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CD : Pièces de musique de chambre et vocale d'Eugène Anthiome

Anthiome Ensemble Contraste

  • Eugène Anthiome : Grand Trio pour piano, violon et violoncelle. Fantaisie romantique pour violon et piano
  • Chant d'Avril. Papillon bleu. Mignonne puisque c'est l'automne. Le chemin creux. Emina ma belle
  • Ensemble Contraste : Ambroisine Bré (mezzo-soprano), Arnaud Thorette (violon), Antoine Pierlot (violoncelle), Johan Farjot (piano)
  • 1 CD Label Contraste Productions : BBCP 003 (Distribution : PIAS)
  • Durée du CD : 55 min 14 s
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5) 

Voici une première au disque : des musiques d'Eugène Anthiome, compositeur de la période romantique finissante, bien peu connu, qui pourtant traduit l'esthétique élégante d'une époque et manie la forme comme peu. Des musiques interprétées par l'Ensemble Contraste avec goût et raffinement.

Eugène Anthiome (1836-1916) est un pianiste virtuose doublé d'un compositeur que sa discrétion a sans doute éloigné des feux de la célébrité, au temps de Saint-Saëns, puis de Debussy et de Ravel. Second Grand Prix de Rome en 1861, il sera professeur au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris et ses talents de pédagogue lui feront publier en 1880 un ''Art du piano''. Il laisse une œuvre si pas nombreuse, du moins suffisamment intéressante pour qu'on s'y attarde. C'est tout l'attrait de ce disque qui propose des pièces vocales et deux pièces chambristes, de facture très variée. Ainsi le Grand Trio pour violon, violoncelle et piano, écrit en 1873, s'inscrit-il dans la nouvelle mode que connaît ce genre musical à la fin du XIXème, avec Félicien David ou Édouard Lalo, puis Franck et Saint-Saëns. De grande ampleur et en quatre mouvements, il montre un maniement rigoureux de la forme classique, une belle inspiration simple, bien gallique. Comme il en est de l'Allegro ma non tropo qui l'entame, où la fluidité du piano accompagne la belle ligne mélodique du violon puis du cello. L'Andante, introduit par le piano, offre un agréable mélodisme, de caractère rêveur, confié essentiellement aux cordes, mais sans que le clavier soit relégué au second plan. Au Minuetto, les choses s'animent dans un geste en forme de gai refrain, presque facétieux. Le passage en trio ajoute une jolie diversion. Le finale Allegro non troppo poursuit dans le même esprit, et un mode très allant. Le développement renchérit dans la légèreté et un parfait équilibre des trois voix. Le piano acquiert une belle indépendance, alors que le discours s'enflamme à l'ultime d'une œuvre qui mérite l'écoute. La Fantaisie romantique pour violon et piano, de 1889, montre toute la brillance de l'écriture violonistique et une grande liberté formelle : après une introduction calme du piano, le violon s'élance intrépide, pour laisser place à un chant serein. Puis le discours se fait plus exalté au fil de nombreux changements de rythmes et de couleurs. La section médiane est élégiaque, d'une fine transparence, avant une coda fiévreuse. Dans les deux œuvres, les instrumentistes de L'Ensemble Contraste, Arnaud Thorette (violon), Antoine Pierlot (violoncelle) et Johan Farjot (piano), offrent des exécutions immaculées et d'une fine musicalité.

Quelques pièces vocales complètent cette offre. Pour célébrer l'art de la romance, genre typiquement français depuis le XVIIIème siècle. Fils d'un ténor, et fréquentant du moins au début de sa carrière, les salons musicaux où se produisent des chanteurs en vue comme Pauline Viardot, Anthiome laisse des pièces se distinguant par leur goût de la mélodie simple, leur caractère intime et émouvant. Ainsi de ''Emina, ma belle'' (1860), douce plainte sur le contre-chant du violon, dont le tempo en forme de refrain un peu lancinant, n'empêche pas un indéniable charme mélodique. Qu'Ambrosine Bré assure avec finesse. ''Chant d'Avril'', de 1903, partage la mélodie entre la soprano et le violoncelle. Dans ''Chemin creux'', l'élégance du verbe s'incruste dans l'écrin de violon et de cello pour évoquer un paysage forestier d'une grande délicatesse de ton. ''Papillon bleu'', enjoué au piano, dont le jeu évoque des battements d'ailes, se signale par une partie vocale se complexifiant dans son harmonisation. Enfin avec ''Mignonne puisque c'est l'automne'', la voix progresse sur une ritournelle arpégée du piano. 

L'enregistrement studio est peu aéré mais d'un beau relief, les voix bien distinctes dans le trio et le duo instrumental. Celle de la soprano est saisie dans une perspective un peu sèche.

Texte de Jean-Pierre Robert

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