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CD : Transcription pour quatuor à cordes de thèmes de La Flûte enchantée

Quatuor Zaide Amadeus

  • Wolfgang Amadé Mozart : Die Zauberflöte, K. 620 : transcription pour quatuor à cordes. Quatuor K. 387
  • Quatuor Zaïde
  • 1 CD NoMadMusic : NMM 060 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 72 min 04 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5) 

Les quatre filles du Quatuor Zaïde consacrent leur nouveau CD à Mozart, le compositeur qui a donné leur nom d'artiste, emprunté à un de ses opéras. Et jouent deux œuvres a priori dissemblables : le Quatuor à cordes K. 387, et une rareté, la transcription pour cette formation de la musique de La Flûte enchantée. Une association finalement non fortuite car, selon elles, les éléments figuralistes de ce quatuor, qui le rendent théâtral, rejoignent l'univers du dernier opéra de Mozart. Ce qu'elles démontrent par des superbes interprétations.

Le succès qui accueillit d'emblée La Flûte enchantée K. 620 devait conduire à de nombreux arrangements. Celui pour quatuor à cordes est dû à une main anonyme. Mais experte. Car, à en juger par la comparaison avec les autres quatuors du maître de Salzbourg, elle possédait indéniablement l'art et la manière mozartienne de traiter ce genre musical. La transcription concerne 19 numéros de l'opéra, de l'Ouverture à l'air de Papageno du IIème acte, finissant en un pot pourri magistral réunissant les dernières pages de l'œuvre. Elle suit donc fidèlement le fil de l'action, et musicalement en traduit les subtilités par une écriture magistrale : « cet arrangement de La Flûte enchantée est une pièce de virtuosité de haute voltige pour quatuor à cordes », soulignent les Zaïdes. Bien sûr, le premier violon se taille la part du lion, incarnant tour à tour plusieurs personnages : Tamino dès sa première intervention ''Zu Hilfe !'' ou plus tard lors de l'air ''Dies Bildnis'', mais aussi Papageno dans l'air ''Der Vogelfänger bin ich ja'', assorti d'originales et amusantes variations. La virtuosité, on la détecte partout, aussi bien dans la première intervention de Monostatos et sa brève confrontation avec Papageno, les deux hommes jouant à se faire peur, ou dans le dialogue entre violons I & II lors de l'échange entre Pamina et Papageno, ici bardé de jolies ornementations tout à fait dans l'esprit du texte orchestral. On remarque également l'originalité comme lors de la ''danse'' façon automate de Monostatos et de ses sbires, traitée par des pizzicatos du violon I. On est bercé par le charme émanant de ces morceaux, tel l'air de Pamina ''Ah, ich fühl's'', qui en restitue toute l'intense tristesse. Et la solennité, on la perçoit avec la Marche des prêtes qui ouvre l'acte II et l'aria de Sarastro ''O Isis und Osiris'' qui suit, où l'on entend presque les chœurs d'hommes. Car la transcription fait tout autant chanter les voix que les instruments. Ce que les Zaïdes restituent avec flair et talent.

Il en va de même dans l'exécution du Quatuor K.387. Dans ce premier des ''Quatuors dédiés à Haydn'' on savoure une écriture libérée, y compris de la référence au maître d'Esterhazá qui composait alors ses ''Quatuors russes''. La présente interprétation respire le bonheur de jouer. Ainsi de l'allegro vivace assai, lumineux dans son thème volontariste qui chante la joie de vivre, tandis qu'est maîtrisé l'assombrissement du discours dans le développement. Le Minuetto en poursuit l'esprit enjoué dans un tempo très allant, nanti d'une légère précipitation qui lui confère vie. Le trio contraste par son dramatisme bien senti. L'Andante cantabile, pris soutenu, révèle justement sa composante de méditation, en particulier au développement et ses divers climats, jamais pesants. C'est « comme une prière, une communion très intime », remarquent les Zaïdes. Le Molto allegro final fugué montre une rythmique là encore bien maîtrisée et son thème allègre progresse sans l'ombre d'une lourdeur. Joie, exubérance presque, signent une interprétation de belle facture, de la part de quatre musiciennes dont on aura remarqué la rigueur quant au respect textuel et le raffinement du jeu, comme la parfaite cohésion des voix.

L'enregistrement, au Théâtre impérial de Compiègne, offre une image naturelle, aérée et immédiate, un léger effet de résonance parfaitement maîtrisé.

Texte de Jean-Pierre Robert

Disponible sur Amazon en CD et MP3


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