce jeudi 23 mai 2019 dans la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris. Il aurait pu bien sûr rendre hommage au dernier Schubert, celui des dernières Sonates ou des Klavierstücke, mais son choix se porta sur une œuvre que l’on pourrait appeler une œuvre de jeunesse, à savoir la Sonate en mi majeur D.157 écrite par un jeune homme tout juste âgé de dix-huit ans. L’Allegro qui débute cette Sonate révèle un Schubert joyeux, insouciant, mais déjà l’Andante suivant reflète une tout autre ambiance car Schubert y fait pénétrer un sentiment diffus d’angoisse anticipant déjà le second mouvement de la Sonate No20 D.959 datant de 1828. Le dernier mouvement de la Sonate D.157 renoue avec la fraîcheur et la grâce du premier mouvement se concluant en joyeuse apothéose. Les six Moments musicaux de Schubert datant de 1823 qui mettent fin à la première partie du récital d’Arcadi Volodos sont autant d’incursions dans des univers divergents, à l’aspect changeant, reflétant les états d’âme successifs de Schubert confronté à un perpétuel afflux d’idées nouvelles qu’il lui faut impérativement coucher sur le papier.

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C’est avec Rachmaninov que le pianiste Arcadi Volodos abordait la seconde partie de son récital. Il n’hésitait nullement à jouer en premier son célèbre Prélude en ut dièse mineur op.3 No2. Une pièce pour piano qui pour le compositeur deviendra presque un handicap, par son succès qui sera quasiment planétaire. Cette Partie du concert entièrement dédiée à Rachmaninov s’achèvera avec l’Etude-Tableau en ut mineur op.33 datant toujours de l’époque Russe, avant le départ du compositeur pour les U.S.A quand la Révolution de 1917 le force à l’exil. S’inspirant peut-être du peintre suisse Arnold Böcklin (dont le célèbre Poème symphonique L’Ile des Morts subit l’envoûtement manifeste) Rachmaninov révèle ici son aspect sombre, méditatif, par l’introduction d’un rythme de marche fantomatique vaguement inquiétant qui va néanmoins se conclure dans une atmosphère plus sereine.

Ultime partie de ce récital : Alexandre Scriabine dont Arcadi Volodos révèle la proximité avec l’univers de Chopin en débutant cette toute dernière partie avec une Mazurka op.25 No3 qui reflète la profonde admiration que Scriabine voue à son prédécesseur. Arcadi Volodos terminera son concert avec ce compositeur parfois déroutant, singulier jusqu’au vertige, en exécutant une œuvre ésotérique, survoltée « Vers la Flamme » op.72, s’éloignant considérablement de l’univers de la tonalité sans toutefois s’en exclure définitivement comme un certain Arnold Schoenberg dans son Pierrot Lunaire op.21 datant de 1912.

Étonnant de légèreté et d’intuition dans Franz Schubert, Aracadi Volodos qui dispose aussi d’une formidable réserve de puissance se révèle à l’évidence impérial dans le répertoire russe symbolisé par la présence de deux grandes figures de la musique russe : Rachmaninov et Scriabine. Ovationné chaleureusement, Arcadi Volodos, d’une grande générosité, accorde sans rechigner quatre superbes bis explorant parfois le monde de la transcription.

Texte de Michel Jakubowicz


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Philharmonie de Paris

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