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CD : « American touches », le piano de Gershwin et de Bernstein

American Touches Celia Oneto Bensaid

  • Leonard Bersntein : Ouverture de Candide. Touches. Danses symphoniques de West Side Story
  • George Gershwin : An American in Paris. Trois préludes pour piano
  • Célia Oneto Bensaid, transcription et piano
  • 1 CD Soupir Editions : S 247 (Distribution : Socadisc)
  • Durée du CD : 60 min 16 s
  • Note technique : etoile verteetoile verteetoile verteetoile verteetoile grise (4/5)

La musique américaine passionne la pianiste Célia Oneto Bensaid depuis l'enfance. Aussi l'idée de la jouer, et même de l'adapter pour son instrument, devenait-elle presque une évidence. Ce CD, bâti autour de Gershwin et de Bernstein, propose un voyage plein de fantaisie parmi quelques morceaux cultes comme Un américain à Paris ou West Side Story, et des pièces plus rares.

L'Ouverture de Candide de Bernstein (1957), point de départ de l'aventure, entame le programme du disque, aussi magistralement transposée pour le piano qu'interprétée par Célia Oneto Bensaid. Tiré de l'opérette peu après sa création, ce morceau est devenu un classique d'orchestre. Cette musique joyeuse, joliment rythmée, ne perd nullement de sa saveur au seul piano. Les Danses symphoniques de West Side Story (1960) clôturent le disque. La pianiste a choisi neuf numéros dont on admire la sagacité de la transcription. Le « Prologue » pose le côté antagonique des forces en présence, les deux camps des Jets et des Starks. On se délecte de la poétique de « Somewhere » ou de « Meeting Scene », de la vitalité du geste dans « Scherzo » et ses effets d'écho, parfaitement restitués au clavier, de la puissance de « Mambo » et son étourdissante vélocité. Ou encore de la rythmique légèrement mélancolique de « Cha-Cha » ou du désinvolte de « Cool fugue », logé dans l'extrême aigu du piano puis s'enflammant dans l'entièreté des registres. Le « Finale » apporte sa note nostalgique et poignante, de plus en plus épurée, épilogue des amours contrariés de deux Roméo et Juliette modernes. Touches, écrit en 1981, pour le Concours van Cliburn et en hommage à Aaron Copland et ses « Variations pour piano », est une composition très personnelle, secrète, à part dans l'œuvre de Lenny. Un choral suivi de huit variations et une coda toute en douceur. Le langage austère frôle le dodécaphonisme.

Côté Gershwin, An American in Paris, composé en 1928, se ressent de la vogue jazzy de l'époque. Et des bruits de la rue new yorkaise : « la rue c'est aussi le rythme, ces rumeurs reçues comme des gifles au détour d'un pâté de maisons », remarque Célia Oneto Bensaid. Un florilège de rythmes changeants, comme le premier à se signaler, trottinant dans la tête. Dans la transcription due à Dally et Célia Oneto Bensaid, c'est vraiment tout un orchestre que l'on entend, ses embardées souvent cocasses comme les moments de rêve. La section médiane, marche nonchalante et déhanchée, voit le mouvement s'amplifier dans une verve irrésistible. Loin d'amoindrir le spectre, le piano en restitue toute l'épaisseur, la chaleur aussi. Le rag time final est magistralement sculpté. Les Trois Préludes pour piano (1926) marquaient déjà quelque assagissement chez le musicien prodige Gershwin, quoique le style ''gamin de la rue'' ne soit pas loin. Sur les talons du fameux Concerto pour piano en fa, donné à Carnegie Hall en décembre 1925, ce triptyque pianistique montre une belle habileté : le rythme extrêmement martelé des premier et dernier volets, marqués ''allegro ben ritmato e deciso'', s'autorisant toutes sortes de libertés dans celui-ci, tranche avec le deuxième, un andante ''poco rubato'', le plus développé, qui folâtre un peu à la Satie, oscillant entre berceuse et mélodie triste jazzy.

Célia Oneto Bensaid, formée au CNSM de Paris auprès de Claire Désert et de Jean-Frédéric Neuburger, lauréate de plusieurs prix dont celui du fonds de dotation André Boisseaux en 2017, a déjà à son actif une belle carrière (Roque d'Anthéron, Folle Journée de Nantes, Piano aux Jacobins...). Elle joue ces pièces avec autant de conviction et de zest qu'elle se meut dans l'art de la transcription. Le piano Fazioli est saisi de près, façon jazz, ce qui a tendance à souligner les graves. Mais l'image est fort bien définie. 

Texte de Jean-Pierre Robert  


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