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CD : Romance de guerre

CD romance guerre

« Romance de guerre » Philippe Gaubert: Sonate pour violon et piano. Blair Fairchild : 2ème sonate pour violon et piano. Edward Elgar : Sonate pour violon. Benjamin Dale : Prunella Andante grazioso
Ambroise Aubrun, violon, Steven Vanhauwaert, piano
1CD Hortus Collection Les Musiciens et la Grande guerre, vol XXVI : Hortus 726 (Distribution : Harmonia Mundi)
Durée du CD : 71'15
Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)

Pour son XXVI ème opus, la collection ''Les Musiciens et la Grande Guerre'' se concentre sur les derniers feux du romantisme et de la sonate. Cette dernière survit pourtant durant ces sombres années. Sont réunis sur ce CD trois compositeurs du camp allié, le français Philippe Gaubert, l'anglais Edward Elgar et l'américain Blair Fairchild. Trois pièces d'un belle vitalité expressive interprétées par de talentueux musiciens.

Philippe Gaubert (1879-1941), flûtiste et chef d'orchestre, entre autres directeur de l'Opéra de Paris où il créera Oedipe d'Enesco ou Padmavâti de Roussel, était aussi compositeur, ce qui est aujourd'hui méconnu. Sa Sonate pour violon et piano, dédiée à Thibaud et Cortot, a été écrite près des tranchées de Verdun en 1915, alors que le musicien était dans les services de santé aux Éparges. Si elle ne révolutionne pas le genre, cette œuvre le perpétue brillamment. Elle débute par un allegro lumineux et romantique dans une acception claire toute française. Le deuxième mouvement  marqué ''Très lent'' débouche sur un ''Très vif scherzando'' : dans la première partie le lyrisme est intense, magistralement écrit pour le violon, et la seconde propose une belle rythmique joyeuse, dans le ton de Vincent d'Indy, avec une section en trio plus réfléchie. Le finale renoue avec le lyrisme avenant du début. Diplomate américain, amoureux de la France où il se rend dès 1903, Blair Fairchild (1877-1933) se forme auprès de Widor et occupera une place de premier plan dans l'amitié franco-américaine. Il compose sa Deuxième sonate pour violon op. 43 en 1919. Dans l'œuvre souffle un indéniable esprit gallique. Elle s'ouvre par un Moderato sur un rythme de sicilienne, et s'y fait sentir une influence de Ravel, dans le traitement du piano en particulier. Celle de violon appelle des harmonies raffinées et des chutes inattendues. L'allegretto vivo qui suit est un scherzo bien balancé et expressif avec une section en trio en forme de zortzico basque - autre clin d'œil à l'auteur du Boléro ! Le ''quasi adagio'' promeut un lyrisme secret qui va s'affirmant, les deux partenaires placés sur un pied d'égalité. La pièce se referme sur un molto allegro lumineux fort habilement écrit avec notamment une fugue à quatre voix.

Edward Elgar (1857-1934) compose plusieurs œuvres durant la Grande guerre, témoins de son engagement patriotique. Parmi sa production chambriste tardive, la Sonate pour violon op. 82 de 1918 affirme un style différent de ses précédentes compositions. Sans prétention, elle est, selon son auteur « plein de sons dorés » au long de ses trois mouvements. Un allegro risoluto vigoureux, initié par le violon, conduit à un développement plus apaisé avec un traitement généreux des deux protagonistes, dont le rôle confié au violon. La pièce a en effet été écrite à l'intention de son ami William Reed, premier violon de London Symphony de l'époque. La « Romanza » affirme quelques couleurs romantiques, presque trop séduisantes, mais cela chante et respire l'optimisme jusqu'à un grand climax très expressif. Le finale propose une succession de climats contrastés d'une belle faconde et d'un lyrisme affirmé.

Ces pièces sont jouées par deux jeunes et talentueux musiciens passionnés de musique de chambre et dénicheurs d'œuvres méconnues ou nouvelles : le violoniste Ambroise Aubrun qui pour son premier disque, offre une sonorité lumineuse et un style épousant avec brio ces diverses idiomes, et le pianiste belge Steven Vanhauwaert qui avait déjà signé deux opus dans cette même collection, dont l'album « Dispersion » (vol. XIX) avec des pièces de Schulhoff, Vierne, Hindemith et Casella où se distingue, comme ici, un style nerveux et précis.

Dans une acoustique mate, le rendu sonore est intimiste avec un équilibre satisfaisant entre les deux instruments.

Jean-Pierre Robert  

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Mots-clés: Les Musiciens et la Grande guerre

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