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Concert : le pianiste François Dumont en récital à la Salle Gaveau

Francois Dumont piano salle gaveau

Bach, Debussy, Liszt, Moussorgski, par un pianiste aux moyens impressionnants, François Dumont, dont le précédent concert à Gaveau concernait surtout Schubert.

Bien que débutant par un Prélude et fugue en la mineur de Johann Sebastian Bach revu par Franz Liszt, c’est avec Debussy que François Dumont va aborder le thème du récital donné cette soirée : Estampes et Tableaux. C’est en effet avec ces trois Estampes de Debussy datant de 1903 que François Dumont nous introduit sans crier gare dans l’univers magique du piano tel que l’appréhende l’auteur de Pelléas et Mélisande. Précédant seulement d’un an La Mer qui verra le jour en 1904, ces trois pièces pour piano (Pagodes, La soirée dans Grenade, Jardins sous la pluie) résument avec force l’incroyable raffinement obtenu dans son écriture impressionniste appliquée au piano. La dernière pièce (Jardins sous la pluie) utilise des techniques basées sur la transparence, faisant également d’une certaine façon appel au collage par l’insertion de chansons enfantines. François Dumont, après cette incursion dans le domaine français explorait les Années de Pèlerinage de Franz Liszt, inventeur du poème symphonique (Les Préludes) et s’attachait tout particulièrement à Jeux d’eau à la Villa d’Este et la Vallée d’Obermann. Dans Jeux d’eau à la Villa d’Este, Franz Liszt toujours aussi visionnaire, pressent l’irrésistible arrivée prochaine de l’impressionnisme, transformant des jeux de cascades en miroitements infinis. La Vallée d’Obermann qui suit est d’une nature, plus austère, et atteint dans son développement central des sommets de recueillement. Une brève pièce pour piano de Moussorgski, Une Larme, précédait cette vaste suite pour piano du compositeur de Boris Godounov : Les Tableaux d’une Exposition, s’inspirant des dessins de son ami peintre et architecte Victor Hartmann prématurément décédé à l’âge de trente-neuf ans. Dans cette suite pour piano qu’un certain Maurice Ravel orchestrera ultérieurement, Moussorgski imagine des illustrations sonores inouïes, rendant un hommage mérité aux dessins de son ami bien trop tôt disparu. Les épisodes mettant en jeu des péripéties fantastiques sont particulièrement bien traitées (Les catacombes, Baba Yaga) mais Moussorgski n’en dédaigne pas pour autant les épisodes humoristiques (Ballet des poussins dans leurs coques, Les Tuileries. Disputes d’enfants après jeux). Il réserve également à La Grande Porte de Kiev toute la solennité voulue, avec force imitations de cloches et carillons… François Dumont exerce à n’en pas douter une autorité évidente sur ces différents styles musicaux qu’il domine avec une aisance stupéfiante. L’univers debussyste lui convient à vrai dire à merveille, tant il semble en connaître chaque détour. La réaction du public à l’issue du concert est éloquente : il en redemande ! Bon prince, François Dumont, après une impeccable interprétation des Tableaux d’une exposition de Moussorgski, n’hésite pas, à offrir trois bis au public enthousiaste de la Salle Gaveau (Bach, Chopin, Debussy).

Un concert permettant à un pianiste talentueux d’aborder aussi bien Debussy que Liszt et Moussorgski, sans oublier Bach !

Texte de Michel Jakubowicz    


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Mots-clés: Salle Gaveau

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