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  • Jean-Pierre Robert
  • Musique

CD : « Shades of love » Cantates italiennes de Haendel

George Friedrich Haendel

George Friedrich Haendel : Cantates italiennes Lucrezia, HWV.145 ; Se pari è la tua fè, HWV.158a ; Clori, mia bella Clori, HWV.92 ; Sento là che ristretto, HWV.161b ; Crudel tiranno Amor, HWV.97
Anna Kasyan, soprano. Jory Vinikour, clavecin, Ophélie Gaillard, violoncelle, Jorge Jimenez, Anatasia Shapoval, violons, Michel Renard, alto
1CD Evidence : EVCD038 (Distribution : PIAS)
Durée du CD : 66'36
Note technique: 4/5

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C'est durant son séjour en Italie durant les années 1706 à 1710 que le jeune Haendel compose des cantates profanes à la demande de prestigieux mécènes et, pour certaines d'entre elles, à l'intention d'une célèbre chanteuse de l'époque, Margherita Durastanti qui triomphait malgré la vogue des castrats. Pièces qui dans son œuvre restent relativement peu connues. Raison de plus pour se pencher sur ce récital qui marque le premier disque de la cantatrice géorgienne Anna Kasyan.

Parmi ces nombreuses cantates, Anna Kasyan en a choisi cinq, représentatives des états de l'âme féminine confrontée à l'amour, ses joies, ses douleurs, les affres de la séparation, voire la rage de la trahison ou la haine que peut générer le délaissement. Ces pièces dont l'accompagnement est restreint, réservé à deux instruments, le violoncelle et le clavecin, auxquels peuvent parfois s'ajouter un ou deux violons et l'alto, déclinent tout un nuancier d'affects selon le procédé du clair-obscur, comme en peinture, empruntant à des textes hautement imprégnés de thématique allégorique. Ce type de cantate est finalement proche de la scena d'opéra - on ne jouait pas d'opéra en Italie à l'époque en raison de l'interdiction papale - bâtie selon une alternance de récitatifs et d'arias, elles-même lentes ou rapides. A commencer par La Lucrezia, pièce éminemment dramatique : au fil de neuf morceaux, c'est toute une scène où s'épanche l'héroïne blessée pour exprimer ses tourments devant le forfait de Tarquin. On notera une brève section furioso, comble de l'excitation, sur les mots « Qu'ils punissent, oui, mon âme désespérée ! » Il en va de même dans la cantate Crudel tiranno Amor qui voit l'héroïne partagée entre tristesse et espoir. Ainsi l'aria centrale, larghetto, distille-t-elle une déchirante plainte, où Anna Kaysan porte les beaux accents de son soprano généreux, tandis que l'aria finale annonce les grands morceaux des opéras à venir. L'inspiration créatrice à travers cette carte du Tendre peut encore chanter la suavité de l'émotion amoureuse (cantate Sento là che ristretto), être un hymne à la fidélité (cantate Se pari è la tua fè), ou une illustration des attraits de la bien-aimée (cantate Clori, mia bella Clori). 

Les interprétations d'Anna Kasyan sont frappées au coin d'un engagement dramatique certain. Les brusques changements de climat la voient parfaitement à l'aise en termes de couleurs et d'intensité et les vocalises sont négociées avec agilité. La déclamation est intense même si au prix, à l'occasion, de quelques accents outranciers dans les passages rapides. Le timbre est séduisant en particulier dans le médium autorisant un legato assuré avec longue tenue des fins de phrases dans les sections lentes. Elle est soutenue par un accompagnement de qualité, en particulier pour ce qui est du cello d'Ophélie Gaillard.

La prise de son donne une bonne image de la voix. Reste que l'accompagnement est trop discret lorsqu'il se résume aux seuls violoncelle et clavecin.

Texte de Jean-Pierre Robert   

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