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CD : Chopin, les années Nohant

Chopin les annees nohant

Frédéric Chopin : « Les années Nohant », pièces pour piano composées de 1839 à 1846.
Yves Henry, piano
4CDs Soupir Éditions : S243 (Distribution : Socadisc)
Durée des CD : 65'38+66'44+69'38+54'07
Note technique : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise (4/5)

L'originalité de cet album est de présenter un choix d'œuvres de Chopin, non classées par genre mais selon un ordre chronologique, en l'occurrence celles composées durant ses séjours estivaux dans la propriété de George Sand à Nohant, de 1839 à 1846 (à l'exception de l'année 1840). Une manière originale d'aborder une pléiade de pièces fécondées par la magie d'un lieu privilégié où tout était fait pour soutenir le musicien dans l'acte de création. Elles sont interprétées par un pianiste français familier à la fois de la musique de Chopin et de l'univers de Nohant, dont il est président du festival de musique. Les quatre disques qui reprennent des parutions isolées intervenues entre 2004 et 2008, sont l'occasion d'une passionnante immersion.

Un peu d'histoire : Chopin arrive à Paris en 1831, et c'est à l'été 1839 qu'il se rend pour la première fois à Nohant. Cette maison bourgeoise au milieu de la campagne berrichonne, où respire « une odeur de vacances », lui procure la paix et la tranquillité qui le distraient de la vie parisienne trépidante, même si on reçoit beaucoup céans, et notamment des personnalités du monde des arts. George Sand a décrit sa façon de travailler : «  Sa création était spontanée, miraculeuse. Il la trouvait sans la chercher, sans la prévoir ». Mais suivait un intense et « navrant labeur ... suite d'efforts, d'irrésolutions et d'impatience » pour établir le texte définitif et mettre au net telle inspiration. Il aura composé dans cette atmosphère unique bien des chefs d'œuvre, nourris aussi de moments d'orages, ceux de la relation à la fois proche et antagonique avec Sand. Sont nées là les deux grandes sonates (1839 pour la Sonate N°2, dite funèbre, débutée à Majorque quelques mois auparavant ; 1844 pour la Troisième Sonate op. 58, d'une richesse thématique inégalée). Comme le Troisième Scherzo op. 39 qui débute comme un ouragan (1839), la Troisième Ballade, grande page programmatique, inspirée de la poésie de Mickiewicz (1841) et la Quatrième Ballade ou le rêve éveillé, presque impressionniste (1842), le Scherzo N°4, de la même année, là aussi d'une poétique de l'immatériel dans sa mélodie modulante. De même qu'auront vu le jour plusieurs Nocturnes, Études, un lot de Mazurkas, de Polonaises (l'Héroïque op. 53, ou la Polonaise Fantaisie op. 61) ou encore de Valses. Sans compter des pièces diverses non rattachées à un genre défini. Ainsi de la Tarentelle op. 43, proche du perpetuum mobile, de la Fantaisie op. 49, jeu prodigieux de rythmes et de motifs (1841), de la Berceuse op. 57 (1843), variations sur la base d'une seule note hypnotique, ou encore de la Barcarolle op. 60 (1845), tant admirée par Ravel. On a dit qu'à Nohant, Chopin avait consacré « une part essentielle de sa création » (Irena Poniatowska, dans l'essai qui accompagne les CD).

Yves Henry, élève de Pierre Sancan, reconnait avoir plus que des affinités avec ces musiques. Il parle de ''rencontre'' avec l'univers de Chopin, qui se serait opérée par le biais de George Sand et de Nohant. Les pièces sont données quasiment sans interruption, ce qui génère d'intéressants rapprochements et des enchaînements inattendus. Toujours d'une parfaite clarté, le jeu est sans fard ni sollicitation vers le pathétique. Solidement architecturé, il fait la part belle à la couleur dans les contrastes si souvent ménagés par Chopin, ces passages de l'ombre à la lumière. Ces deux visages du musicien, en fait, partagé entre rêve impalpable et passion dévorante qu'il unit dans un art inouï de la transition.

Effectuées entre 2005 et 2008, les captations sont claires et aérées, proches d'une situation de concert. Les deux sonates sont l'objet cependant d'une prise de son (2004) moins ample, car saisies dans une perspective plus confinée.

Texte de Jean-Pierre Robert

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Mots-clés: Chopin

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