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CD : Les Quintettes pour piano et cordes de Dvořák par le Busch Trio, Miguel da Silva & Maria Milstein

Quintettes avec piano Bagatelles

  • Antonín Dvořák : Quintettes pour piano et cordes N° 1 op. 5 & N° 2 op. 81. Bagatelles op. 47
  • Busch Trio, Maria Milstein, 2ème violon & Miguel da Silva, alto
  • 1 CD Alpha : Alpha 403 (Distribution : Outhere Music)
  • Durée du CD : 80 min 41 s
  • Note technique : etoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile orangeetoile grise (4/5)

Troisième et avant-dernier volume de la passionnante intégrale de la musique de chambre pour piano et cordes de Dvořák enregistrée par le label Alpha, ce CD présente les deux quintettes. Des œuvres bien différentes, certes, mais animées par la même passion que lui portent les présents interprètes.

Bien moins connu et joué que le second, le Quintette pour piano N° 1 op. 5 mérite qu'on s'y attarde. Alors qu'il a déjà derrière lui deux symphonies et deux quatuors à cordes, le jeune Dvořák s'essaie au genre délicat du quintette avec piano. Complétée en 1872, la partition sera reniée par son auteur qui la jettera au feu. Elle survivra grâce à une copie gardée par un ami, pianiste amateur, à partir de laquelle Dvořák procédera à un important remaniement de l'œuvre quelques années plus tard. D'une belle assurance, elle se signale par un indéniable charme. Qu'on découvre dès le premier mouvement qui, débuté par le piano seul, dévoile une inspiration digne de Schubert et en tout cas une ingénieuse façon d'assembler le clavier et les cordes. Également introduit par le piano, l'Andante découvre une jolie mélodie traitée de manière intense et diversifiée, dont des passages élégiaques, jusqu'à une conclusion sereine amorcée là encore par le piano. Le finale, entamé par une section scherzo turbulente bien scandée, se développe avec vivacité, notamment dans le passage médian sur un thème de rengaine populaire. Si le piano assure le leadership, l'association avec les cordes est finement jugée. 

D'une toute autre envergure, le Deuxième Quintette pour piano op. 81, de 1887, est l'œuvre d'un musicien au faîte de la reconnaissance. Contemporaine du second volume des Danses slaves, cette vaste partition éblouit par son constant jaillissement mélodique. Ainsi de l'allegro initial découvrant la mélopée du violoncelle sur un accompagnement berçant du piano, pour vite céder la place à un cheminement vigoureux. Nombreux sont les changements de climats au fil de l'ample développement où alternent bouillonnement et sérénité. Ce que les Busch et leurs amis traduisent avec maestria, défendant d'abord un lyrisme expansif, dans les traits de l'alto en particulier, et une couleur presque orchestrale. Cœur de l'ouvrage, l'andante sur un rythme de Dumka, accuse aussi une séduisante diversité rythmique dans une magique alternance lent-rapide, toujours gorgée d'un lyrisme incandescent. La section centrale s'anime en un tourbillon sonore irrésistible. Le scherzo mêle la danse tchèque de Furiant et une valse rapide pour une combinaison là encore peu résistible, et le trio central contraste par son effusion lyrique contenue. La reprise sera encore plus endiablée. Le finale maintient l'élan tout en le démultipliant dans un enchaînement thématique éblouissant.

Entre les deux partitions, on a inséré les Bagatelles op. 47 (1878), conçues originellement pour harmonium et cordes. Ces brèves cinq pièces, contemporaines du premier volume des Danses slaves dont elles partagent les accents nationaux et l'aisance mélodique, sont une succession de vignettes au parfum populaire. Comme pour ce qui est de la mélodie mémorable de l'allegretto scherzando initial, qui réapparaît dans la troisième pièce sous une forme habilement agrémentée, puis dans l'entraînante dernière. Le Tempo di Minuetto et l'andante con moto, placés en deuxième et quatrième position, forment un contraste délicatement lyrique.

Là comme dans les deux quintettes, on admire le raffinement instrumental et la cohésion de l'ensemble formé par le jeune Busch Trio et leurs collègues, Miguel da Silva à l'alto et Maria Milstein, au 2ème violon. On remarquera tout particulièrement la fluidité et la sveltesse du piano d'Omri Epstein, âme du Busch Trio, comme dans toute vraie formation de trio avec piano, et ici fédérateur d'une glorieuse association à cinq voix.

La prise de son dans le studio de la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo se signale par son immédiateté et offre une image large d'un beau relief, malgré une acoustique un peu sèche.

Texte de Jean-Pierre Robert

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