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CD : Le Consone Quartet joue Haydn et Mendelssohn

Consone Quartet Haydn Mendelssohn

  • Joseph Haydn : Quatuor à cordes en sol majeur op. 77 N° 1
  • Felix Mendelssohn : Quatuor op. 12. Quatre pièces pour quatuor à cordes op. 81
  • Consone Quartet
  • 1 CD Ambronay Editions : AMY310 (Distribution : Harmonia Mundi)
  • Durée du CD : 70 min 40 s
  • Note technique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rouge (5/5)

Le jeune Quatuor Consone, trois filles et un garçon, joue Haydn et Mendelssohn sur cordes en boyau et dans une démarche historiquement informée. La carrière de ces quatre musiciens issus du Royal College of Music de Londres, ornée déjà de quelques prix internationaux, leur a valu d'être intégrés directement dans le cursus eeemerging du Centre Culturel et de Rencontres d'Ambronay. Qui leur a offert d'enregistrer leur premier disque dans la Collection ''Jeunes ensembles'' du label maison. Le programme en est aussi original qu'ambitieux. Un coup de maître !

Le Quatuor op. 12 de Mendelssohn, le deuxième d'un compositeur de 19 ans (1829), est une œuvre sombre et passionnée, à l'image du bref adagio qui introduit le premier mouvement, puis de la section ''allegro non tardante'' (à jouer sans traîner), d'une mélodie calme. Le Consone Quartet impose d'emblée un jeu immaculé. Le mouvement suivant, ''Canzonetta'' Allegretto est l'un des morceaux les plus célébrés des quatuors de Mendelssohn : un intermède modéré au léger parfum populaire, que les Consone jouent avec infiniment de grâce. Une section plus rapide annonce les morceaux d'ambiance féérique de l'auteur du Songe d'une nuit d'été. L'andante espressivo progresse simplement en intensité dans le même registre mélancolique que le 1er mouvement. S'il s'enchaîne, le finale ''Molto allegro e vivace'' n'en marque pas moins presque une rupture, déployant une belle fougue sur un rythme entraînant de tarentelle. Les Consone y excellent et les cordes en boyau apportent une couleur toute de fraîcheur, notamment le son légèrement acidulé du Ier violon. Les Consone ont choisi de donner une autre œuvre peu connue de Mendelssohn : les Quatre Pièces pour quatuor op. 81. Belle initiative ! Il s'agit d'un ensemble de quatre morceaux isolés, composés à des époques différentes, entre 1827 et 1847. Ils seront réunis et publiés en 1850, à titre posthume donc. Le ''Tema con variazioni'', Andante sostenuto (1847) est le seul mouvement jamais écrit par Mendelssohn selon le schéma du thème et variations. Le bref scherzo, marqué ''allegro leggiero'', également de 1847, fascine par sa souplesse rythmique et une légère pointe de mélancolie, un dernier exemple de la manière dont Mendelsshon aborde ce genre de la danse des Elfes qui fut sa marque. Il se conclut dans un chuchotement. Le ''Capriccio'' (1843) est un prélude et fugue, taillé comme une berceuse ou une romance sans paroles dans sa première partie, que suit un fugato vigoureux magistralement construit. Et non moins admirablement conduit par les Consone qui en maîtrisent la pulsation. Enfin ''Fuga'', en réalité une double fugue, est une pièce de jeunesse (1827), contemporaine des premiers quatuors de Mendelssohn, et donc de l'op. 12. Il révèle une grande habileté d'écriture contrapuntique dans un ton serein et intense, ce que nos quatre mousquetaires restituent avec tact.

Ils interprètent aussi le Quatuor op. 77 N°1 de Joseph Hadyn. Comme son alter ego l'op. 77/2, celui-ci a pour origine une commande du mécène le Prince Lobkowitz, qui valut aussi les 6 Quatuors op. 18 de Beethoven. Cet avant-dernier des 76 quatuors de l'auteur de La Création est extrêmement mélodique. L'allegro moderato s'ouvre sur un rythme de marche emmenée par le violon I sur un soubassement des trois autres cordes. Il progresse magnifiquement sous les doigts des Consone qui rendent avec bonheur les changements d'éclairages dans la thématique généreuse. L'adagio de forme sonate révèle toute la maîtrise du dernier Haydn et son attrait pour la nouveauté dans l'usage d'une tonalité éloignée de celle retenue dans le mouvement précédent. Le développement cèle d'infinies nuances dans le registre piano. Le Menuetto est en fait un scherzo, pris presto dans de beaux unissons. Le 1er violon caracole dans l'aigu pour des sauts vertigineux. Le passage en trio contraste par son effet de martèlement fff, que les Consone prennent à l'arraché. Le Presto final, sur un rythme de danse croate, le Kolo, apporte une conclusion joyeuse et virtuose, extrêmement travaillée dans les diverses métamorphoses des thèmes. Les Consone éblouissent par leur cohésion, tandis que le violon I, de nouveau très sollicité, fait montre d'une belle faconde. On ne sait qu'admirer chez ce jeune ensemble : la maturité du regard, la perfection instrumentale de chacun des musiciens, la fusion entre les 4 voix, la naturelle aisance dans le classicisme de cette œuvre de Haydn aussi bien que dans la fantaisie de celles de Mendelssohn. 

L'enregistrement présent et clair procure une image parfaitement équilibrée des quatre voix.

Texte de Jean-Pierre Robert 


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