La Guerre du feu : aventures paléolithiques incandescentes (en Blu-ray et DVD)

Blu ray La Guerre du feu 00

Note artistique : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)

Synopsis

Il y a 80 000 ans, se levait l'aube de l'humanité. L'homme préhistorique savait conserver le feu offert par les hasards de la nature : foudre, éruptions volcaniques. Mais il ne savait pas le créer artificiellement. Ce feu, pour nous si banal, était l'enjeu de rivalités impitoyables.

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• Titre original : La Guerre du feu
• Support testé : Blu-ray
• Genre : aventure, historique
• Année : 1981
• Réalisation : Jean-Jacques Annaud
• Casting : Everett McGill, Rae Dawn Chong, Ron Perlman, Nameer El-Kadi, Gary Schwartz, Peter Elliott
• Durée : 1 h 40 mn 23
• Format vidéo : 16/9
• Format ciné : 2,35/1
• Sous-titrage : français, anglais
• Pistes sonores : DTS-HD MA 5.1 et 2.0 langue inventée
• Bonus : commentaire audio de Jean-Jacques Annaud - Retour de flamme avec Jean-Jacques Annaud (HD, 2021, 45 mn 52, réalisation Roland-Jean Charna) - Retour de flamme scènes coupées : Sherry Lansing (1 mn 24), une histoire d’éléphants version longue (12 mn 24), la guerre des spécialistes (2 mn 24), L’Ours (2 mn 46), Umberto Eco (5 mn 12), adaptation du Parfum (1 mn 38) - À propos de La Guerre du feu, reportage de Michel Parbot (SD, 1981, 25 mn 47) - bande annonce (SD, 2 mn 15)
• Éditeur : Gaumont

Commentaire artistique

Sur la genèse difficile de son film, Jean-Jacques Annaud se révèle extrêmement disert dans le supplément 2021 qui accompagne le blu-ray. La foultitude d’anecdotes et de détails qu’il nous livre, sans langue de bois (cf. ne pas manquer non plus les « scènes coupées » de son entretien), sur La Guerre du feu sont une mine irremplaçable d’informations concernant la production et le tournage. On découvrira ainsi les aléas du financement malgré l’Oscar récolté pour La Victoire en chantant (1976), la démesure d’un tournage réparti sur trois continents (Canada, Ecosse, Kenya) avec des amplitudes thermiques intenses (-15° à +40°C) et la difficulté de boucler certaines scènes (longue description des 18 éléphants de cirque déguisés en mammouth laineux dont la séquence faillit passer à la trappe au montage). Véritable challenge, qui deviendra par la suite la marque de fabrique du cinéaste, la reconstitution de La Guerre du feu impliquera les talents d’Anthony Burgess pour la création du langage préhistorique et du zoologiste Desmond Morris pour la gestuelle. Le film emprunte son titre au roman de J.-H. Rosny aîné « La guerre de feu » paru en 1911 en version intégrale et dont une courte adaptation au cinéma sera réalisée en 1915 par Georges Denola. Le scénario de La Guerre du feu est l’œuvre de Gérard Bach qui va conserver l’idée initiale du roman : la quête du feu par trois membres d’une tribu l’ayant accidentellement perdu et incapable de le produire. Jean-Jacques Annaud nous révèle que plusieurs facteurs personnels devaient le prédisposer à diriger ce film paléolithique : la lecture du roman de J.-H. Rosny aîné dans sa jeunesse, la découverte en Afrique des populations Pygmées pendant son service militaire et la rencontre d’éminents préhistoriens durant sa scolarité à l’école du cinéma. La Guerre du feu était un pari commercial risqué puisque ce film épique aux superbes images, toujours captées en décors naturels, serait interprété par des acteurs maquillés s’exprimant dans un langage préhistorique incompréhensible et non sous-titré. Mais le sens inné de Jean-Jacques Annaud pour le spectacle « bigger than life » a payé : le film sera un succès mondial, salué par deux César en 1982 (meilleur film et meilleur réalisateur) et par un Oscar (meilleur maquillage) en 1983. Si la musique symphonique de Philippe Sarde a été un vrai atout épique, le choix de comédiens peu connus confirmera la justesse des choix artistiques. Le casting d’acteurs débutants comme Everett McGill et Ron Perlman se révèlera idéal dans l’art de la gestuelle et du grognement tandis que celui de la jeune Rae Dawn Chong, qui monopolisera l’attention, sera essentiel à la composition de la frêle et expressive représentante de la branche Homo Sapiens. Le sujet s’y prêtant, les scientifiques se sont ingénié à discuter de la validité ou non de La Guerre du feu (cf. bonus : la guerre des spécialistes). Sur ce point, il ne faudra pas oublier que le film fonctionne comme un « road movie » (sans routes) à suspens ponctué de péripéties aventureuses non exemptes ni d’humour (la scène de l’arbre), ni de de romance. Bien évidemment, le film est extrêmement bien documenté mais il se permet, au nom de la licence artistique et de sa dramaturgie, des raccourcis expéditifs. Le plus flagrant est de proposer l’existence simultanée dans le temps, vers 80 000 ans, des espèces Homo Sapiens et Neandertal, établies, par ailleurs, à trop faible faible distance. Dans le détail, les savants les plus critiques ont pointé de nombreuses erreurs (par exemple, le propulseur à sagaie daterait du paléo sup vers 40 000 ans) et pas mal de clichés (animalité puis progrès intellectuels en cascade). Sans doute, mais La Guerre de feu n’a pas la vocation d’être une somme scientifique et ne perd jamais de vue sa motivation première : embarquer le public dans une œuvre romanesque singulièrement excitante. À cet égard, l’aventure fictionnelle de La Guerre de feu a parfaitement réussi à plonger le spectateur dans un univers étranger, si brutal et si captivant que, trente ans plus tard, il n’a rien cédé de son efficacité. Fort distrayant.

 

Blu ray La Guerre du feu

Commentaire technique

Image : copie HD, Master restauré, excellente définition et piqué sur les détails, grain argentique discret (tournage en 35 mm avec caméras Panavision, Master Format 2K), très bonne restitution des textures (peaux animales, végétation), contraste nuancé et jamais bouché même en basse lumière, étalonnage naturaliste, colorimétrie subtilement réaliste, teintes naturelles et tons nuancés, image propre, compression impeccable

Son : mixage international 5.1 « lossless » (remix : film en Dolby stéréo), excellente dynamique sur les diverses ambiances et la musique aérienne et étrange de Michel Sarde, spatialisation contenue et naturaliste avec une remarquable distribution  des sons sur les surrounds, pas d'effets hypertrophiés, très bonne sensation d’immersion, LFE efficace

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Notre avis

Image : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Mixages sonores : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile grise(4/5)
Bonus : etoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile rougeetoile grise(4/5)
Packaging : etoile bleueetoile bleueetoile bleueetoile griseetoile grise(3/5)

IMDb : https://www.imdb.com/title/tt0082484/

 

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