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  • Michel Jakubowicz
  • Musique

CD Dispersion par Steven Vanhauwaert (piano)

dispersion cd piano Steven Vanhauwaert

Dispersion, Steven Vanhauwaert, piano
Casella, Hindemith, Moulaert, Schulhoff, Vierne
Hortus vol 19
Durée du CD : 73’28’’
Les Fünf Grotesken op.21 d’Erwin Schulhoff (1894-1942) débutent par Fluchtig, une pièce d’allure décontractée qui pourrait presque être attribuée à Eric Satie.

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Cette pièce sera suivie de Ruhig Fliessend dotée d’un caractère fantasque. Schnell und Leicht qui constitue la troisième pièce est carrément moqueuse et pleine d’ironie. Gemassigt und ausserst rhythmisch qui termine ces Fünf Grotesken op.21 sait aussi affirmer un certain sens du cocasse  multipliant les changements d’humeur et de rythmes. Paul Hindemith (1895-1963) nous propose In Einer Nacht, Träume und Erlebnisse, op.15 qui débute par Mudigkeiten d’un caractère presque nocturne auquel va succéder Sehr langsam à l’aspect pensif presque troublant. Une pièce d’une extrême étrangeté figure dans ce recueil. Il s’agit de Phantastisches Duett zweier Baüme vor dem Fenster (duo fantastique de deux arbres devant une fenêtre). Paul Hindemith invente une musique énigmatique, tantôt rêveuse tantôt mystérieuse, donnant à cette pièce un aspect proche de l’obscur, de l’indicible. Sehr lebhaft,flimmernd qui constitue la sixième pièce de cet ensemble est d’un caractère très virtuose, frisant presque la frénésie et le vertige. Un Scherzo insolite à la fois ironique et fantasque tient lieu de huitième pièce de ce recueil.

Il sera suivi d’un Programm-Musik : Kuckuck und Uhu d’une grande poésie, baignant dans une atmosphère nocturne. Böser Traum (mauvais rêve d’après un thème de Rigoletto de
Verdi) est d’essence moqueuse, réservant à ce thème un traitement ironique. Fox-Trot semble dessiner le parcours chaotique d’un pantin désarticulé. Doppelfugge mit Engführungen (Double fugue avec strettes) qui termine l’œuvre  se charge d’une ironie à peine déguisée malgré une conclusion presque solennelle. Avec Inezie op.32 d’Alfredo Casella (1883-1947) nous entrons dans un univers feutré, entretenant avec l’atonalité et la polytonalité de subtils rapports. La première pièce de ce bref triptyque (Preludio) est d’une nature inquiétante mais Serenata qui lui succède est au contraire brillante et légère. Quant à la Berceuse qui met fin à cette œuvre, elle reste empreinte d’une certaine  gravité inquiète et s’achève dans une sorte de brouillard. Unique sonate pour piano de ce CD, la Sonate en Fa dièse majeur de Raymond Moulaert (1875-1962) débute par un Animato dont les ombres de Fauré, Debussy, Saint-Saëns semblent faire partie intégrante. Le second mouvement (Rêverie) ne renonce guère à ces influences françaises alors que le dernier mouvement (Allegro non troppo vivo) très animé, désinvolte, se conclut dans une atmosphère presque joyeuse. Ce CD se termine par Poème des cloches funèbres : Le Glas, de Louis Vierne (1870-1937), une pièce pour piano hantée par de sinistres visions de mort et de désespérance, inspirée par la disparition de deux de ses fils durant les combats de 1914-1918.Un CD mettant en lumière l’approche du premier conflit mondial par des compositeurs issus de cette Europe meurtrie.

Un programme brillamment interprété par le pianiste Steven Vanhauwaert qui révèle par son style nerveux, précis, dénué de toute sécheresse, l’aspect secret de ces œuvres dont il se fait l’incontestable défenseur.

Michel Jakubowicz


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Steven Vanhauwaert, Casella, Hindersmith, Moulaert, Schulhoff, Vierne

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