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[Test] Jolida JD9 : préampli phono tube et transistors, le meilleur de l’hybride

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Jolida est un spécialiste des électroniques à tubes et fait partie de ces marques qui marient fort bien grande qualité sonore et prix abordable dans ses réalisations, sa ligne d’amplificateurs nous le prouve. Mais Jolida sait aussi manier la technologie hybride tubes/transistors quand le besoin se fait sentir et c’est le cas avec notre préamplificateur phono JD9. Regard sur un produit atypique et terriblement sympathique.

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La marque Jolida qui fabriquait en ses débuts des composants pour appareils à tubes, s’est lancée dans ses propres réalisations dès 1995 avec comme philosophie de toujours mettre en avant le fameux rapport qualité-prix tout en conservant une âme bien à elle : simplicité de fonctionnement, qualité sonore et fiabilité. Le JD9 répond en tout point à ces souhaits, car c’est un des rares préamplificateurs phono à pouvoir fonctionner avec les cellules à aimant mobile et bobine mobile avec le même bonheur, le tout pour un prix qui reste, somme toute, raisonnable.
En effet, qui dit renouveau du vinyle pour certains (et continuité pour d’autres) dit aussi étage phono de correction RIAA, beaucoup d’amplificateurs n’en possèdent carrément plus, ou de qualité moindre. Parallèlement, de plus en plus de préamplis phono externalisés sont proposées de la part de fabricants ayant, eux aussi sentis le vent tourner en faveur du vinyle. Il nous est apparu donc assez logique de se pencher sur un appareil susceptible de remplir ce rôle et en plus de tirer le meilleur des disques comme des cellules haut de gamme.

Une technologie hybride tubes/transistors

Mais voilà comment réaliser la quadrature du cercle, c’est-à-dire associer qualité sonore sans tomber dans des prix exorbitants ? Et bien, Jolida a appliqué une recette ou plutôt une technologie mixte qui associe tubes et transistors. Cette recette (qui ne date pas d’hier) combine des amplificateurs opérationnels (OPA) à faible bruit pour la correction de la courbe RIAA (donc en entrée) et un étage de sortie (un étage de gain en fait) à base de tubes 12AX7. Ce type de montage n’est pas une nouveauté et il est repris sur bon nombre d’appareils audio, comme des lecteurs CD, et plus récemment des serveurs audio (Audio Research DAC Reference). Des électroniques extrêmement pointues et avancées utilisent donc ce mixte de technologies pour la plus grande joie des audiophiles du monde entier.

Comme on peut le voir sur les photos, l'intérieur du préampli phono Jolida JD9 se divise en quatre parties distinctes. Nous avons au plus près des entrées un compartiment blindé qui renferme l’étage de correction RIAA avec ses amplis op. Au centre, une carte verticale est montée avec les deux tubes 12AX7 (marqués Jolida, mais d’après nos informations, il s’agit de tubes chinois Tung Sol) que recouvrent des blindages en métal, et à droite, l’alimentation. Elle est faîte à partir d’un transformateur dit R-Core, un transformateur choisi pour son silence de fonctionnement qui est suivi des circuits de régulation à la fois pour la haute tension et pour l’alimentation des filaments des tubes. Le dernier compartiment renferme la connectique de sortie qui est, elle aussi blindée, pour une meilleure protection contre toutes perturbations électromagnétiques et bruits parasites.

Compatible avec tous types de cellules

Des possibilités de réglages sont cachées derrière une petite plaque que l’on dévisse. Grâce à un ensemble de petits inverseurs, on a le choix entre 3 positions pour le gain : MM, MC haut niveau et MC bas niveau comme celui de régler l’impédance d’entrée (100 ohms, 300 ohms, 1 Kohms et 47 Kohms) et 4 capacités de cellules : 47pf, 100pf, 150pf et 220pf. Les valeurs en adéquation avec la cellule sont inscrites sur la notice fournie avec cette dernière.

En sortie du Jolida JD9, on trouve deux paires de RCA correspondant à un niveau fort et à un plus faible. En principe la plus forte est conseillée en connexion avec un amplificateur intégré tandis que la seconde convient à un préamplificateur (gain normal). Le châssis n’a rien d’extraordinaire, il est en métal de bonne facture, rien de plus, rien de moins, mais pour le prix, l’ensemble est assez unique en son genre.

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À l'écoute

L’écoute s’est déroulée dans nos locaux avec notre platine VPI Traveler et cellule Dynavector 10x5 et un préamplificateur Goldmund Metis 2 et son amplificateur Mimesis 29M. Comme enceintes acoustiques, des Pierre Étienne Léon Alycastre nous fournissent une arme impeccable, car extrêmement fidèle à tout ce que l'on peut faire en amont et le câblage est confié à du Goldmund (modulation et enceintes) plus traitement secteur Nordost complet.

vinyl-Suzane-Vega-Songs-Of-FamilyUne fois les réglages effectués en fonction de la cellule Dynavector 10x5, nous avons pu commencer l’écoute de cet appareil non sans l’avoir laissé "chauffer" quelque temps. Immédiatement et après quelques notes, on est surpris par plusieurs critères sonores assez caractéristiques du Jolida, les écoutes suivantes, nous le confirmerons. Tout d’abord l’ampleur du son qui remplit la pièce, mais sans effets artificiels, puis la dynamique très en douceur, de la nervosité, mais sans crispations et enfin les timbres, remarquablement restitués sans fausse chaleur (un défaut pourtant courant avec les appareils à tubes). Ce que ce préampli phono JD9 sait faire est remarquable pour son prix.

En prenant par exemple, le très beau LP de Suzanne Vega, "Close-Up" Vol. 4, "Songs of family" (édition "Music On Vinyl") et en comparaison avec un étage phono à transistors plus sobre, on est tout de suite séduit par le son de la guitare sèche, plus d’ampleur, un son de la caisse de résonance bien mieux restituée, comme si cet instrument avait retrouvé sa taille normale. En même temps, les bruits des doigts qui courent sur les cordes sont bien mieux reproduits, avec plus de précision et de véracité. La voix de Suzanne Vega est bien mieux timbrée avec à la fois la bonne hauteur de son timbre et plus d’expressivité. La guitare électrique placée juste un peu en retrait est bien mieux rythmée, comme l’ensemble. L’interprète est magnifiquement positionnée au sein d’une image stéréophonique large et profonde, mais sans faux effets présence. Cette sorte de fausse mise en avant du médium, que l’on retrouve souvent avec des appareils à tubes et qui donne une impression de relief quelque peu trompeuse, est totalement absente avec le Jolida JD9, même si tous les musiciens prennent parfaitement place devant vous.
Extinction des notes superbe, détails et précisions sur des micros détails, tout cela rend la restitution terriblement vivante et surtout pleine d’émotions.

vinyl-Bizet-AnsermetPuis sur de la musique classique, et en l’occurrence avec le LP "Speaker Corner Records" (Decca) de Bizet avec  "Carmen" dirigé par Ernest Ansermet et l’orchestre de la Suisse Romande, nous sommes saisis immédiatement par l’ampleur du son. La scène sonore s’étale entre les enceintes, et même les dépasse largement. Au milieu de coups de grosses caisses hyper fermes, le son d’un triangle ou de clochettes se font entendre avec une excellente précision et un bon positionnement. Les différents pupitres sont bien répartis en largeur et en profondeur et les timbres sont magnifiques. Ce n’est jamais agressif malgré des passages forts, les timbres sont respectés dans toutes leurs harmoniques et l'on note une très belle extinction des notes dans l’espace. Manifestement, cette vélocité dans la restitution n’entame pas l’établissement de timbres à la fois riches et soyeux. Nous respirons en même temps que la musique, bref on ne se pose plus de question. C’est là un signe incontestable d’un ensemble de qualités sonores qui s’ajoutent à un silence de fonctionnement total, ce qui pour un étage phono à tubes est intéressant.

Enfin pour pousser le Jolida JD9 dans ses derniers retranchements, nous avons passé un disque que l’on connaît bien : "La fameuse Histoire de Mister Jazz" de Michel Jonasz (WEA) et le non moins fameux morceau "Le Temps Passé" avec sa basse électrique monumentale de niveau. La montée en puissance des instruments du début rend parfaitement justice à cet enregistrement public. Même si la basse électrique déverse des notes très basses et avec un niveau étonnant, nous parvenons à entendre le son des peaux des congas, comme le toucher du percussionniste. Là aussi, sur cette même basse, les bruits des doigts qui courent sur les 4 cordes sont nets et fourmillent de détails. La voix du chanteur est magnifiquement placée en timbre. Nous sommes en plongée dans une scène sonore d’une superbe consistance. Le grave est d’une rare ampleur, mais sans manger le reste de la bande passante. Le test est passé avec panache, montrant que ce préampli phono Jolida sait tout faire à merveille

vinyl-michel-joasz-mister-swingNous aurions pu ajouter l’écoute du magnifique disque d’Agnes Obel "Philamornics" comme celui de Birdy, deux petits trésors d’enregistrement, et dont le Jolida JD9 retransmet toutes les émotions. Le rythme, la bonne place de chaque interprète, les voix sensuelles ou éthérées qui suivent des instruments acoustiques sont magnifiques, voire plus, "magique".

Conclusion

Et bien, test réussi, haut la main. Ce préamplificateur phono fait en ce moment un peu le buzz sur internet et c’est bien naturel (raison aussi pour ce test aujourd’hui). Comme avec sa technologie hybride, il sait manier ou plutôt marier des qualités souvent distantes : détails, richesse des timbres, douceur et nervosité. Il éclaire d’un jour nouveau certains enregistrements en allant chercher des détails, des micros informations, mais sans les mettre en avant au nom d’une quelconque définition. Le mot qui vient pour mieux le décrire : de l’humanité, de l’humanité donc de l’émotion. Pour le prix, la qualité de fabrication et d’écoute le place comme un incontournable étage phono.
Ajoutons que comme certains appareils à tubes, le Jolida JD9 peut subir des transformations ou modifications (attention à la perte de garantie), un certain nombre de sites à travers le monde en parlent mais essentiellement des sites anglo-saxons. Ceci s’explique par plusieurs raisons. Concevoir un appareil d’un tel prix (pour sa qualité) requiert une sorte d’équilibre dans le prix de ces composants, et l'on peut concevoir que des compromis peuvent être faits çà et là. C’est logique, normal et d’après un constructeur bien connu : concevoir un appareil sans aucune considération de prix sur les composants est bien plus facile que de se restreindre à un budget fixe. Donc, il est raisonnable de penser que certaines améliorations peuvent être envisagées sur ce Jolida JD9 et des techniciens avertis sauront le faire. Si vous n’entrez pas dans ce cas, à notre connaissance, plusieurs revendeurs "tweakent" comme il est courant de le dire, ce Jolida. Le magasin à Nantes Staccato, comme l’Auditorium 080 à Paris et le site maplatine.com, spécialiste de la platine et tout ce qui l’entoure, proposent des solutions clés en main et en toute connaissance et sécurité. Ces "tweaks" peuvent faire grimper le prix de l’appareil dans des proportions non négligeables : changement de tubes, amortisseurs de ces derniers, changement des condensateurs de sortie, changement des amplis-op, recâblage, amélioration de l’alimentation, changement des pieds pour des modèles type cône… Des conseils éclairés vous seront indispensables donc si vous décidez de pousser ce Jolida JD9 à son paroxysme. En tout cas, tel quel, c’est déjà un enchantement sonore.

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Spécifications

  • Tubes : 12AX7 x 2
  • Entrées : 1 entrée RCA
  • Sorties : 1 sortie RCA bas niveau, 1 sortie RCA haut niveau
  • Tolérance à la courbe RIAA : +/-0.5 dB
  • Gain sortie bas niveau : MM : 41db, MC1 : 56db, MC2 : 60db
  • Gain sortie haut niveau : MM : 58db, MC1 : 73db, MC2 : 82db
  • Dimensions (L x P x H) : 43 x 33 x 6 cm (LxPxH)
  • Poids : 5 kg
  • Prix : 720 € (finition noire et argent)

Site de l'importateur : www.jolida.frwww.jffdiffusion.fr
Où faire "tweaker" le Jolida JD9 : www.080.fr, www.maplatine.com, www.staccato-hifi.com


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