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Concert de Wei-Ting Hsieh (piano) au Théâtre Claude Lévi-Strauss du samedi 21 novembre 2015

Wei Ting Hsieh piano

Œuvres de Mozart, Messiaen, Liszt et Schumann
Concerts Coline en Ré
Théâtre Claude Lévi-Strauss du musée du quai Branly
Samedi 21 novembre 2015

Jeune pianiste de dix-neuf ans, Wei-Ting Hsieh proposait au public du musée du quai Branly un programme ambitieux puisque si Mozart s’y affichait par deux fois, Messiaen et Schumann étaient eux aussi sollicités.

Le concert de ce soir-là s’ouvrait avec la Sonate KV 576 de Mozart, contemporaine du Quatuor à cordes No21, œuvre  qui tient une place importante dans l’immense catalogue de musique de chambre dédié au Quatuor à cordes par le compositeur autrichien. La Sonate No17 KV 576 débute par un Allegro assez offensif, d’une nature relativement enjouée, qui s’efface pour laisser la place à un Adagio où le style « galant » a tendance à disparaître au profit d’un climat que l’on pourrait qualifier de rêveur. Si la nostalgie ou quelque chose d’équivalent pouvait se dissimuler dans l’Adagio précédent, le troisième et dernier mouvement, un Allegretto, n’engendre nullement la tristesse et permet plutôt à Mozart d’exprimer une saine gaieté.

Les Variations KV 455 de Mozart figuraient ensuite dans le récital de la jeune pianiste Wei-Ting Hsieh. Dans ces 10 Variations « Unser dummer Pöbel meint » composées en 1784, Mozart rend en fait un  hommage à Gluck  et en
particulier à son singspiel (donné à Vienne le 7 janvier 1764) « La rencontre imprévue ou Les pélerins de la Mecque ».Ces Variations KV 455,   d’une grande audace d’écriture sont  contemporaines d’une période capitale pour Mozart puisqu’il compose au même moment quelques- uns de ses plus fameux concertos pour piano et orchestre. Après ces Variations KV 455, Wei-Ting Hsieh change complètement de registre, franchissant presque deux siècles entiers. En effet, la jeune pianiste propose au public du musée du Quai Branly un extrait des Vingt Regards sur l’Enfant Jésus « Première Communion de la Vierge » d’Olivier Messiaen. Musicien entièrement tourné vers une foi profonde et sincère qui baigne chacune de ses œuvres (L’Ascension, La Nativité du Seigneur, Les Corps glorieux, Messe de la Pentecôte), Messiaen exprime, dans cette partie extraite des Vingt Regards sur l’Enfant Jésus, toute la sincérité d’une foi authentique.

C’était à présent à  Franz Liszt de figurer dans ce récital .Ce grand compositeur  donna ses lettres de noblesse au Poème Symphonique et son œuvre pianistique immense attira, durant tout le XIXe siècle, un public fanatisé et séduit . Wei -Ting Hsieh n’hésita pas à afficher à son programme une œuvre  méconnue de Franz Liszt : la Rhapsodie espagnole, une œuvre singulière datant de 1863, dans laquelle le compositeur se remémorant ses voyages effectués vingt-ans plus tôt en Espagne, recrée cet univers bien particulier. Dans cette Rhapsodie Espagnole de Liszt, on est tout surpris de retrouver les thèmes typiquement espagnols utilisés par Michaël Glinka dans ses propres œuvres  orchestrales. Liszt y utilise une écriture très virtuose sans pour autant renoncer à toute évocation poétique.

Pour la dernière partie de son récital, Wei-Ting Hsieh s’autorisait une immersion dans le romantisme allemand le plus violent, le plus absolu : celui de Robert Schumann. En l’occurrence il s’agissait ici de la Sonate pour piano No1 op.11 de Robert Schumann qui, bien que commencée en 1832, ne sera achevée qu’en 1835. Le compositeur prouve ici d’une certaine façon sa bravoure face à un genre dominé par Beethoven qui, ne l’oublions pas a laissé un monument sonore impressionnant composé de Trente-deux Sonates. Débutant par un fiévreux premier mouvement (Introducione. Un poco Adagio-Allegro vivace), dont un bref Aria chantant et presque léger prend le  relais, cette SonateNo1 propose en guise de troisième mouvement un Scherzo au caractère fantasque dont Schumann a le secret. Le Finale, un Allegro un poco maestoso Allegro più, annonce déjà d’autres grandes œuvres  pour le piano (Sonate No2 op.22, Fantaisie op.17, Kreisleriana op.16…) et nous permet de faire connaissance avec un compositeur s’orientant vers un style quasiment héroïque et conquérant. Wei -Ting Hsieh , face à ce répertoire assez redoutable, abordait avec beaucoup de sang-froid et d’autorité les différentes œuvres qui composaient son programme. Elle savait, menée par un instinct musical indéniable, s’immiscer sans dommage dans chaque univers musical (Mozart, Messiaen, Liszt et Schumann) et en révéler avec précision et passion toutes les émotions, toute l’intensité, obtenant du public réuni ce soir-là au Théâtre du musée du quai Branly, un franc succès. Un public conquis, qui  rendait ainsi hommage à une jeune pianiste au talent plus que prometteur.

Texte de Michel Jakubowicz


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