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CD : Concertos pour piano Nos 1, 17, 23, 24 et 27 de Mozart par François Dumont et OSB

mozart osb francois dumont

Orchestre Symphonique de Bretagne, François Dumont, piano & direction. Avec Helen Kearns, soprano.
2CDs Label OSB productions (Distribution OSB, 42A rue Saint Melaine, 35108 Rennes ;
www.o-s-b.fr
Durée des CD : 67'02+77'55
Note technique: etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise (4/5)

Voici le deuxième volet d'une intégrale projetée des concertos pour piano de Mozart due à François Dumont. La complicité artistique entre le jeune pianiste déjà très en vue et l'Orchestre Symphonique de Bretagne remonte à 2012, lors de concerts où étaient programmés précisément des concertos de Mozart. Leur premier disque, en 2014, réunissait les concertos N° 9 et 21. Il aborde aujourd'hui cinq autres pièces et dirige lui-même du clavier, cette fois, l'OSB.

Ces interprétations se caractérisent par leur belle musicalité et une spontanéité qui n'empêche pas la profondeur de pensée dans la partie soliste. Une formation restreinte d'une trentaine de musiciens préserve le souci de clarté, notamment de mise en valeur des vents. Le premier CD couple les concertos Nos 17 et 23, entrecoupés par l'Air de concert « Ch'io mi scordi di te » K. 505 pour soprano et pianoforte. Le concerto K. 488 montre le naturel avec lequel Dumont conçoit son Mozart, sans articulation excessive dans l'accompagnement orchestral, et pourrait-on avancer, sans sollicitation pour ce qui est de la partie soliste. Ainsi de la mélodie de l'adagio où transparaissent inquiétude et résignation, ou du finale qui bondit généreusement dans sa ritournelle insouciante, avec juste ce qu'il faut d'accélération pour donner à la musique son élan. Le 17 ème concerto K. 453, abordé fermement dès l'introduction orchestrale, montre une belle vitalité de la partie soliste. Quelque précipitation çà et là n'est sans doute que péché de jeunesse, car la cadence est magistrale. La mélodie envoûtante de l'andante masque à peine sa gravité, sans soulignement. Et l'allegretto alla breve, dont le thème pimpant annonce celui de Papageno de La Flûte enchantée, progresse avec alacrité dans une solide conversation piano-bois.

Les concertos Nos 1, 24 et 27 composent le généreux programme du second CD. Dans les accents assurés du 24 ème concerto, on appréciera, là encore, et peut-être plus, toute la finesse de la vision de Dumont : la richesse de l'allegro et sa vigueur, dont une imaginative cadence de son cru ; le chant souverain du larghetto, tel un air d'opéra, avec ses digressions des bois comme dans Cosí fan tutte ; le côté improvisation du rondo qu'il juge avec tact au fil de variations menées avec autorité et souplesse. Avec le 27 ème concerto, Dumont rend justice à l'économie de moyens caractérisant l'allegro où la tragédie côtoie le comédie, la grandeur le raffinement. Au larghetto, les doigts du soliste murmurent quelque berceuse résignée, à moins que ce ne soit de nouveau une scène opératique où le piano s'épanche doucement moyennant quelques sursauts d'optimisme. L'absence d'affectation renforce ces pages inspirées. Le finale est allègre, dansant, le piano évoluant telle une dentelle : le rire après les larmes.

Pour ce qui est de la prise de son, le premier CD, fruit d'une captation Live à l'Opéra de Rennes, présente le piano trop proéminent, le dialogue avec les vents, si important ici, pas suffisamment défini. L'équilibre piano-orchestre est, dans l'optique chambriste adoptée, satisfaisant dans le second CD enregistré en studio (lieu non précisé), qui offre une image plus aérée et un confort d'écoute plus agréable.

Texte de Jean-Pierre Robert


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Mots-clés: Mozart

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